Biographie
Graham Joyce est né en 1954 et a grandi dans un village de mineurs près de Coventry (G.-B.). Il a étudié et enseigné la littérature anglo-saxonne avant de s’exiler sur une île grecque pour écrire son premier livre. Depuis 1991, dix romans et de nombreuses nouvelles (dont Les Nuits de Leningrad in Faux rêveur, Grand Prix de l’Imaginaire 2003) l’ont imposé au premier plan du fantastique, récompensé par quatre British Fantasy Awards et finalement le World Fantasy Award pour Lignes de vie. Il est à présent reconnu comme l’un des grands écrivains anglais contemporains au sein de la littérature générale.
« Une fresque sur la famille, l’amour, la guerre et la magie, aux personnages inoubliables. Il y avait longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant charmée. » Isabel Allende
« On ne lit pas seulement un roman de Graham Joyce, on vit à travers lui.» SFX
----- Original Message ----
From: "shalimar61@voila.fr" <shalimar61@voila.fr>
To: graham@grahamjoyce.net
Sent: Tuesday, 1 January, 2008 11:12:52 PM
Subject: A fan's mail of France
Hello,
First of all, I would like you to excuse my english, because, I'm French and I'll probably make a lot of mistakes on this message. As I don't know if you understand french, I've just tried to write in english.
My name is Audrey and I'm 26 years old. I've just finished to read The Stormewatcher, (in french it's been approximatively translated by "Waiting for the Storme". )
I'd already read The Facts of life. Actually, I read a lot but, there's not so many books which are so attractives (you know, those you can't stop reading during all the night).
It's very hard to write in english, I can't express all the things I would like to.
Anyway, this is just a mail to explain you how much I love your books and I suppose (and hope) this is always a pleasure for a writer when readers demonstrate their admiration.
I'll begin to read The limits of Enchantment tonight and I'm looking forward to devorate this new one.
This is not really a problem if you don't/can't answer to me . You must be a little busy and I suppose you receive a lot of letters/mails everydays. I just would like to say you you're one of my favorite writer and read one of your book is always a big source of pleasure.
I take the opportunity of this mail to wish you an happy new year! Have a great 2008's year.
Kind regards.
Audrey, book's devourer !
Il a répondu !!!!!! 


Hello Audrey
Thank you for your kind comments about my writing. I'm very pleased to have some readers in France and I do appreciate that you took a moment to write to me. I hope you like The Limits Of Enchantment at least half as much as the others!
Thank you again for writing.
Graham Joyce
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Visit author website at http://www.grahamjoyce.net
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Voici ce que je lis en ce moment. Cela ne nécessite aucun commentaire de ma part. L'article parle de lui même...
Shalimar.
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Bibliographie
En attendant l'orage
Une ferme restaurée de Dordogne, au cœur de l’été. Deux semaines de vacances pour James et Sabine, sa femme française, leurs deux filles Beth et Jessie et trois amis anglais. Des congés qui tournent à la tragédie et vont, en
quelques jours, balayer la toile de mensonges que tous ont patiemment tissée autour de leurs vies. À mesure que les relations des couples et des amis se tendent et révèlent leurs visages cachés, agressifs, serviles, manipulateurs ou
paranoïaques, la petite Jessie est de plus en plus perturbée et fait des commentaires équivoques et effrayants. Car l’un des membres du groupe donne secrètement d’étranges leçons à Jessie. Qui est ce mystérieux instructeur ? Quel but obscur poursuit-il ? L’atmosphère est tendue, sensuelle et inquiétante. L’orage approche… Un fascinant roman sur les secrets de l’âme humaine, le refoulement et le mensonge, que la presse a comparé à D.H. Lawrence et P. D. James pour son suspense et la qualité du traitement psychologique.
Fumée d'opium
La quarantaine bien avancée, une femme dont il est séparé, des enfants partis vivre leur vie : Danny se sent amer et solitaire.
Et lorsqu'il apprend que sa fille Charlotte a été arrêtée en Thaïlande pour trafic de drogue, il décide de partir sur place pour la ramener à la maison. Mais quand il arrive à la prison de Chang Mai, un nouveau mystère l'attend : la jeune femme incarcérée n'est pas sa fille, juste quelqu'un qui lui a « emprunté » son passeport dans un village à la frontière de la Birmanie.
Accompagné de son fils, devenu pour lui un étranger, et d'un ami de pub, Danny s'enfonce alors dans la jungle du Triangle d'Or, infestée de gangs, de trafiquants. Mais lorsqu'il finit par retrouver sa fille dans un village reculé, il découvre que celle-ci est sous l'emprise des esprits de la montagne...
Les Limites de l’Enchantement
Élevée en marge de la société par sa mère adoptive Maman Cullen, la jeune Fern n’ignore plus rien des mystères de la nature, des plantes et de leurs vertus, de la façon de mener un accouchement ou de provoquer des avortements… Mais que sait-elle du monde qui l’entoure? Des jaloux et des ingrats? Du désir et des hommes? De l’âge adulte et de ses responsabilités? Au-delà d’un conte singulier, Graham Joyce nous livre une chronique sociale d’une grande sensibilité, une histoire de femme dans l’Angleterre rurale des années 60 en pleine mutation. Un récit impressionniste qui fleure bon la terre et le folklore, heureuse rencontre entre Steinbeck, Seignolle et Lewis Carroll. Une histoire de secrets anciens et d’une vie nouvelle.
Lignes de Vie
Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale. Une famille de sept soeurs aux vies ordinaires... et extraordinaires. Des vies fondées sur la loyauté et la trahison, l'amour et la frustration, l'angoisse et l'espoir, dominées par la sagesse et les traditions d'une matriarche indomptable, truculente et terrible. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent, presque imperceptiblement, l'étrange et le merveilleux. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon d'un père inconnu et n'a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Comme elle est fantasque, imprévisible et sujette à des troubles mentaux, en bref « la dernière fille au monde à qui laisser la garde d'un enfant », la matriarche décide que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l'enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l'après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, qui semble avoir des dons surnaturels ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l'avenir... Et au coeur de leur histoire, il y a eu la nuit du bombardement de Coventry par la Luftwaffe. La jeune Cassie s'est trouvée en plein coeur de cette nuit d'horreur hallucinatoire et y a laissé son secret le plus précieux...
Requiem
La naissance est le commencement. La mort est la fin. Pour Tom Webster, c'étaient, les deux seules certitudes. Jusqu'à ce que la mort de sa femme vienne tout changer.
Incapable de surmonter son deuil, Tom décide de partir pour Jérusalem qu'ils avaient toujours voulu voir ensemble.
Mais la ville sainte est aussi le territoire des démons et des illusions, des mensonges et des légendes, des fantômes et des hallucinations. Et lorsqu'un étranger lui confie des fragments de manuscrits de la mer Morte, il commence à réaliser que ce qui le hante a pour origine non pas seulement la mort de sa femme, mais aussi une autre mort qui, quelque deux mille ans plus tôt, devait changer le monde, pour le meilleur et... pour le pire.
Rêves égarés
Las de la vie trépidante de Londres et du monde de la publicité, Kim et Mike, un couple d'anglais, décident de tout quitter pour aller s'installer en Grèce, dans une superbe villa sur l'île de Mavros.
Mais si les jours s'écoulent tout d'abord tranquillement, une atmosphère étrange, presque surnaturelle, s'installe peu à peu.
Des animaux tout droits sortis de l'Antiquité apparaissent. Et puis, il y a ces voix, qu'ils ont l'impression d'entendre directement dans leur tête, et dont ils n'osent se parler. Il ya enfin, caché dans la falaise, cet étrange bain d'eau claire et chaude, si chaude qu'on la dirait venue des Enfers, et dans laquelle on oublie tout...
Indigo
Vous qui souhaitez devenir invisible, sachez que la route est longue et semez d'embûches. D'abord il faudra apprendre à distinguer l'indigo.
Car vous ne l'avez jamais vu. Peut-être croyez-vous l'avoir déjà vu, mais tel n'est pas le cas.
Au sceptique je ne dirai qu'une chose : regardez le spectre ! Remarquez-y le rouge, le orange, le jaune, le vert, le bleu, et admettez que votre oeil passe du bleu au violet sans enregistrer de véritable dégradé entre les deux...
Et pourtant l'indigo existe bel et bien. Mais vous qui vous apprêtez à franchir les portes de la perception, attention aux dangers qui vous attendent. La folie et la mort ne sont jamais très loin...
L'Intercepteur de cauchemars
En Angleterre, ce n'est pas une petite souris qui vient chercher les dents de lait des enfants, mais une fée. Seulement, quand, cette nuit-là, le jeune Sam Southall se réveille et la découvre assise au bord de son lit, « Quenotte » n'a plus rien du personnage rassurant et sympathique des contes.
Est-elle bien réelle ou juste le produit de son imagination torturée ? Et dans quelle mesure est-elle responsable des catastrophes à venir ?
Car, de ce jour, la fée malveillante va accompagner Sam tout au long de son enfance, puis de son adolescence, jouant sur ses craintes, ses désirs et ses frustrations, semblant n'apparaître que pour le faire s'enfoncer un peu plus dans son cauchemar.
Sorcière ma soeur
Alex et Maggie Sanders mènent une vie des plus ordinaires, jusqu'à ce qu'ils découvrent au fond d'une vieille cheminée inutilisée le journal de Bella. A première vue, celui-ci paraît bien innocent : une liste de breuvages et de simples pour soigner les petits maux de tous les jours.
Mais Maggie est très vite convaincue que derrière les mots se cache un sens destiné à elle seule.
En essayant quelques recettes, elle pénètre dans un monde mystérieux auquel elle n'avait jamais cru, celui de la sorcellerie.
Et quand la défunte Bella revient, en quête d'une paix qu'elle n'a pas trouvée dans la tombe, Maggie sent qu'elle risque de perdre la raison et de détruire toute sa famille.
L’enfer du rêve
Cela avait débuté à la fois comme une expérience scientifique et comme une sorte de jeu. Le but : apprendre à contrôler ses rêves. Mais bientôt les étudiants voulurent aller un peu plus loin. Ils se donnèrent rendez-vous dans leurs rêves, commencèrent à les partager, à se retrouver au bord d'un petit lac. C'est à ce moment-là que les choses tournèrent au cauchemar, un cauchemar duquel ils ne pouvaient plus s'échapper. Peu à peu, le lac et ses environs se transformaient en un paysage de mort et de désolation. Peu à peu, ils s'enfonçaient dans la folie.
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Interview Graham Joyce - Mai 2007
Graham Joyce est le génial auteur de Lignes de Vie, En attendant l’Orage ou Les Limites de l’Enchantement. Petite interview...
ActuSF : Tout d’abord comment êtes-vous venu à l’écriture ? Quand vous êtes vous dit que vous vouliez être écrivain ?
Graham Joyce : J’étais poète tout d’abord. Puis j’ai peu à peu évolué. Puis je me suis aperçu en étudiant la vie des grands poètes, que la plupart d’entre-eux étaient des vraies merdes. Or il me semble plus important d’être un homme bien que d’être un bon écrivain. Quoi qu’il en soit, je viens d’un milieu ouvrier (mineurs) d’où il me semblait quelque peu prétentieux ou arrogant d’afficher des ambitions littéraires. Donc, pendant des années j’ai écris en secret. Puis, à ma grande stupéfaction, j’ai commencé à croire que je pourrais, pourquoi pas, être édité.
ActuSF : Comment travaillez-vous sur vos romans ? Vous êtes du genre à préparer un plan précis ?
Graham Joyce : Non. C’est une exhumation. Je ne sais pas comment chaque roman va sortir. C’est probablement pour ça qu’ils sont tous si différents.
ActuSF : Evoquons quelques uns de vos romans et d’abord En attendant l’Orage. Comment est née l’idée de ce roman ?
Graham Joyce : Avec un groupe d’amis, nous passions nos vacances d’été dans le Périgord. La maison avait une atmosphère étrange et le temps était bizarre lui aussi. Chaque matin il y avait de la brume de chaleur qui ne s’évanouissait que vers le milieu de la matinée. Puis il y avait des orages de chaleur que nous pouvions voir à des dizaines de kilomètres. C’était vraiment très différent d’un paysage d’été anglais. Un jour j’ai même vu un de mes amis parler à une des jeunes filles par l’intermédiaire d’un miroir. Mais je dois ajouter que toutes les personnes avec qui j’étais en vacances se sont admirablement biens comportées. Pas comme ceux dans le roman.
ActuSF : Parlez-nous de Jessie. C’est une petite fille très étrange qui fait parfois des choses assez bizarre comme se cogner la tête dans une porte. Comment la voyez-vous ?
Graham Joyce : Elle a une forme d’autisme, mais c’est une enfant qui échange tout de même. L’autisme existe comme un fantôme. Beaucoup de gens en sont atteint à des degrés moindres. Généralement sans le savoir.
ActuSF : La tension est vraiment très forte dans ce livre entre les protagonistes. Et pourtant on a l’impression que beaucoup de choses trouvent une solution (comme le père qui finalement revient). Est-ce que c’est parce que vous êtes un optimiste ?
Graham Joyce : Je suis un optimiste malgré tout et malgré les évidences. Mais si nous perdons l’espoir, autant laisser tomber, et laisser le genre humain dans sa détresse.
ActuSF : Le livre se passe en France. Vous ne pouvez donc pas échapper à cette question : Est-ce une région de la France que vous connaissez et appréciez et si oui pourquoi ? Est-ce que le fait que ça se passe en France avait une importance particulière ?
Graham Joyce : Je connais seulement le pays de mon séjour pendant ces vacances. C’est une région de la France qui est magnifique. Mais ça m’a fatigué d’entendre des anglais arrogants brailler à tous les coins de rue. S’ils n’avaient pas été aussi nombreux, j’aurai aimé m’y installer et y vivre. Je suis intrigué par la France et les français. Le fait de placer mon roman en France m’a permis de placer des commentaires au sujet de la conscience de classe et du snobisme anglais. Eléments qui ressortent d’autant plus quand les Anglais sont à l’étranger.
ActuSF : Un mot sur Les Limites de l’Enchantement. Là aussi comment est née l’idée de ce roman ?
Graham Joyce : Il y a plusieurs années, j’ai acheté une peinture d’une artiste des Midlands : Angela Harding. Il a été accroché au mur de mon salon pendant peut-être une douzaine d’années, attendant d’être compris. Cela s’appelait Écouter le lièvre et il y avait d’étranges messages païens à l’intérieur. Cela a pris un bon moment avant d’arriver jusqu’à moi, mais j’ai été exposé au merveilleux mystère de cette peinture chaque jour et il était inévitable que cela débouche sur une histoire.
ActuSF : Qu’est-ce qui vous séduisait dans L’Angleterre rurale de la fin des années 60 ?
Graham Joyce : En 1966, l’avortement est devenu légal en Angleterre. C’était une mesure déterminante pour la condition des femmes. Avant ça, celles issues des classes ouvrières devaient faire appel à des avorteurs d’arrière-cour ou à des « sages femmes » du voisinage. Tout ça dans le plus grand secret. Pour moi cette loi représente la ligne de partage entre la modernité et le passé. Les années 60 ont été une période d’incroyables changements sociaux. Il y avait encore des gens dans le pays qui vivaient comme il y a 150 ans. Fern est un personnage qui doit faire avec ce changement.
ActuSF : Les Limites de l’Enchantement et En attendant l’Orage ont une jeune fille comme héroïne. Est-ce difficile pour un écrivain adulte de se mettre dans la peau d’une jeune adulte pour raconter son histoire ?
Graham Joyce : Un écrivain essaie toujours de faire du neuf. Penser comme un enfant, voir ce monde aussi miraculeux qu’il le voit... cela fait partie du challenge. Que vous écriviez ou non pour des enfants. C’est le travail de l’écrivain de nous aider à voir les choses sous un nouveau jour. Peut-être que nous essayons toujours de retrouver le monde tel qui nous apparaissait quand nous étions enfants.
ActuSF : Parlons de Ligne de vie. C’est peut-être le roman qui a eu le plus de succès en France. Toujours la même question, comment est-il né dans votre esprit ?
Graham Joyce : Coventry est une cité étrange. C’était magnifique avant d’être bombardé pendant la guerre, et aujourd’hui c’est plutôt moche. Mais les fantômes de l’époque précédente hantent toujours la ville dans les décombres ou dans de petits fragments des ruines. J’ai voulu écrire sur ma propre ville.
ActuSF : Le petit Franck a un parcours assez particulier. Comment avez-vous construit la trame de l’intrigue ?
Graham Joyce : J’avais cette image d’un petit garçon grandissant dans cette ville aux mains des urbanistes qui se disputent sur la manière de construire une nouvelle cité. Et puis les femmes, également, se disputent sur la meilleure manière d’élever un enfant. De sorte que l’histoire est une succession de compromis et d’accidents.
ActuSF : Un critique disait qu’il retrouvait dans ce roman du Dickens, John Irving, Ian McEwan, Robertson Davies et Paul Auster. J’imagine que ça vous a fait plaisir et est-ce des auteurs importants pour vous ?
Graham Joyce : Eh bien Dickens est magnifique parce qu’il peut être si drôle dans des situations vraiment sérieuses. J’aime cette balance entre la légèreté et la gravité. John Irving a lui aussi cette fabuleuse qualité. Ian McEwan un peu moins : il n’a aucun humour. En fait il en avait à ses débuts, mais il l’a perdu à force de s’entendre dire quel écrivain considérable il était.
ActuSF : On dit souvent que vos romans sont très psychologiques ? Etes-vous d’accord avec ça ? Il s’y passe souvent énormément de chose mais dans la tête des héros.
Graham Joyce : Ils sont psychologiques c’est vrai, mais j’essaie de garder la porte ouverte à l’irrationnel. Certains lecteurs ont besoin de penser que tout est magique se passe dans la tête des personnages. Mais j’essaie de semer le doute. Je veux que le lecteur ne soit sûr de rien, parce que c’est là qu’il est le plus vulnérable à l’imaginaire.
ActuSF : Vos personnages ont des relations généralement très tendues. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ces conflits ? La manière de chacun de s’y confronter ou peut-être la manière dont les personnages se remettent en question et changent ?
Graham Joyce : Les personnages se définissent dans le conflit, pas dans la paix.
ActuSF : On parle en général de vos romans comme de récits aux limites du fantastique. Est-ce que vous en êtes conscient lorsque vous écrivez vos romans ou est-ce involontaire ?
Graham Joyce : Oui c’est intentionnel. Cela revient à ce que je disais à propos de la guerre entre le rationnel et l’irrationnel. Si vous voulez un roman - soi-disant –réaliste, et que vous investissez vos personnages de plus de pouvoirs que les forces qui les entourent, c’est absurde. Je veux parler des forces sociales et psychologiques. Pas de puissances surnaturelles. D’un autre côté, si vous ancrez votre roman profondément dans le fantastique, sans possibilité de sortir de cette tour d’ivoire de la Fantasy, vous donnez l’opportunité au lecteur de s’enfoncer trop confortablement dans l’idée que votre récit n’est rêve fabuleux. Aussi j’aime bien mélanger le réalisme avec le fantastique. Ni complètement dedans, ni complètement dehors.
ActuSF : Vous avez reçu plusieurs fois des prix et des distinctions. Est-ce que c’est important pour vous ? Est-ce que cela a une signification particulière ?
Graham Joyce : Eh bien, c’est vraiment très gratifiant, mais ça ne change rien à la manière dont je travaille, pas plus que ça ne le rend plus facile ou plus difficile. J’ai toujours le sentiment qu’aucun de mes romans n’est tout à fait comme je le voulais au départ, et les récompenses ne parviennent pas à me convaincre que j’ai fait mon boulot aussi bien que je l’aurais dû.
ActuSF : Tous vos romans sont assez différents. Est-ce que c’est parce que vous ne voulez jamais faire la même chose ?
Graham Joyce : C’est exactement ça. Ca doit être une exploration, quelque chose doit émerger de l’ombre petit à petit.
ActuSF : Vous donnez aussi des cours d’écriture à des étudiants. Est-ce que cela vous apporte quelque chose dans votre écriture à vous ?
Graham Joyce : Je n’espère pas. Souvent, en voulant trop rationaliser, on en vient à penser son roman avec la partie consciente de son cerveau, alors que la première ébauche devrait jaillir de l’inconscient. Aussi j’espère ne pas être étranglé en sur rationalisant le processus.
ActuSF : Y’a-t-il un conseil que vous pourriez donner aux jeunes auteurs français ?
Graham Joyce : Jetez toutes vos chaussettes et achetez-vous douze paires identiques. Cela vous épargnera des heures et des heures à fouiller votre tiroir à la recherche d’une paire non dépareillée. Autant de temps que vous pourrez mettre à profit pour écrire. Et vous en aurez besoin. La persévérance est aussi importante que le talent.
ActuSF : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Graham Joyce : Je viens juste de finir un nouveau roman. Il s’appelle : How To Make Friends With Demons.