Evidemment, Chopin, ce n'est pas Cindy (il se retournerait dans sa tombe le pauvre) et ce n'est pas non plus Noir Désir, même si j'adore ce groupe.
Chopin, je l'ai découverts quand j'avais six ans. Je suis allée demander à la dame de la bibliothèque si je pouvais emprunter une cassette de "Chopine". Elle n'a pas compris tout de suite. Il a fallu que je lui montre une cassette du concerto n°1, pour qu'elle me dise: "On dit Chopin, et oui tu peux l'emprunter, mais tu sais il n'y a pas de chanson." Oui merci, je sais ce que c'est que la musique classique. A six ans déjà j'adorais le piano et, comment dire, même si je ne connaissais pas le nom de tous les compositeurs, de voir un piano sur la jaquette de la cassette m'avait fait comprendre que j'allais pouvoir entendre de la musique au piano.
Le matin, on n'avait pas le droit de se lever avant neuf heures et demi et moi j'étais réveillée souvent vers les sept heures. Alors, je lisais, ou j'écoutais mon walk-man.
Je crois que ça a été l'un des pus grand choc artistique de ma vie. Je sais qu'on pense qu'à six ans ce n'est pas possible, mais je vous assure que si. La cassette a tournée en boucle pendant les quinze jours que durait le prêt. Lorsqu'il a fallu la rendre, j'avais le coeur serré et en même temps, j'avais hâte d'en emprunter une autre et aussi d'aller voir aux rayon livres s'il y en avait qui parlait de ce Chopin. J'ai trouvé une biographie bien sûr. Et là, je me suis dit que le monde était vraiment étrange parce que j'étais justement en train de lire La Marre au Diable de George Sand. Et l'on sait bien que Chopin et Sand ont vécu une histoire d'amour ensemble. C'est l'un des premiers couples sur lequel je me suis attendrie, bien avant Roméo et Juliette, que je ne connaissais pas encore du reste.
Le temps a passé, et vingt ans plus tard je connais l'oeuvre de Chopin sur le bout des doigts, même si malheureusement je ne peux plus jouer de piano à cause d'une fracture du scaphoïde (le pouce). J'aime aussi Shuman et puis Mozart comme la petite Sarah de Jean-Jacques Goldman, j'aime Dvorâk, Vivaldi, Beethoven, Verdi, Brahms, Liszt, Shuber, Malher etc. Mais Chopin reste mon compositeur préféré, sans doute à cause de sa fragilité, de la façon qu'il avait de jouer du piano en appuyant à peine sur les touches, de ces préludes qui font chavirer mon coeur, de ces études qui m'emmène loin du monde...
Etrangement, je n'ai aucun CD de Chopin, alors que j'ai des dizaines de CD de Mozart.
Puisqu'on parlait de musique, j'ai voulu parler de ce pianiste qui s'accorde si bien avec la lecture des poèmes de Victor Hugo. Ma vie est étrange, je souffre souvent sans savoir ce qui me fait souffrir et ces deux hommes me donnent du répis. Ils sont pour moi des pères d'adoption. Je n'ai plus le mien depuis treize ans déjà. Le 20 de ce mois cela fera exactement treize ans que je ne l'ai plus, qu'il s'en est allé. Ce jour là, je vous raconterai qui il était. Je lui ai déjà rendu un hommage sur ce blog, mais rien ne m'interdit de parler de lui à nouveau. Les hommes sont des monstres, mais il existe des génies parmi eux. Chopin en est un.
Shalimar.


