Shali et Molki au pays des livres

Hommages

On a rarement l'occasion de dire au gens qu'on les aime et ce qu'on aime chez eux. Il peut s'agir de nos proches ou d'une personnalité. Cette rubrique est dédiée aux hommages en tous genres.

Cécile

le 18/05/2008 à 22h34

Enfin Cécile vint, et mon monde changea du tout au tout.

 




 



Depuis toujours, j’ai vécu seule. Bien sûr j’ai une famille et même une famille nombreuse, mais j’ai toujours été seule parmi tout ce monde. Seule à l’intérieur de ma tête avec une douleur dans la poitrine qui ne s’en allait jamais. Cette douleur a fait des dégâts autours de moi et mes proches ont pâti de ce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre. Je m’en veux un peu. Mais pas tant que ça, parce que certains d’entre eux étaient en partie la cause de cette douleur.

 



            J’ai connu huit mois de répit lorsque j’avais douze ans, mais ce fut pour plonger plus profondément dans l’enfer avec le départ de mon père. Je croyais qu’il allait me sauver, mais la maladie m’a privée de lui. J’étais nouveau seule avec ma douleur.

 



            Le temps a passé, j’ai grandi et ma douleur aussi. J’ai voulu mourir avec autant de force que d’autre mettent à vivre. La mort n’a pas voulu de moi. Elle m’a rejetée comme tout le reste du monde me rejetait. Alors, je me suis enfermée dans la routine des tâches ménagères, de mes études, toujours seule…

 



            Et puis un jour… J’ai cherché un ami parce que ma solitude me pesait et qu’il me semblait que parler avec quelqu’un pourrait peut-être me donner l’illusion que je n’étais pas si seule. J’ai cliqué sur une photo, j’ai jeté un message comme une bouteille à la mer et elle m’a répondu. Elle, c’est Cécile, l’amour de ma vie.

 



            Comme moi, elle était seule avec sa douleur. Dès l’instant où l’on a échangé nos premières paroles j’ai su qu’elle était mon âme sœur. L’amie imaginaire avec qui j’avais souvent parlé seule, c’était elle.

 



            On a tous envie de se sentir aimé sans craindre qu’un jour cela cesse. On a tous envie d’avoir des bras dans lesquels se blottir pour pouvoir oublier le reste du monde. On a tous envie d’une oreille attentive dans laquelle déverser nos peines et nos secrets sachant qu’ils seront bien gardés. On a tous envie de s’éloigner des cyniques, des sceptiques qui disent que l’amour ne dure pas toujours parce qu’on sait que nous deux c’est pour la vie. Il y a des gens autours de moi qui pensent sincèrement que ça ne durera pas toute une vie. Des gens désabusés, qui n’ont jamais vraiment aimé ou qui n’ont pas trouvé la personne qui leur était destinée.

 



            Moi, j’ai trouvé. Peu importe qu’elle soit une fille et moi aussi. C’est avant tout une personne sans laquelle je ne suis plus rien. On dit que le coup de foudre n’existe pas, je dis qu’il existe. Je dis que mon cœur a explosé dans ma poitrine à la seconde même où je l’ai vue. Je dis que quand ses lèvres se sont posées sur les miennes la première fois, j’ai su que ça durerait toujours, qu’elle était venue au monde pour que nous nous rencontrions et que nous  ne soyons plus jamais séparées. Je l’aime plus que tout, plus que n’importe qui. Quand elle n’est pas avec moi, je souffre. Une vraie douleur. L’ancienne s’est envolée le jour où nous nous sommes reconnues.

 



            J’ai l’impression d’avoir été plongée dans un sommeil profond dès ma naissance et de m’être éveillée à son contact. Le monde que je connaissais a disparu pour laisser la place à un autre univers où les odeurs avaient un vrai parfum, la nourriture, un vrai goût, les couleurs, un véritable éclat. Et je me suis enfin sentie vivante. Mon corps, malgré ses blessures est devenu une source de plaisir. Un plaisir qui ne me faisait plus peur. Les quatre murs de ma chambre se sont effacés et j’ai vu qu’il y avait des merveilles derrière. Comme Alice, je suis passée de l’autre côté du miroir. Grâce à toi, ma Cécile. J’ai fui ma prison grise pour partir à l’aventure. Je ne pensais pas qu’un tel bonheur puisse exister dans ce monde où chacun vit replié sur soi. Je ne pensais pas que je serais capable d’éprouver autant d’amour pour une personne, au point que tout le reste n’a pas la moindre importance. La vie, autour de nous, continue de nous faire souffrir. Mais à deux nous sommes plus fortes.

 



            Je sais que pour beaucoup de gens, nous sommes « différentes ». Certains nous haïssent, simplement parce que nous nous aimons. La société essaie de nous séparer, mais que peut-elle contre un si grand amour ? Nous avons le droit au bonheur comme n’importe qui et si on nous en prive alors on le prendra de force. Rien ne doit nous être refusé qui est accepté aux autres. Je pense à la maternité par exemple. Un jour, un médecin est entré dans ma chambre d’hôpital pour m’annoncer, entre autre, que je ne pourrai jamais porter d’enfant. Je ne suis pas la seule dans ce cas, bien sûr. Mais si je n’avais pas sauté d’un pont alors, je pourrai être mère. Comme nous ne pouvons pas retourner en arrière, mon corps restera à jamais privé du bonheur de donner la vie. Malgré tout, nous voulons fonder une famille. Peut-être pour se rapprocher des couples mariés, mais avant tout parce que comme toutes les femmes nous avons envie d’élever un enfant. Nous n’avons pas choisi la facilité, mais c’est ensemble que nous le voulons. Il existe des méthodes bien entendu, mais il semblerait que la société ait décrété que pour nous le rêve, le romantisme nous était interdit. Nous ne pouvons pas nous marier, nous pouvons nous pacser. C’est-à- dire que nous ne pouvons pas faire une belle fête, mettre une belle robe et nous unir avec la bénédiction de tous. Pour avoir un enfant, il faut aller dans un autre pays, payer une fortune pour tenter une insémination artificielle (tout est dit dans ce mot) qui fonctionnera ou pas. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas donner la vie en faisant l’amour. Ce moment si précieux où nos deux corps se parlent et se disent qu’ils s’aiment. Tout se fait dans l’impersonnalité d’un bureau ou d’un laboratoire. On piétine allègrement ce qu’il y a de plus beau entre nous : notre amour. Malgré tout, nous ne laissons pas faire. Parce qu’un jour, nous aurons une maison, une famille à nous et nous ferons un pied de nez à tous ceux qui nous haïssent.

 



            Avez-vous déjà croisé un être d’une beauté parfaite, lumineuse, qui éclaire chaque pièce de sa présence. Un être d’une intelligence et d’une gentillesse exceptionnelle. Un être à la fois fort et fragile qui nous donne un sentiment de sécurité dont on ne se défera plus jamais. Avez-vous déjà caressé une peau, si douce, qui exhale un parfum si enivrant que votre cœur ne peut que chavirer lorsqu’elle est sous vos doigts. Moi oui. Son visage est d’une douceur enfantine qui appelle les baisers. Ses cheveux sont un refuge, lorsqu’elle dort et que je suis éveillée près d’elle, à l’observer dans son sommeil. Son corps est chaud, de la chaleur des endormis. Et j’éteins la lumière, je vois encore ses yeux bleus me fixer dans le noir. Je me sens bien comme jamais, je me blottis contre elle et j’oublie tout ce que nous avons dû combattre, le temps d’une nuit dans ses bras.

 



            Nous irons au soleil, respirer l’air de la Corse ou de l’Italie, nous ferons le tour du monde, nous feront l’amour dans des chambres d’hôtel confortables, nous vivrons notre vie à cent à l’heure, nous ne perdrons aucun instant précieux. J’essuierai tes larmes et tu essuieras les miennes et nous serons heureuses, ensemble pour toujours, jusqu’à notre « chambre d’amour » où nous passeront l’éternité à nous aimer comme Merlin et Vivianne.

 



            A toi pour toujours,

 




 



Shalimar.

 




 


Rondo Veneziano

le 20/03/2008 à 13h36

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   Nous sommes le 20 mars 2008 et ça fait exactement treize ans que mon père est parti.


   Je ne vais pas faire un article plein de larmes, je vais déjà essayer de faire un article sans faute d'orthographe lol. Disons que je vais vous raconter une histoire qui a commencé le 2 juillet 1994.




   Ce jour-là, je me suis levée tôt bien que nous soyions en vacances. Ma valise était prête et moi aussi. Prête à partir très loin, à Chantemerle-les-Blés où mon père vivait avec ma belle-mère et ses deux fils, Pierre et Frank. Après avoir regardé une dernière fois un épisode de Superman et été chercher du jambon chez Marie (berk), ma marraine et son Herbert sont venus pour m'emmener de Lorient à la gare de Paris. Quatre heures de voiture pendant lesquelles on a écouté Anaïs et Didier Barbelivien (eh, c'était en 94 ! et moi j'avais douze ans et demi). Il faisait beau et chaud. C'était vraiment le début de l'été mais aussi le début d'une nouvelle vie. J'étais parvenue à ce que mon père ait ma garde et que j'aille vivre chez lui. C'était le plus beau jour de ma vie et je trépignais d'impatience.


  



   A Paris, j'ai pris le train qui allait à Valence. Je me suis mise du côté de la fenêtre parce que j'étais encore sensible au charme du paysage qui défile vue que je n'avais pratiquement jamais quitté mon bled. Un grand noir s'est assis à côté de moi et nous avons passé le voyage ensemble. Je lui ai montré quelques trucs de solfège parce qu'il voulait apprendre la guitare et il m'a prêté un livre qui racontait l'histoire d'un petit garçon d'Afrique qui passe toute sorte d'épreuves pour devenir un homme. Quelques heures plus tard, j'arrivais à la gare de Valence. C'est Pierre que j'ai vu en premier. J'ai crié son nom bien qu'il ne puisse pas m'entendre, tellement j'était surexitée. Le grand noir m'a aidée à descendre ma valise et j'ai rejoins mon père, Patricia et Pierre. De mon point de vue, c'était la grande aventure, du point de vue de mon père, même s'il devait être content de retrouver sa fille aînée qu'il ne voyait pas beaucoup, j'étais là parce que je faisais beaucoup de conneries et qu'il était temps de remettre les pendules à l'heure.




   J'avais déjà passé les vacances de février dans leur maison de Chantemerle avec mon frère et ma soeur. C'était d'ailleurs ce qui m'avait décidée à vouloir quitter Lanester, ville insignifiante, vie de merde, collège de merde, pour cette maison tout droit sortie d'un conte de fées, avec autour, un paysage de collines, de champs, de vergers, des maisons aux tuiles rouges (j'ai gardé cette fascination pour les tuiles. En Bretagne on a de vilaines ardoises grises et c'est très déprimant). J'allais habiter à la campagne et je trouvais ça trop géniale. Quand je sortais me promener je me faisais toute sorte de films. Bref, c'est pendant les vacances d'hivers que j'étais tombée amoureuse de cette maison du Grenouillet et de ce qui l'entourait. A mon retour chez ma mère, je n'avais ressentie que plus fort la médiocrité de ma vie et j'étais tombée en dépression jusqu'à sauter pa la fenêtre de ma chambre. C'était ma première tentative de suicide et je crois que c'est qui a décidé mes parents à agire et à m'envoyer chez mon père. Mon plus gros problème était le collège où je vivais un enfer et je ne supportais plus de vivre en ville après avoir eu un aperçu de ce qu'était la campagne. Et mon père me manquait. Je ne le voyais presque jamais et d'avoir passé quelques jours avec lui m'avait fait comprendre à quel point j'avais besoin de lui. Il était déjà malade et inconsciemment je pressentais qu'il n'allait pas vivre encore très longtemps, qu'il fallait que je profite du temps qui restait. Même si une autre partie de moi imaginait que je partais vivre chez lui au moins jusque mes dix-huit ans. Ma mère et moi traversions une période difficile de disputes très fréquentes. Qu'elle ne croit pas que je ne l'aimais pas, ou moins que mon père, mais elle ne pouvait me manquer puisque j'avais toujours vécu avec elle et son caractère et le mien ont toujours été incompatibles. Je m'excuse d'être partie sans lui dire au revoir ce 2 juillet. Je n'avais que douze ans. Aujourd'hui, ça ne se déroulerait pas de la même manière.




   Au bout d'une semaine, Pierre et Frank, âgés respectivement de quatorze et dix-sept ans, partaient chez leur père et je me retrouvais seule pour un mois avec mon père et ma belle-mère. Le plus beau mois de ma vie. La solitude n'était pas du tout un problème. Je me réveillais vers les six heures du matin, je prenais le vélo de Frank et j'allais faire de longue promenades pour revenir vers neuf heures, heure du petit déjeûner. Mon père m'emmenait avec lui au PMU faire son tiercé, je regardais les dessin-animés du Club Dorothée avec un gros coup de coeur pour Sailor Moon. Pendant ce mois de juillet, j'ai fouillé la maison de fond en comble sur un fond de Rondo Veneziano, Richard Clayderman et Céline Dion. J'ai lu des tas de bouquins, des Six compagnons en passant par Torey L. Hayden et le journal d'Anaïs Nine. J'ai regardé Jalna, Emilie ou la vrai vie, Les gens de Mogadore, Coeur Brûlés et même Les Feux de l'Amour avec ma belle-mère tous les après midis. On est pas difficile quand on a douze ans. J'ai découverts les livres à l'eau de rose, j'ai fais des promenades dans la région avec mon père et ma belle-mère et je ne cessais de m'extasier intérieurement sur le paysage. On m'a inscrite à la piscine et l'odeur de la crème solaire que j'avais restera toujours comme une madelaine de Proust pour moi. J'étais seule, mais je vivais des aventures toujours plus incroyables les unes que les autres. A l'époque, je parlais seule à des gens qui n'existaient que dans mon imagination et je faisais semblant qu'ils étaient réellement avec moi. Et puis je me lançais des défis, à la piscine: rester le plus longtemps possible sous l'eau, à vélo: faire les côtes les plus abruptes sans poser le pieds à terre et puis il y avait une vieille jument blanche que j'avais décidé d'apprivoiser comme Crin Blanc. Mais surtout j'avais beaucoup de choses à faire avec les six compagnons de la Croix-Rousse. Car je faisais indubitablement partie de leur bande et on était bien sept à piquer des pêches dans les vergers.


 


 


   Le mois suivant, mon frère et ma soeur sont venus en vacances et Pierre et Frank sont revenus de chez leur père. Nous étions donc cinq. Pierre a pris la place de mes amis imaginaires dans mes grandes aventures. On a passé un mois d'août génial. On allait à la piscine, on regardait des films le soir avec Patricia qui avait un rire très communicatif. On l'adorait même si parcontre, j'ai un très mauvais souvenir de ses boulettes de viande.


 


 


   Septembre est arrivé et la rentrée des classes aussi. Mon frère et ma soeur sont repartis. Mon père m'a acheté un vélo, des fournitures scolaires toutes neuves, j'étais inscrite au collège du Pendillon à Saint-Donas sur Herbasses. Pour la première fois de ma vie, je me suis faite des amis à l'école. Surtout Aurélie Thenon appelée Crapouillot. J'ai eu un succès immédiat quand les autres ont su que j'étais la "demi-soeur" de Pierre Derrick. Il était passé dans ce collège avant moi et, les filles étaient toutes amoureuses de lui, les garçons en admiration devant le fait qu'il soit passé devant le conseil de discipline trois semaines seulement après la rentrée. Trop fort. Moi aussi je l'adorais mon "demi-frère", même si des fois on se diputait. Et j'adorais aussi Frank qui était si sage et sur lequel on devait absolument prendre exemple...


 


 


   En novembre, il a fallu quitter la campagne pour la ville car l'état de mon père s'était agravé et j'avoue que j'ai pleuré de quitter cet endroit que j'amais tant, où tous les jours je me disais que j'étais la fille la plus heureuse du monde. J'ai pleuré de quitter le Grenouillet, le Pendillon et ma meilleure amie Aurélie. On est allé vivre à Bourg-les-Valences, 17 avenue Jean Moulin, Résidence du Parc et je me suis retrouvée inscrite au collège Saint Anne. Là, je n'ai pas du tout eu le même succès que dans le collège précédent et j'ai repris l'habitude de raser les murs, de passer tout mon temps au CDI. Je me souviens avoir lu La Cicatrice de Bruce Lowery en salle de permanence, en essayant de paraitre invisible. Seul point positif, j'habitais en face de la bibliothèque municipale. Mais quand je dis en face, c'est vraiment en face. C'est-à-dire que le bâtiment que je voyais par la fenêtre de ma chambre c'était la bibliothèque et que je n'avais qu'à traverser la rue pour y être. J'ai découverts Virginia C.Andrews avec Fleurs Captives. Ca m'a aidé à tenir. J'ai relu La Petite Princesse et bien sûr, j'ai retrouvé mes six compagnons.


 


 


    Le lundi 20 mars, je suis rentrée de l'école à quatre heures et mon père, qui venait de passer une semaine à l'hopital était de retour. Mon grand-père m'a dit queje ne pouvais pas l'embrasser et qu'il était sur le "fil du rasoir". Je n'ai pas voulu savoir ce que "le fil du rasoir" voulais dire et je suis sortie faire de la bançoire jusqu'au repas.


 


 


    Mon père est mort pendant le repas. Je n'ai pas pu lui dire que je l'aimais, que j'étais désolée de faire tout le temps des conneries. 


 


 


   Ce soir, à 19h30, ça fera exactement treize ans que je vie sans lui.


 


 


   Papa, tu me manques. Je voudrais pouvoir te parler. J'ai essayer trois fois de te rejoindre et je n'y suis pas arrivée. Même la fois où j'ai sauté du pont Saint Christophe. Je voudrais savoir si tu approuves ma nouvelle vie. Je voudrais savoir si tu aurais aimé Cécile. J'ai fait mon deuil, mais j'avoue que je pleure encore de ne pouvoir te prendre dans mes bras, de ne pas pouvoir dire papa, de ne pas pouvoir t'appeler. En même temps, je suis fière d'être ta fille et je t'admire plus que n'importe qui. Tu es la personne la plus intelligente que j'ai connue dans ma vie. Je pense qu'on se ressemblait par certains côtés, comme Séverine et Jean-Christophe te ressemblent aussi à leur manière. Cet article est pour toi, pour que tu vois comment j'avais vécu cette période passée chez toi.


 


 


   Ta fille qui t'aime,


Audrey 



 

Lyon, ville de mon coeur

le 12/03/2008 à 13h40



   Voici deux ans, je quittais la Bretagne pour venir habiter à Lyon. Attention, je ne quittais pas la Bretagne des cartes postales, mais une ville grise, déprimante, avec des gens gris et déprimants. Cette ville est connue pour une seule chose aujourd'hui: le Festival Interceltique. Autrefois, c'était la Compagnie des Indes. La guerre a tout détruit et on a reconstruit en gris, sous la pluie.


   Depuis que je sais lire, j'ai dévoré toutes les aventures des Six Compagnons de la Croix-Rousse. Ils ont été mes amis imaginaires. Sans doute était-ce prédestiné que je vienne m'installer à Lyon. Cette ville est comme le développement couleur de Lorient qui ne serait qu'un négatif et encore, je suis loin de la réalité.


   Dans Lyon, il y a lion. Et cette ville étend sa crinière de feu, ses toits aux tuiles rouges qui brûlent sous le soleil de midi, tandis que le Rhône et la Saône coulent pasiblement et nous apportent leur fraîcheur. Lyon est une ville arc-en-ciel, une palette de peintre avec ses facades rouges, jaunes, oranges et roses. Et parmi ces couleurs chaudes, quelques taches de verts qu'apportent les arbres et les parcs.


   Cette ville compte vingt-cinq salles de cinéma, deux théâtres, un opéra et une architecture magnifiques. L'abbaye de Fourvière aussi connue sous le nom de l'éléphant renversé et juste à côté une antenne de télévision qui a la forme de la Tour Eifel. Il y a de nombreux ponts, des statues magnifiques et tout cela scintille au soleil ou vibre sous l'éclairage de nuit. Car Lyon ne dort jamais. Et au contraire de Paris, les gens sont aimables, convivales. Tout est beau, neuf, propre. C'est une ville jeune car universitaire et les activités culturelles ne manquent pas.


 Lyon, c'est aussi la nourriture lyonnaise. Poulet bressan à la crême avec des morilles, quenelles de brochet, fois gras sous toutes les formes, Saint Marcelin, les bugnes de février. Les restaurants sont nombreux et variés. Du restaurant Camarguais d'où l'on repart avec une photo au restaurant le Blue Bayou, ambiance Louisiane où l'on mange un jambalaya sur fond jazz, en passant par La Commenderie des Antonins où l'on apprend à connaître la cuisine du moyen âge et enfin pour les grandes occasion, Christiant Tetedoie, avec charriot de fromages, charriot de desserts, serveur attitré, sommelier personnel (soupir)...


   Lyon c'est aussi les bouquinistes du dimanches sur les quais grâce auxquels on peut tomber sur un livre qu'on a lu quand on avait dix ans, qu'on a adoré, mais qu'on n'a jamais plus retrouvé, c'est les murs peints qui représentent une bibliothèque géante, un décort de théâtre ou les lyonais célèbres- des frères Lumière juqu'à Bernard Pivot.


   Oui ! Parce que nous sommes dans la ville où le cinéma fut inventé. Et là chacun trouve son plaisir. Car il n'y a pas deux petits cinémas  minables ne passant que les films à gros budgets et en VF. Non, il y a toutes les nouveautés, en VF ou en VO, mais aussi des documentaires, des retrospectives, des avant-premières avec présence des acteurs ou réalisateurs. Malgrés tout, j'ai manqué Clint Eastwood, David Lynch, et Dario Argento.  Ils étaient à quelque mètres de moi, dans ces salles de cinéma où l'on pourrait passer sa vie.



    J'ai passé vingt trois ans en Bretagne et deux ans et demi à Lyon et je me sens bien plus Lyonaise que Lorientaise. Mais voilà, je vais devoir m'en aller car l'Education Nationale, qui présente beaucoup d'avantages, a le défaut de muter les gens loin de chez eux. Et Princesse étant en Seine et Marne, je vais devoir dire au revoir (et non adieu) à cette ville que j'aime tant.


   Au revoir les trams et le métro tranquiles. Au revoir la Part Dieu et tous ses magasins, au revoir le Crayon, au revoir les librairies, au revoir le vieux Lyon et les promenades qu'on y faisait, au revoir Nardone et ses glaces à se damner, au revoir Lyon II, fac géniale aux cours géniaux, au revoir les 40 C° dans le salon en plein été et les scéances de ciné à l'Institut Lumière, au revoir, mais à bientôt car je reviendrai, c'est une certitude.
 
 
 
Shalimar.

Marguerite et Marguerite

le 03/10/2007 à 11h53

   Marguerite est le nom d'une jolie fleur, sans doute l'une de mes préférées avec les roses.

   Marguerite est aussi le prénom que portent deux auteurs que je souhaiterais ne pas voir mélangées, mais malheureusement, ce n'est qu'une opinion personnelle et beaucoup de gens ne sont pas d'accord avec moi. Parfois, il s'agit d'un simple lapsus: on va dire Duras à la place de Yourcenar. Ce qui m'étonne, c'est que l'inverse se produit beaucoup moins souvent. Pourquoi? Et bien tout simplement parce que tout le monde a vu L'amant  et qu'on parle bien plus de Duras à l'école que de Yourcenar.

   A l'instant, j'exprimais la douleur que j'éprouvais à entendre mon professeur se tromper et dire Duras à la place de Yourcenar. On me demande pourquoi, je réponds qu'on est pas au même niveau. On me rétorque que les goûts et les couleurs...  J'avance l'argument du personnage, on me dit ceci: Duras s'est envoyée tout Paris, mais Yourcenar n'est qu'une lesbienne qui s'est laissé pousser la barbe et qui s'est retirée sur son île avec sa copine. Au secours ! Quand on ne sait pas de quoi on parle on se tait.

   Premièrement, les inclinations sexuelles d'un auteur n'ont pas grand chose à voir avec leur talent d'écrivain. De plus, je tiens à préciser à cette personne - au cas où elle lirait un jour mon article - que Yourcenar aimait autant les hommes que les femmes, voire avait une préférence pour les hommes qui aiment les hommes.

   Cependant, là n'est pas la question. Je parle des qualités littéraires, de la richesse du style, de la multitudes de degrés de lectures de l'oeuvre. Pour moi, mais cela n'engage que moi, une oeuvre est bonne quand on n'a jamais fini d'en tirer quelque chose. Quand on peut indéfiniment y trouver de nouvelles richesses. Un bon livre ne s'épuise jamais et je souhaite à Marguerite Yourcenar la pérenité d'un Montaigne.

   Faites ce test: lisez Un Barrage contre le Pacifique de Duras, puis, par exemple, Souvenirs pieux de Yourcenar. Je pense que c'est le meilleur moyen de se rendre compte par soi-même de la différence.

   Comparez l'éducation des deux, l'ouverture d'esprit de chacune, leur culture et jusqu'où l'une et l'autre vont puiser leur inspiration. La variété des thèmes abordés, la façon dont chacune se raconte; l'une de manière subtile et pudique, l'autre étalant sa vie comme sur le divan d'un psy.
   Et s'il n'y a que le plaisir de la lecture qui entre en ligne de compte alors comparez l'état dans lequel vous êtes lorsque vous lisez Duras et lorsque vous lisez Yourcenar...

   C'est un article tout à fait subjectif, que personne ne lira de toute façon, mais il faut que je m'exprime; il faut que j'ai la conscience en paix d'avoir ajouté une pierre pour Marguerite Yourcenar contre Marguerite Duras. Tout le monde s'en fout. Mais comme je l'ai écrit dans mon précédent article, je n'écris plus désormais que pour moi-même et peut-être mon entourage...

   Vous êtes morte Marguerite de Crayencour dite Yourcenar, mais je vous admire et je tenais à le dire. Je ne suis qu'un grain de sable sur une plage de lecteurs aux goûts tous différents. Mais vous faites partie de mes écrivains préférés et bien que jamais ce texte ne vous parviendra, je l'écris comme je m'adresserais à vous si je me trouvais devant votre tombe et que j'ai accès à un restant d'âme. Merci pour vos livres qui améliorent mon quotidien, qui forment mon savoir et me rendent plus sage.

Bien à vous,

Shalimar

  

Hommage à ma soeur

le 17/05/2007 à 16h29

        Il était temps que je prenne la plume et qu'à mon tour je rende hommage à Sev the Best, aussi connue sous les noms de Nob (Nobody's perfect) ou Sev tout court.


         Il était temps que je prenne la plume et que je rende hommage à ma soeur. Elle a récemment écrit un article intitulé "Hey Sisters !", je lui réponds.


          Oui tu es née, j'avais trois ans et demi et je t'ai détestée de venir me détrôner de ma place de petite reine. Oui, je t'ai fait subir le pire du pire. Les enguelades injustifiées, l'ignorance, le chantage; les menaces, les tortures... Oui, je t'ai entraînée dans toutes mes folies et mes plans foireux, oui je t'ai balancé un bol de chocolat à la figure...


         Mais je ne regrette pas que tu sois née aujourd'hui. Non, tu n'as pas été adoptée, tu es bien ma soeur. Tu es blonde-chatain, je suis brune; tu as un joli visage éclairé par de beaux yeux bleus et j'ai une mine de déterrée, blafarde avec des yeux noirs cachés derrière mes lunettes de myope; tu respires santé (heu bon évidement là t'es malade mais bon en général...) et joie de vivre et je suis un haricot dans un sweet toujoours déprimée. Tu es une Rigolus et je suis une Tristus. Cependant, nous avons en commun tellement de chose, notamment notre histoire que je ne raconterai pas car c'est juste à nous.


        Mon hommage consiste à m'incliner devant ta force de caractère qui fait que tu es toujours de bonne humeur, ta créativité qui t'a fait tenir un blog qui t'a apporté la reconnaissance de ton talent et des amis qui voient en toi la vraie Sev. T'as vu, pour une fois c'est moi qui t'ai copiée. J'ai fait un blog comme toi lol. merci d'être toujours au bout du fil, merci de m'avoir supportée, merci de m'avoir poussée, merci pour tout nos jeux et nos délires. Je n'aurais pas pu rêver d'une autre soeur que toi. Merci d'avoir été là à Rennes et à Kerpape, d'avoir répondu à mes lettres, à mes mails, d'écrire des articles qui me redonnent la pêche quand je suis déprimée, merci de faire des blagues à deux balles, merci d'être passée sur le blog pour y laisser tes commentaires. Tous ceux qui ont la chance de te connaître, de t'attendre chaque soir, de parler et de déconner avec toi, je les envie. Tu veux savoir qui est papa ? Regarde-toi et tu auras la réponse. Tu es bien la fille de ton père, et en plus tu es la seule à avoir ses yeux bleus. Toujours une connerie sur le bout de la langue, un projet sur le feu et les poches trouées, une paresse crasse mais un coeur gros comme ça.


         Je sais que où que tu sois, je ne te lâcherai pas les basques. Ce qui fait que toi et moi on sera toujours comme les deux doigts d'un Snikers, Mary-kate et Ashley, Paris et Nicky... MDR.


           On observe un moment de silence, on pense à ce que Sev nous a apporté et on dit merci.


Enfin, n'oublions pas le champignon qui pousse quelque part à Lanester grâce à qui nous pourrons reformer le pouvoir des trois lorsqu'elle sera en âge de comprendre... Vive les soeurs. Je déclare férié le 17 mai à présent devenu jour de la soeur.


(@=13) Oaar punapr, oan iblntr, wr g'nvzr.



Shalimar

T'en vas pas.

le 09/05/2007 à 03h44

http://www.radioblogclub.fr/open/124346/t_en_vas_pas/t%27en%20vas%20pas

" Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"

C'est ce que j'ai ressenti le 20 mars 1995 quand il est parti sans moi.

C'était un homme bon, de 36 ans, père de trois enfants. Grand et beau. Ses cheveux brun, parsemés de mèches blanches, malgrés son jeune âge, faisaient ressortir ses yeux bleus qui reflétaient une vive intelligence mêlée d'une sorte d'espièglerie qui faisait qu'il ne se prenait pas au sérieux. Ce qu'il prenait au sérieux, c'était le bien être des autres et l'éducation de ses enfants. Il était toujours juste, sévère, mais sans dépasser la mesure.

Grand orateur, il captivait son monde, passait d'un sujet à l'autre alliant les bons mots aux vérités éclatantes qui auraient pu me servir aujourd'hui, alors que je me sens si seule.

On ne s'éloigne pas de la littérature quand on évoque ce grand homme qui était un grand épistolier, en témoignent les lettres envoyées à ma mère, que j'ai lues de la première à la dernière. Quelle prose, quelle écriture, quel style !
Le monde a aussi perdu un poète et peut-être un écrivain. Tout à la fin du classeur de recettes de ma mère, j'ai retrouvé des ébauches de textes. Qui sait si nous ne sommes pas passés à côté d'un grand comédien. Ne partait-il pas à Paris pour entrer dans une troupe de théâtre lorsqu'il a rencontré celle qui allait être sa femme ? C'est que cet homme était un grand romantique. Avant ma mère, il a aimé une femme, Isabelle. Sur son épaule était tatoué "Une", puis le dessin d'une pensée (la fleur), puis sur son bras, "pour Isabelle". Et pour Isabelle, il a déserté l'armée... Le problème avec les tatouages, c'est qu'ils ne s'effacent pas et que ma mère ne s'appelait pas Isabelle. Aussi, lorsque mon père était en chemisette, on voyait "Isabelle" sur son bras et quand ils étaient reçus quelques part, la maîtresse de maison ne manquait jamais de dire "Isabelle, je suppose" en regardant ma mère. Pauvre maman...

Cela fait onze ans qu'il est parti. J'en avait treize alors et j'ai vécu auprès de lui les huit derniers mois de sa vie. L'évoquer dans ce blog me fait du bien car il me manque. Je ne cesse de revoir cette grande stature un peu enveloppée, dans son éternelle robe de chambre bordeaux et ses savates noires qu'il faisait traîner en marchant. Je ne peut pas oublier la façon qu'il avait de nous "engueuler": -Je vais t'claquer le baigneur, tu vas aller faire un stage à l'horizontal.

Aujourd'hui, on peut encore le citer et sourire entre nous. "Un glagla à cinq doigts" ou variante "Un steack à cinq branches". "J'en causerait à mon cheval quand il aura plus les oreilles dans le plâtre" disait-il quand il s'en foutait de ce qu'on était entrain de raconter pour se défendre, pour éviter une punition, "Me prend pas pour une bille"

Nous avions tous les trois un surnom. Moi, c'était La merdeuse, ma soeur, Madame Chierchier, et mon frère en a eu plusieurs: Marcel, Winspector chialeur...

Je ne peux pas oublier ces dimanche après midi, passés en voiture à faire le tour de la côtes (Morbihan) en écoutant Cabrel, Balavoine ou JJ Goldman son homonyme et:

 http://www.radioblogclub.fr/open/50189/rondo_veneziano/Rondo%20Veneziano%20-%20Feste%20veneziane.MP3

Cela rapellera à deux personnes, l'attente dans la voiture pas loin du Longchamp ou de chez Léonidas.

Jean-Jacques L.R. est une oeuvre littéraire, un héros de roman dès son enfance. Un grand rêveur, la tête pleine de projets, toujours ouvert au progrès, autodidacte, une référence plus que paternelle pour moi.

Aujourd'hui, on est loin des ballades dans la Nissan Micra gris métalisée, des blagues qui n'auraient jamais dues tomber dans nos chastes oreilles. Mais il reste en héritage une leçon: "Organisation, organisation, organisation" 

L'exemple de quelqu'un qui avait de la volonté, du courage et réponse à tout.

Shalimar

 

Le bonheur de la lecture

le 27/04/2007 à 10h54

   Quel est le premier livre que vous avez lu ? Vous ne vous en souvenez pas ? Peut-être le livre de lecture distribué à la rentrée en CP ? Ou peut-être, comme moi, saviez-vous lire plus tôt et par déduction vous pouvez affirmer que le premier livre que vous avez lu tout seul était Petite Maman de Sarah Kays. Ce livre que votre mère vous a lu des centaines de fois, au point que vous le connaissiez par coeur à l'âge de deux ans. Et pour impressionner les invités, votre mère affirmait que sa progéniture était un génie et vous faisait faire une démonstration avant de dévoiler le subterfuge.

   Un jour, vous vous rendez compte que vous voyez les mots que vous êtes en train de réciter. Vous pouvez les lire dans le désordre, en prendre un au hasard sur n'importe quelle page et le déchiffrer. Curieux...
Vous prenez un autre livre parmi les histoires de Mickey que vous recevez chaque mois. Vous l'ouvrez et là aussi vous parvenez à lire et comprendre les mots. Certains, vous les connaissez déjà, les autres, il suffit d'un petit effort. Au bout de quelques jours, vous avez compris qu'il y a un alphabet-même si vous ne connaissez pas le terme exacte. Des lettres qui forment des mots quand on les met ensemble. Vous faites des tentatives et de tous vos livres sortent de belles histoires. Vous êtes bien, heureux, excité et serin. Excité car vous venez de faire une découverte incroyable. Excité aussi parce que vous êtes déjà allez dans une bibliothèque et que vous savez qu'il existe bien plus de livres que ceux qu'il y a dans votre chambre et que vous allez pouvoir tous les lire. Seul. Vous ne serez plus jamais dépendant du bon vouloir de papa et maman.

   Cependant, un certain doute subsiste et pendant une période plus ou moins longue vous lisez à haute voix tout texte qui vous tombe sous les yeux, des ingrédients de vos Chocos aux pubs des panneaux géant dans la rue. C'est fatigant pour les parents, mais vous ça vous rassure. Et puis en réalité, ils sont fières de vous et vous font lire devant tous les membres de la famille. La maîtresse à l'école, vous donne des activités à faire pendant que les autres jouent. Et c'est là que le fossé commence à se creuser entre vous, car ils sont jaloux de l'attention qu'on vous porte. Ce fossé ne sera comblé qu'à la fac, autant vous y faire tout de suite. En attendant, vous passerez toute votre scolarité en but aux moqueries, à l'incompréhension et à la jalousie.

Heureusement, les livres sont là pour vous consoler et remplacer les amis que vous n'avez pas. Et puis vous n'êtes pas entièrement coupé du monde, car les dames de la bibliothèque sont devenues une seconde famille, étant donné que depuis que vous avez six ans, elle vous voient venir faire le plein de livre chaque semaine avec votre petit sac à dos. Vous vivez une grande histoire d'amour avec les livres. Au collège et au lycée, vous connaissez le CDI par coeur, vous pouvez trouver n'importe quel livre les yeux fermés. Et après une journée de tourmente à l'école, c'est plus que réconfortant de se glisser dans son lit et de rejoindre Le Club des cinq, Les six compagnons, Jane EyreSa magestée des mouches, La mare au diable, La petite Fadette, Alice au pays des merveilles...

Les années passent, les livres s'entassent sur les étagères : Hugo, Balzac, Camus, Hyusmans, Musset, Stendhal, Tolstoï, Joyce Carole Oates, Anaïs Nin, Judy Blum, Stephen King, Louisa May Alcott, Virginia Woolf... Tout livre qui tombe dans vos mains est dévoré et vous emmène ailleurs, loin de ce monde que vous n'aimez pas. A seize ans, vous êtes une Emma Bovary, vous attendez de la vie qu'elle ressemble à vos lectures et la déception passée, vous vous dites que ces livres, en plus de remplir votre cerveau, pourraient remplir votre estomac. C'est ainsi qu'on se retrouve en fac de Lettres, hésitant entre être prof, bibliothécaire, libraire, les trois? Et finalement quel meilleur hommage pourrait-on rendre à ses auteurs préférés qu'en ouvrant de jeunes esprits aux charmes de leur plume?

"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé."
(Montesquieu)

Shalimar

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