Shali et Molki au pays des livres

Harcèlement moral à l'IUFM...

le 08/05/2007 à 13h18

Voilà ce que je vis depuis septembre... Je ne crois pas avoir vécu pire période dans ma vie, à part peut-être l'accident de Shali. Je suis à l'IUFM de C. en PLP2 Lettres-Histoire et c'est l'horreur. Le mot n'est pas trop fort... Cours inutiles, formateurs sadiques et incompétents, administation très très très zélée et, le pire de tout, collègues stagiaires faux-jetons, lâches, incultes et méchants. En clair, je suis en Enfer. Le problème de l'Education nationale: un ramassis de nouilles incultes dans un nid de vipères.


Je vous présente mes sympathiques collègues stagiaires:


 » Chasseur français: je l'appelle comme ça parce qu'elle a du mettre une annonce dans Le Chasseur Français pour trouver son mec. En effet, elle est est vraiment pas terrible et vraiment très conne. Cette fille c'est la pire. Toujours en train de l'ouvrir pour sortir les pires lieux communs du style: "la guerre, c'est mal", "la pollution c'est sale", "les élèves en difficulté faut les aider"... AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH!!!!!!!! Au secours!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! C'est tellement éculé et sans intérêt! Et cette façon de toujours se comporter comme une prof, même avec ses collègues! J'ai l'impression que c'est ma prof et que j'ai 10 ans. Evidemment les formateurs l'adorent: tu penses, c'est le genre de nana qui regrette que Nicolas Hulot se soit pas présenté à la présidence. En gros cette fille est une calamité qui l'ouvre sans cesse en cours pour dire rien et qui se prend pour une enseignante formidable. c'est l'horreur quoi.


» La Serpillère: c'est notre délégué. Tout le monde aura compris le sens de ce surnom. ce type est une vraie chiffe molle qui ne défend que ses intérêts, aime tout le monde et doit sûrement fumer 7 joints par jour vu sa grande réactivité.

» Zézette: en référence au Père Noël est une ordure. La garce, la vraie. Change de potes comme de chemise, ment comme une arracheuse de dents et va toujours dans le camp du plus fort.

» La Teigne (autre surnom: shamppoing Klorane): une vraie méchante qui est toujours aggressive (enfin, avec moi... C'est vraiment pas la seule en même temps). Signe particulier: cheveux gras avec une teinture merdique. Elle devrait revoir son hygiène capillaire.

» Lâam: surnom donné parce que la fameuse diva de la variété française a joué dans une comédie musicale nommée C... et c'est justement le prénom de la nana qui m'intéresse. Bon, une pauvre fille un peu nunuche, un peu vulgaire, sans véritable intérêt... Et qui adore nos sympathiques formateurs! Bien sûr, ce n'est pas du tout hypocrite...

» Que????: Surnom du neuneu ultime. Q.I. très bas sans doute (il me fait penser à Forrest Gump alors...), ne parle absolument que de sport, sourit tout le temps bêtement, fait d'énormes fautes d'orthographe et de syntaxe (alors qu'il est aussi prof de français). Un compagnie enrichissante, qui m'apprend beaucoup, qui a toujours un sujet de conversation dans le tiroir... Non je rigole!

Bon, ben voilà, vous connaissez les participants de ce grand cirque. Inutile de dire qu'aucune de ces personne ne m'adressent la parole, c'est bien trop dangereux pour leur validation... J'ai l'impression d'être une mine anti-personnelle, c'est dire. Chaque fois que je dis un truc (même du style "vous pouvez me passer le sel, SVP?"), il y a au moins trois paires d'yeux qui regardent le plafond, avec un haussement d'épaules très amical... ambiance, ambiance... Ca plus toutes les humiliations des formateurs , c'est un cauchemar perpétuel. a tous ceux qui ont connu une situation de harcèlement moral caractérisée, sachez que vous n'êtes pas seuls et que ce n'est pas votre faute. J'ai pensé pendant des mois que j'étais une incompétente, mais non. Je suis juste leur punching-ball de l'année. Personne ne dit rien, ne vous soutient (la peur, la médiocrité, la lâcheté, l'opportunisme): sachez juste que d'autres personnes vivent ou ont vécu ce calvaire. Ne baissez pas les bras: battez-vous, voilà mon conseil. Plus vous vous écrasez, plus c'est pire. Et sachez aussi qu'il y a des lois qui existent. On ne doit pas perdre espoir. Le travail ne doit pas être une perpétuelle souffrance... sinon cela peut avoir des conséquences terribles. C'était un coup de gueule, un vrai, contre une vision du travail que je trouve inadmissible et les abus de pouvoir caractérisés.

A tous ceux qui souffrent au travail, j'ai vécu et je vis encore la même chose que vous. si vous voulez vous confier, en parler (en toute discrétion bien entendu) je suis là, vous pouvez m'écrire. Courage...

Molki

Toi aussi, tu es ou a été djeun's? Toi aussi, tes camarades de classe au collège t'appelaient avec bonhomie Casio, rapport à ton acné juvénile persistant ? Toi aussi, les filles de ta classe ont toutes eu leur règles à 10 ans et 1/2 et mis leur premier string à 11 ? Toi aussi, les garçons de ta classe parlaient un langage étrange d'où émergeaient parfois des termes obscures, tels "ton gun", "chope la vie", "touche R3 de la manette" ou "bute le boss au 123ème niveau"? Toi aussi, tu pensais que t'étais une ratée parce que jamais tu perdrais ta virginité à 15 ans comme les autres? Toi aussi, tu a eu ta période pouffiasse, puis gothique, puis punk, puis grunge, puis rasta, puis pop?Toi aussi, tu pensais que tu garderais le deuil de Kurt Cobain toute ta vie? Toi aussi, tu as eu pendant toute ton adolescence le projet de te casser du domicile parental à 18 ans pile, parce que fais chier quoi ???!!! Toi aussi, tu as acheté boules puantes et autres achats vitaux pour la vie scolaire? Toi aussi, tu a fumé ton premier joint derrière les préfabriqués de sciences, là où il y avait un trou dans le grillage pour sécher en douce ? Toi aussi, tu passais tes cours de maths à trouver des surnoms top délires aux profs nases du bahut? Toi aussi, tu te cassais pendant les heures de gym pour aller boire une bière au bar pourri d'à côté? Toi aussi, tu avais tes règles toutes les semaines pour louper la natation?


Alors, ne cherche plus! Cette BD te rappellera les supers souvenirs de cette période où tu te sentais si bien dans ta peau et ou tu ne pouvais plus mâcher de chewing-gum à cause de ton appareil dentaire si seyant. Revis tous ces bons moments où tu te tapais tes parents tous les week-end, tes profs toute la semaine. Toutes ces belles amitiés qui devaient durer toute la vie, c'est sûr, mais bon finalement, 1 an ça suffit. Revis avec nostalgie les cours formidables de toutes les matières fondamentales (les trucs à fabriquer qui marchent jamais en techno, la flûte à bec en musique, les dissections en biologie, les expériences qui ratent tout le temps en chimie, les films qu'on n'y comprend rien en langues, les fonctions en maths).


Sérieusement, cette BD ne peut que faire mourir de rire quicquonque s'en approche. Sattouf est un génie, je l'ai assez dit! Cet homme a dû avoir une scolarité assez proche de la mienne, je me sens en osmose avec son discours. Si, si! Lire ce livre c'est oublier toutes ses pensées noires et passé un vrai, un grand bon moment. Un conseil vital en ces temps d'élections qui ne s'annoncent pas terribles...


Molki

 

Voilà un roman culte, écrit par un monsieur très sérieux et très bourgeois il y a plus de 100 ans! Mais alors qu'est-ce qu'on se marre!!!! Présenté sous la forme d'une fausse autobiographie, c'est le livre idéal contrie la dépression. Voilà l'autobiographie d'un parfait beauf au XIXème siècle (eh oui! Il y avait des beaufs au XIXème siècle). Augustus Carp - c'est le nom de l'énergumène -  dit les pires choses, fait le pire du pire , admire son père qui est le parfait lâche, traite sa femme encore pire qu'un chien, est d'une radinerie sans nom, d'une mesquinerie à toute épreuve, d'une bigoterie à hurler de rire tant elle est ridicule.


C'est un roman incroyable de drôlerie vacharde, un bijou qui nous fait passer pour des zinzins dans le métro quand on a un fou rire irrépressible tellement c'est ahurissant de mauvaise foi et de bêtise (voulues par l'auteur je précise). Je fais de la pub intense pour ce livre à l'humous très anglais (entre 4 mariages et un enterrement et les Monthy Python). Vite vite lisez-le. C'est le livre culte de tout un club d'initiés qui préfère Sacré Graal à Bigard!

Molki

      Née à Paris le 1er novembre 1961, dans le 15ème arrondissement, Valérie était le second enfant d'une famille classique. Elle fut internée à l'âge de treize ans dans un hôpital psychiatrique pour anorexie mentale, pendant quatre mois. A sa sortie, elle s'inscrit à l'école du cirque d'Annie Fratellini pour suivre des cours de funambules, tout en suivant ses cours au collège. Le 18 décembre 1982, après une overdose de médicaments elle n'ouvra plus les yeux. Elle fut incinérée et ses cendres furent dispersées dans la mer, telle qu'elle le souhaita dans son dernier testament.

 

 

      Le premier roman que j'ai lu de Valérie Valère est Malika ou un jour comme tous les autres. Je ne savais alors rien de l'auteur, seulement qu'elle avait écrit ce livre à l'âge de quinze ans et qu'elle était morte très jeune.

      Malika, c'est une histoire de frère et soeur, livrés à eux-mêmes, abandonnés par leurs parents dans un appartement luxueux de Paris. Le père est un homme d'affaire qui passe une fois l'an déposer une liasse de billet pour que Wilfried, quinze ans et Malika, dix ans, puissent subvenir à leurs besoins. La mère n'est jamais mentionnée.

      A tour de rôle, ils prennent la parole, chapitre après chapitre, pour raconter leur quotidien et surtout l'amour qui les unit. Les chapitres de Wilfried sont l'expression de sa révolte contre l'école, la lente dépression qui s'empare de lui malgré lui, son idylle avec une étrange inconnue et son admiration pour sa petite soeur, seule rayon de soleil dans sa vie. Malika, petit ange aux longs cheveux blonds et grands yeux bleus écrit son nom sur les cahiers de son frère pour qu'il ne l'oublie pas et n'aime pas l'école bien qu'elle soit très intelligente pour son âge. Elle, ce qu'elle aime, c'est dessiner, poser des questions, se promener dans Paris et surtout parler de son frère, l'observer, le séduir, lui faire des scènes dignes d'une grande tragédienne...

      Bientôt, les vacances scolairent arrivent et c'est décidé, ils ne retourneront plus à l'école. Ils vendent les meubles de leur père pour aménager l'appartement selon leurs goûts et vivent de fêtes improvisées, de scéances de cinéma, de visites dans les musées. Mais, la rentrée approche et va de nouveau les séparer, ce qui n'est plus possible. Il faut fuir pour ne plus être retrouvé.

      Cette histoire, belle et tragique peut choquer, mais la pûreté de ces enfants qui s'aiment, efface tous les tabous et nous laisse charmés, envieux de ce court bonheur qu'ils connaissent dans l'innocence avant que les adultes ne viennent tout détruir. Et lorsque l'on referme le livre, l'image de Wilfried et Malika est bien nette devant nos yeux, et ne s'effacera jamais tout à fait.

       Cette histoire poignante, qui touche en plein coeur, c'est une adolescente de quinze ans qui l'a écrite. Avec une perception aigue des sentiments dont elle sait rendre la violence avec une finesse admirable. Malika est son deuxième roman. Le premier, Le pavillon des enfants fous, a été écrit en trois semaines. Trois semaines durant lesquelles elle n'a pas quitté sa machine à écrire, mue par la volonté de faire sortir d'elle l'horreur des quatre mois passés dans cet hôpital psychiatrique. Elle souffrait et avait décidé de ne plus manger, elle avait treize ans.

       Elle apparaît chez Pivot dans Apostrophe, joue dans un film et meurt à vingt et un ans, d'une overdose de médicaments. Malgré cette vie trop courte, elle aura eu le temps d'écrire et ses romans sont tout ce qu'il reste de cet être fragile dont la lucidité précoce a plongée cette jeune fille dans un gouffre de souffrances sans fin, où l'hostilité du monde l'agresse jour après jours.

Ses romans:

Le Pavillon des enfants fous
Malika ou un jour comme tous les autres
Obsession blanche
Vera, Magnifica Love et pages diverses
Laisse pleurer la pluie sur tes yeux
La station des désespérés ou les couleurs de la mort
Éléonore
A la porte de moi-même

 

 

 Shalimar

Le bonheur de la lecture

le 27/04/2007 à 10h54

   Quel est le premier livre que vous avez lu ? Vous ne vous en souvenez pas ? Peut-être le livre de lecture distribué à la rentrée en CP ? Ou peut-être, comme moi, saviez-vous lire plus tôt et par déduction vous pouvez affirmer que le premier livre que vous avez lu tout seul était Petite Maman de Sarah Kays. Ce livre que votre mère vous a lu des centaines de fois, au point que vous le connaissiez par coeur à l'âge de deux ans. Et pour impressionner les invités, votre mère affirmait que sa progéniture était un génie et vous faisait faire une démonstration avant de dévoiler le subterfuge.

   Un jour, vous vous rendez compte que vous voyez les mots que vous êtes en train de réciter. Vous pouvez les lire dans le désordre, en prendre un au hasard sur n'importe quelle page et le déchiffrer. Curieux...
Vous prenez un autre livre parmi les histoires de Mickey que vous recevez chaque mois. Vous l'ouvrez et là aussi vous parvenez à lire et comprendre les mots. Certains, vous les connaissez déjà, les autres, il suffit d'un petit effort. Au bout de quelques jours, vous avez compris qu'il y a un alphabet-même si vous ne connaissez pas le terme exacte. Des lettres qui forment des mots quand on les met ensemble. Vous faites des tentatives et de tous vos livres sortent de belles histoires. Vous êtes bien, heureux, excité et serin. Excité car vous venez de faire une découverte incroyable. Excité aussi parce que vous êtes déjà allez dans une bibliothèque et que vous savez qu'il existe bien plus de livres que ceux qu'il y a dans votre chambre et que vous allez pouvoir tous les lire. Seul. Vous ne serez plus jamais dépendant du bon vouloir de papa et maman.

   Cependant, un certain doute subsiste et pendant une période plus ou moins longue vous lisez à haute voix tout texte qui vous tombe sous les yeux, des ingrédients de vos Chocos aux pubs des panneaux géant dans la rue. C'est fatigant pour les parents, mais vous ça vous rassure. Et puis en réalité, ils sont fières de vous et vous font lire devant tous les membres de la famille. La maîtresse à l'école, vous donne des activités à faire pendant que les autres jouent. Et c'est là que le fossé commence à se creuser entre vous, car ils sont jaloux de l'attention qu'on vous porte. Ce fossé ne sera comblé qu'à la fac, autant vous y faire tout de suite. En attendant, vous passerez toute votre scolarité en but aux moqueries, à l'incompréhension et à la jalousie.

Heureusement, les livres sont là pour vous consoler et remplacer les amis que vous n'avez pas. Et puis vous n'êtes pas entièrement coupé du monde, car les dames de la bibliothèque sont devenues une seconde famille, étant donné que depuis que vous avez six ans, elle vous voient venir faire le plein de livre chaque semaine avec votre petit sac à dos. Vous vivez une grande histoire d'amour avec les livres. Au collège et au lycée, vous connaissez le CDI par coeur, vous pouvez trouver n'importe quel livre les yeux fermés. Et après une journée de tourmente à l'école, c'est plus que réconfortant de se glisser dans son lit et de rejoindre Le Club des cinq, Les six compagnons, Jane EyreSa magestée des mouches, La mare au diable, La petite Fadette, Alice au pays des merveilles...

Les années passent, les livres s'entassent sur les étagères : Hugo, Balzac, Camus, Hyusmans, Musset, Stendhal, Tolstoï, Joyce Carole Oates, Anaïs Nin, Judy Blum, Stephen King, Louisa May Alcott, Virginia Woolf... Tout livre qui tombe dans vos mains est dévoré et vous emmène ailleurs, loin de ce monde que vous n'aimez pas. A seize ans, vous êtes une Emma Bovary, vous attendez de la vie qu'elle ressemble à vos lectures et la déception passée, vous vous dites que ces livres, en plus de remplir votre cerveau, pourraient remplir votre estomac. C'est ainsi qu'on se retrouve en fac de Lettres, hésitant entre être prof, bibliothécaire, libraire, les trois? Et finalement quel meilleur hommage pourrait-on rendre à ses auteurs préférés qu'en ouvrant de jeunes esprits aux charmes de leur plume?

"Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de lecture n'ait dissipé."
(Montesquieu)

Shalimar

Ou le parcours "dickenesque" de Nancy (Nan) au coeur du milieu interlope du music-hall victorien. L'écriture de Waters est très spéciale: fluide et recherchée, touffue et évidente. C'est sans aucun doute l'un des livres que j'ai le plus relu, le plus dévoré, le plus savouré.


Bien sûr, la description du milieu (caché) de l'homosexualité féminine britannique du 19ème, ses secrets, ses codes m'ont particulièrement et personnellement touchée. Mais... Mais il n'y a pas que ça. Waters dépasse complètement le piège de la "littérature-ghetto", destinée à un public restreint et très ciblé. Son indéniable talent littéraire, le tableau novateur qu'elle donne de l'Angleterre victorienne, son sens du détail, mais aussi du dialogue, sa faculté assez formidable de nous attacher à ses personnages, de transformer le lecteur en acteur du texte, de nous faire vivre cette histoire... Tout cela fait de sarah Waters une grande écrivaine, une auteure importante et attachante, un futur Booker Prize sans aucun doute et l'un de mes auteurs préférés! Jetez-vous vite sur ce livre passionné et passionnant!!!


Molki

Je ne pouvais pas faire un blog avec Shali sans parler de notre librairie adorée et de notre libraire préféré, j'ai nommé Fabien!!!


Pour tous les Lyonnais, vous avez une caverne d'Ali Baba au 86 rue de Marseille dans le 7ème pas loin des universités et du rectorat. Spécialisée en littérature arabe et africaine, cette librairie est plus que sympa: on se sent chez soi, on discute, on parle littérature et politique (bon plutôt gauche hein!); il y a toujours un trésor caché (les poésies de Mahmoud Darwid par exemple ou l'intégrale Naghib Mafouz). En plus, Fabien reçoit bientôt l'auteur de L'immeuble Yacoubian! Alors ce serait dommage de se priver!


Molki

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