Shali et Molki au pays des livres

Sanctuaire, de William Faulkner

le 18/05/2007 à 07h13

 


       Je vais donc écrire un article sur un auteur que je considère comme l'une des plus grandes plumes de la littérature mondiale, toute époque confondue. Et plus particulièrement à l'un de ses romans-phare, Sanctuaire. Faulkner n'est pas un écrivain facile d'accès, il suffit de lire De bruit et de fureur - quel titre fantastique! - pour s'en rendre compte. Santuaire est peut-être l'une de ses oeuvres les plus ouvertes.


       


        Le contexte est le même que dans les plupart des romans de Faulkner: le Sud profond des Etats-Unis dans les années 30 et son lot de noirs opprimés par une ségrégation impitoyable, de petits blancs racistes et à l'étroitesse d'esprit assez incroyable, de bonnes âmes rares mais essentielles pour que tout ce petit monde ne s'embrase pas instantanément. Le personnage central: une jeune fille innocente qui sera victime d'un viol assez ignoble, puis pensionnaire d'un bordel miteux, pour finalement s'évaporer dans la nature, de douleur devant l'indifférence du monde qui l'entoure.


 


        La difficulté de la littérature faulknérienne est, comme d'habitude, cette construction (ou plutôt cette déconstruction) du texte si particulière: différents moments de l'histoire se succèdent sans que l'on voit tout d'abord de lien logique. Puis tout s'éclaire peu à peu; la réalité du Sud profond nous saute à la figure, dans toute sa décadence, sa pauvreté, sa violence mais aussi sa beauté brutale. La tragédie pratiquement antique de cette jeune fille nous éclabousse et l'on n'en ressort pas indemne, comme toujours lorsque l'on lit du Faulkner. Aucun mot n'est gratuit, aucune phrase n'est de trop: tout le texte est au cordeau, tendu à l'extrême, comme si Faulkner l'avait pressé à fond pour n'en ressortir que le jus essentiel, qu'un condensé extrêmement fort d'émotions essentielles.


                    


             On n'est jamais le même avant la lecture de Faulkner et après. Tout ce qui nous entoure paraît tellement dérisoire ; les personnages nous hantent très longtemps. Mais on a aussi l'impression d'avoir gagné en humanité, qu'une petite porte s'est ouverte et ne se refermera pas. Pour moi, Faulkner écrit comme peint un peintre cubiste: au début, on ne comprend pas, on ne voit pas où l'auteur veut en venir. Et puis le déclic: tout s'éclaire et l'effet est d'une intensité formidable. Pour moi, c'est cette intensité - presque insupportable de tensions dramatiques parfois - qui fait la différence entre un écrivain et un génie de la littérature. Pour revenir à l'article précédent de Shali, Joyce Carol Oates possède cette étincelle unique, à l'égal d'un Faulkner. Et c'est un sacré compliment pour moi !!!


             


              Il faut lire absolument Sanctuaire parce que vous ne serez jamais plus le même par la suite, parce que le monde aura une couleur bien particulière. Et par la suite il faut lire De bruit et de fureur, Sartoris, Tandis que j'agonise (ce génie des titres...), Lumière d'août, Absalon, Absalon, Le domaine... Je pourrais parler de l'oeuvre de Faulkner éternellement tant elle est vaste et habitée, extraordinaire de beauté et de richesses. Cet auteur fut pour moi une révélation, une révélation du pouvoir unique de la littérature. Je ne pensais qu'une telle force était possible avec de simples mots avant de le découvrir. Son influence sur la littérature américaine contemporaine (Oates mais aussi Larry Brown, Jonathan Franzen, Paul West, Nick Flynn, Bret Easton Ellis, Russel Banks, Jim Harrison, Thomas Pynchon et j'en oublie...). Quand on pense que la littérature française contemporaine française est plus influencée par le Nouveau Roman que par Hugo ou Zola, on peut légitimement prendre peur et mesurer tout le fossé qui nous éloigne des Etats-Unis, en littérature cela s'entend... Faulkner, lui, a réussit à marier recherches stylistiques poussées et exigence d'une histoire digne de ce nom. Je finirai sur ces simples mots, familiers mais Ô combien éloquents: quel putain d'écrivain !!!!

Molki

Marya de Joyce Carol Oates

le 17/05/2007 à 17h12

      J.C. Oates est née en 1938. Traduite dans le monde entier, son oeuvre est publiée en France aux Editions Stock. Elle vit et enseigne à l'université de Princeton.

Oeuvres lues:

Délicieuses Pourritures
Nulle et Grande Gueule
Solstice
Viol: une histoire d'amour
Marya
: celui que j'ai préféré.

      Car Marya c'est l'auteur elle-même. Et l'on comprend mieux, à travers ce roman la part d'ombre de cette écrivain à l'écriture coup de poing qui décrit la noirceur des esprits, les violences quotidiennes sans ménagement pour son lecteur.

       Ici, une fois de plus, mort, solitude, agression, dépression sont la toile de fond de cette chronique de la vie de Marya qui, orpheline à l'âge de huit ans, atterrit chez un oncle et une tante qui ne sont pas vraiment le modèle de la famille idéale. Alors elle se réfugie dans les études, où elle réussit brillament.

        C'est un témoignage supplémentaire que les études et la littérature sont une bouée de sauvetage à laquelle on peut s'accrocher pour survivre dans un monde loin d'être idyllique. Marya vit dans sa tête et, arrivée à la fac, elle est forcément en décalage avec les codes de communication avec les autres. Heureusement que l'université est l'univers de ceux qui vivent aussi dans un monde-refuge, d'idées, de livres, d'études... Peu à peu, elle parvient à briser sa coquille et à se laisser approcher, mais rien n'est jamais simple dans l'univers de Joyce Carol Oates...

         J'avoue que cette écrivain me fascine par l'étendue de son oeuvre (80 romans environs, biographies, recueils de nouvelles, pièces de théâtre, essais...). Lorsqu'on ouvre un roman de J.C. Oates, on est tout de suite happé par l'histoire, par cette écriture percutante si particulière et il est très difficile, voire impossible, de quitter le livre en cours avant de l'avoir terminé. Je conseille de commencer par Nulle et Grande Gueule , roman de l'adolescence et de lire ensuite Délicieuses Pourritures pour pénétrer dans l'univers de cette écrivain qui bientôt remplira les étagères de votre bibliothèque, si ce n'est pas déjà le cas.

        Une des meilleures découvertes de ces dix dernières années dans mon exploration du monde merveilleux de la littérature.

 

 

 

 

Shalimar

Hommage à ma soeur

le 17/05/2007 à 16h29

        Il était temps que je prenne la plume et qu'à mon tour je rende hommage à Sev the Best, aussi connue sous les noms de Nob (Nobody's perfect) ou Sev tout court.


         Il était temps que je prenne la plume et que je rende hommage à ma soeur. Elle a récemment écrit un article intitulé "Hey Sisters !", je lui réponds.


          Oui tu es née, j'avais trois ans et demi et je t'ai détestée de venir me détrôner de ma place de petite reine. Oui, je t'ai fait subir le pire du pire. Les enguelades injustifiées, l'ignorance, le chantage; les menaces, les tortures... Oui, je t'ai entraînée dans toutes mes folies et mes plans foireux, oui je t'ai balancé un bol de chocolat à la figure...


         Mais je ne regrette pas que tu sois née aujourd'hui. Non, tu n'as pas été adoptée, tu es bien ma soeur. Tu es blonde-chatain, je suis brune; tu as un joli visage éclairé par de beaux yeux bleus et j'ai une mine de déterrée, blafarde avec des yeux noirs cachés derrière mes lunettes de myope; tu respires santé (heu bon évidement là t'es malade mais bon en général...) et joie de vivre et je suis un haricot dans un sweet toujoours déprimée. Tu es une Rigolus et je suis une Tristus. Cependant, nous avons en commun tellement de chose, notamment notre histoire que je ne raconterai pas car c'est juste à nous.


        Mon hommage consiste à m'incliner devant ta force de caractère qui fait que tu es toujours de bonne humeur, ta créativité qui t'a fait tenir un blog qui t'a apporté la reconnaissance de ton talent et des amis qui voient en toi la vraie Sev. T'as vu, pour une fois c'est moi qui t'ai copiée. J'ai fait un blog comme toi lol. merci d'être toujours au bout du fil, merci de m'avoir supportée, merci de m'avoir poussée, merci pour tout nos jeux et nos délires. Je n'aurais pas pu rêver d'une autre soeur que toi. Merci d'avoir été là à Rennes et à Kerpape, d'avoir répondu à mes lettres, à mes mails, d'écrire des articles qui me redonnent la pêche quand je suis déprimée, merci de faire des blagues à deux balles, merci d'être passée sur le blog pour y laisser tes commentaires. Tous ceux qui ont la chance de te connaître, de t'attendre chaque soir, de parler et de déconner avec toi, je les envie. Tu veux savoir qui est papa ? Regarde-toi et tu auras la réponse. Tu es bien la fille de ton père, et en plus tu es la seule à avoir ses yeux bleus. Toujours une connerie sur le bout de la langue, un projet sur le feu et les poches trouées, une paresse crasse mais un coeur gros comme ça.


         Je sais que où que tu sois, je ne te lâcherai pas les basques. Ce qui fait que toi et moi on sera toujours comme les deux doigts d'un Snikers, Mary-kate et Ashley, Paris et Nicky... MDR.


           On observe un moment de silence, on pense à ce que Sev nous a apporté et on dit merci.


Enfin, n'oublions pas le champignon qui pousse quelque part à Lanester grâce à qui nous pourrons reformer le pouvoir des trois lorsqu'elle sera en âge de comprendre... Vive les soeurs. Je déclare férié le 17 mai à présent devenu jour de la soeur.


(@=13) Oaar punapr, oan iblntr, wr g'nvzr.



Shalimar

Monsieur Noir, de Griffo et Dufaux

le 15/05/2007 à 21h04

Cette BD n'est pas de toute première jeunesse et pourtant... Elle reste toujours une grande réussite et un classique, tant sur le plan du dessin que du scénario. L'histoire débute tel un roman des soeurs Brontë (hé oui Shali...): une petite fille, orpheline, arrive chez son tuteur, l'intrigant Monsieur Noir, qui habite un immense manoir victorien. Et là, l'histoire prend vite un tournant inattendu: l'imposante demeure se révèle vite un inextricable labyrinthe rempli de chausses-trappes et d'habitants plus givrés les uns que les autres. On oscille constamment entre le pur burlesque et l'effroi total. Les dessins de Griffo y sont pour beaucoup, mélangeant teintes sombres et graphismes délirants.

 


Paru en 2 tomes dans la très bonne collection Aire Libre de chez Dupuis, Monsieur Noir est maintenant disponible en intégrale. Il ne faut surtout pas bouder son plaisir et lire avec une joie enfantine et coupable cette grande réussite du tandem Griffo-Dufaux. On ne peut qu'être happé par cette petite porte ouverte sur un univers mi-gothique, mi-fantastique. Il n'y a aucun temps mort et chaque image est plus belle que la précédente. Si seulement Griffo et Dufaux pouvaient vite nous refaire une série... Leur univers commun manque, dans une BD de plus en plus tendue vers le réel. Ce n'est pas un point négatif, loin de là, mais un peu de fantaisie, d'aventures, de suspens, le tout servi par des artistes incontournables du neuvième art, voilà qui fait de la grande, de la très grande BD. Et vous pouvez me faire confiance!!!


Molki

L'Attrape-Coeur

le 15/05/2007 à 09h58

     Roman de l'adolescence des années 50 le plus lu dans le monde entier. Ce qui veut dire que la plus part d'entre vous ont lu ce livre. Alors à quoi bon faire cet article ? Eh bien d'abord parce que j'ai tout simplement adoré ce roman et qu'il m'est plus facile de parler de ce que j'aime que de ce que je n'aime pas (ainsi est-il peut probable que je fasse une jour un article sur Marguerite D.) La seconde raison pour laquelle je fais cette petite critique, c'est que ma soeur s'envole bientôt pour New-York, qu'elle a lu ce livre comme moi et qu'Holden me fait penser un peu à Sev.

      Attention, je sais que ce livre sert de référence à beaucoup de tueurs en série qui s'identifient à Holden, imperméable à la société qui l'entoure, mais ce n'est pas cet aspect dont je parle en le comparant à ma soeur.


      J'aime cette histoire en premier lieu parce qu'il s'agit de celle d'un ado, et n'ayant pas encore véritablement intégré le monde des adulte, je me sens proche de ces héros de fiction qui ont du mal à quitter l'enfance. Pour Holden, l'enfance est encore dans les yeux de sa petite soeur.


       Ce qui fait la particularité de ce livre c'est l'écriture. Un ado qui parle comme un ado,qui écrit comme il parle et qui s'adresse au lecteur. Car chacun d'entre nous se retrouve dans ce gamin fugueur, la pression de l'école, le flou qui nous envahit lorsqu'on essaie d'imaginer l'avenir. Il se profile devant nous mais ne veut rien dévoiler de ses mystères. A nous de nous débrouiller pour savoir ce qu'on va devenir. Le doute mine le lecteur comme il mine Holden. Et parfois, on peut se sentir en total décalage avec la société et la sentir si lourde qu'on voudrait ne plus en faire partie.


       On a tous entendu ce titre : L'Attrape-Coeur , (parfois on confond avec Boris Vian et son Arrache-Coeur), mais J.D. Salinger c'est autre chose, c'est l'émotion et la folie à fleur de peau, à l'état sauvage. Ce bouquin est largement à la hauteur de sa célébrité, et si vous ne l'avez pas encore lu, dépechez-vous ! Il manque une oeuvre essentielle à votre bibliographie personelle !!! Vous allez être charmés, vous allez rire, mais vous allez pleurer alors préparer les Klinexs.  Un jour, j'ai ouvert ce livre, j'ai lu les 250 pages sans même faire une pause pipi, et quand je l'ai refermé, j'ai eu l'impression que ma vie avait changé. C'est ça la magie des livres...


Shalimar

Emilie Brontë

le 09/05/2007 à 23h13

   Lorsqu'on évoque le nom de Brontë, la plupart du temps on pense Charlotte et Jane Eyre. Pourtant les enfants de Maria et Patrick Brontë étaient six. Sur les six, deux seurs sont mortes, Maria et Elizabeth après un séjour dans une institution -bien décrite par Charlotte dans Jane Eyre- l'une de la tuberculose, l'autre d'effroi.


   Les quatre autres enfants ont survécu tant bien que mal: Charlotte, Emilie, Anne et Branwell le petit génie.


   Vivant dans un presbytère qui donnait sur un cimetière et sur la lande à perte de vue, ils se sont inventés un monde, nourris par les livres qu'ils trouvaient dans la bibliothèque de leur père. A dix ans, ils parlent politique, économie, théologie.


   Après la lecture de Hurlevent , j'ai ressentie une affection particulière pour son auteur, Emilie. A la différence de Charlotte, elle était tellement attachée à sa lande, qu'un séjour prolongé loin de chez elle, la faisait dépérire. Plus proche de ses animaux que des humains, elle avait un aspect sauvage et pourtant elle était très belle. Proche d'Anne, on disait qu'elles étaient comme jumelles. L'une s'inquiétait de la fragilité de l'autre, tandis qu'Anne se sacrifia pour qu'Emilie n'ait pas à quitter sa chère lande.



   Hurlevent est un chef-d'oeuvre romanesque qui nous plonge dans une atmosphère de passion, de violence; une ambiance inquiétante et cauchemardesque où plane la haine d'Heathcliff; enfant adopté qui n'aura de cesse de se venger de l'accueil qu'on lui a fait lors de son arrivée à Hurlevent, puis du traitement qu'il subira à la mort de son bienfaiteur. Hurlevent c'est aussi une passion impossible entre Heathcliff et sa "soeur" Catherine. Il n'y a aucun espoir et seule la mort apportera la paix à ces esprits tourmentés.


   Le fait est que l'on sent qu'une fatalité pèse sur eux et Emilie, fascinée par le mal, fait de son héros un personnage diabolique. Dans l'un de ses poèmes, écrit le jour de ses dix-huit ans, elle écrivait déjà que le mal était en chacun de nous et qu'elle le sentait jusque dans son coeur corrompu.



   Le plus fascinant est cette finesse du style, le réalisme des descriptions, tant des lieux que des comportements, pour quelqu'un qui n'a jamais vécu ce qu'elle écrit.


   Peut-être que je n'aurais pas dû écrire cet article. Emilie voudrait sans doute reposer en paix, que l'on cesse d'analyser sa vie, son oeuvre. Et pourtant, comment ne pas s'intéresser à cet être fragile que la tuberculose emporta à trente ans. Tant qu'il y aura des lecteurs, il y aura des admirateurs...

Shalimar

T'en vas pas.

le 09/05/2007 à 03h44

http://www.radioblogclub.fr/open/124346/t_en_vas_pas/t%27en%20vas%20pas

" Un seul être vous manque et tout est dépeuplé"

C'est ce que j'ai ressenti le 20 mars 1995 quand il est parti sans moi.

C'était un homme bon, de 36 ans, père de trois enfants. Grand et beau. Ses cheveux brun, parsemés de mèches blanches, malgrés son jeune âge, faisaient ressortir ses yeux bleus qui reflétaient une vive intelligence mêlée d'une sorte d'espièglerie qui faisait qu'il ne se prenait pas au sérieux. Ce qu'il prenait au sérieux, c'était le bien être des autres et l'éducation de ses enfants. Il était toujours juste, sévère, mais sans dépasser la mesure.

Grand orateur, il captivait son monde, passait d'un sujet à l'autre alliant les bons mots aux vérités éclatantes qui auraient pu me servir aujourd'hui, alors que je me sens si seule.

On ne s'éloigne pas de la littérature quand on évoque ce grand homme qui était un grand épistolier, en témoignent les lettres envoyées à ma mère, que j'ai lues de la première à la dernière. Quelle prose, quelle écriture, quel style !
Le monde a aussi perdu un poète et peut-être un écrivain. Tout à la fin du classeur de recettes de ma mère, j'ai retrouvé des ébauches de textes. Qui sait si nous ne sommes pas passés à côté d'un grand comédien. Ne partait-il pas à Paris pour entrer dans une troupe de théâtre lorsqu'il a rencontré celle qui allait être sa femme ? C'est que cet homme était un grand romantique. Avant ma mère, il a aimé une femme, Isabelle. Sur son épaule était tatoué "Une", puis le dessin d'une pensée (la fleur), puis sur son bras, "pour Isabelle". Et pour Isabelle, il a déserté l'armée... Le problème avec les tatouages, c'est qu'ils ne s'effacent pas et que ma mère ne s'appelait pas Isabelle. Aussi, lorsque mon père était en chemisette, on voyait "Isabelle" sur son bras et quand ils étaient reçus quelques part, la maîtresse de maison ne manquait jamais de dire "Isabelle, je suppose" en regardant ma mère. Pauvre maman...

Cela fait onze ans qu'il est parti. J'en avait treize alors et j'ai vécu auprès de lui les huit derniers mois de sa vie. L'évoquer dans ce blog me fait du bien car il me manque. Je ne cesse de revoir cette grande stature un peu enveloppée, dans son éternelle robe de chambre bordeaux et ses savates noires qu'il faisait traîner en marchant. Je ne peut pas oublier la façon qu'il avait de nous "engueuler": -Je vais t'claquer le baigneur, tu vas aller faire un stage à l'horizontal.

Aujourd'hui, on peut encore le citer et sourire entre nous. "Un glagla à cinq doigts" ou variante "Un steack à cinq branches". "J'en causerait à mon cheval quand il aura plus les oreilles dans le plâtre" disait-il quand il s'en foutait de ce qu'on était entrain de raconter pour se défendre, pour éviter une punition, "Me prend pas pour une bille"

Nous avions tous les trois un surnom. Moi, c'était La merdeuse, ma soeur, Madame Chierchier, et mon frère en a eu plusieurs: Marcel, Winspector chialeur...

Je ne peux pas oublier ces dimanche après midi, passés en voiture à faire le tour de la côtes (Morbihan) en écoutant Cabrel, Balavoine ou JJ Goldman son homonyme et:

 http://www.radioblogclub.fr/open/50189/rondo_veneziano/Rondo%20Veneziano%20-%20Feste%20veneziane.MP3

Cela rapellera à deux personnes, l'attente dans la voiture pas loin du Longchamp ou de chez Léonidas.

Jean-Jacques L.R. est une oeuvre littéraire, un héros de roman dès son enfance. Un grand rêveur, la tête pleine de projets, toujours ouvert au progrès, autodidacte, une référence plus que paternelle pour moi.

Aujourd'hui, on est loin des ballades dans la Nissan Micra gris métalisée, des blagues qui n'auraient jamais dues tomber dans nos chastes oreilles. Mais il reste en héritage une leçon: "Organisation, organisation, organisation" 

L'exemple de quelqu'un qui avait de la volonté, du courage et réponse à tout.

Shalimar

 

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