Shali et Molki au pays des livres

Hugo ce héros...

le 26/01/2008 à 11h31

  

   Je ne peux décemment pas faire un blog littéraire sans parler de l'écrivain, ou plutôt du poète qui a changé ma vie. Oui Hugo est journaliste, épistolier, romancier, orateur etc. Mais c'est avant tout  un grand poète. J'ai découvert Les contemplations lorsque j'avais quatorze ans. C'est ainsi qu'est née mon histoire avec Victor. J'avais perdu mon père, il avait perdu sa fille. Nous aurions vécu à la même époque peut-être aurions nous trouvé consolation dans la présence de l'autre. C'est très présomptueux de ma part. Je ne suis rien, je n'ai rien accompli. Mais ce Titan s'est toujours tourné vers nous, pauvres fourmies écrasées par la vie trop lourde à porter. Il a pris un peu de notre fardeau à chacun, même après sa disparition et nous a rendu l'existence plus supportable. J'ai choisi de faire de Victor Hugo mon père de substitution. Tout le monde connait ce titre de film Mon père ce héros. C'est le début de l'un de ses poèmes : Après la bataille extrait de La légende des siècles.

Après la bataille

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,
Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.
C'était un Espagnol de l'armée en déroute
Qui se traînait sur le bord de la route.
Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié.
Et qui disait: "A boire ! à boire par pitié ! "
Mon père, ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,
Et dit: " Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. "
Tout à coup, au moment où le housard baissé
Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de maure,
Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,
Et vise au front mon père en criant: " Caramba !"
Le coup passa si près que le chapeau tomba
Et que le cheval fit un écart en arrière.
" Donne-lui tout de même à boire ", dit mon père.

  

  

   Cet exemple a produit sur le fils des effets prodigieusement positifs. Hugo, au XIXe siècle réclame l'égalité des sexes, dénonce la peine de mort, s'indigne devant les guerres et affirme les droits de l'enfant. On le menace: il s'exile. Il paie de sa personne et de ses propre deniers: il consacre aux plus pauvres un tiers de ses dépenses. A Guernesey, il fait servir pendant huit ans un repas hebdomadaire aux enfants miséreux et leur offre tous les vingt cinq décembre une fête avec des jouets.

 

   Je mets ici le lien du poème que je préfère par-dessus tout car il est très long:

http://poesie.webnet.fr/poemes/France/hugo/45.html

"Celui qui ouvre une porte d'école ferme une prison"

  

  

   Voilà pour les citations. L'oeuvre est trop prolifique pour que je puisse parler de tout et je crois que je n'aurai pas assez de ma vie entière pour lire tout ce qu'il a écrit, sans compter les dix-huit milles lettres que lui envoya Juliette Drouet, et tout ce que son entourage, les critiques, les admirateurs ont écrit sur lui. C'est un ensemble littéraire gigantesque sans précédent qui n'aura pas de descendent car il n'y aura jamais plus les conditions idéales pour faire naître au monde un géant tel que Victor Hugo. Un siècle de révolution, de lyrisme, de poète prophétique ce qui est en soit une expression pléonastique puisque poète en latin se dit "vates", "celui qui voit" (sous-entendu l'avenir).

  

   Oui c'est banal de dire que notre poète préféré c'est Victor Hugo car tout le monde le connaît, même hors de France. Mais si Victor Hugo est notre poète préféré parce qu'on connait par coeur Demain dès l'aube... ça n'a pas réellement de sens. Je n'écris pas cela pour dire que je l'aime vraiment et que les autres font semblant (quoi que parfois...) mais il faut être humble devant cet homme et lui rendre ce qu'il a donné. Un amour vrai qui passe à travers la lecture de ses écrits encore et encore pour en saisir toute la richesse.

Shalimar.

I have a dream...

le 26/01/2008 à 00h12




   Je fais le rêve de mettre tout le monde dehors, sur pause. Je fais le rêve que les téléphones n'existent plus, que les sonnettent se cassent et que les serrures se ferment. Je fais le rêve d'une complète solitude pour un temps indéterminé, loin du bruit de la vie humaine. Je fais le rêve d'un silence reposant et d'un tête-à-tête avec moi-même remis depuis si longtemps. Je fais le rêve de retourner chercher cette petite fille de neuf ans avant qu'elle ne commette l'irréparable pour lui dire qu'il y a pire que de se faire embêter par les petits cons de la colo. Je fais le rêve de la prendre sur mes genoux pour caresser ses cheveux encore doux et embrasser ses yeux encore innocents. Je l'emmènerai sur la plage et je lui raconterai que dans quatre ans quelqu'un disparaîtra pour toujours et que ce quelqu'un c'est son papa. Je fais le rêve de pouvoir lui dire combien elle aura mal mais qu'il ne faut pas qu'elle se perde dans sa douleur et qu'avec le temps le mal ne disparait pas mais s'atténue.


 

   Je fais le rêve de retrouver cette même petite fille lorsqu'elle aura douze ans et lui souffler à l'oreille les mots que je n'ai pas su prononcer devant ce papa qui allait bientôt partir. Je fais le rêve de lui donner un crayon et un livre pour l'armer contre le monde. Car tout le reste n'est que chimère contre l'amertume qui risque de venir à ses lèvres et à son coeur au fur et à mesure qu'elle grandira et qu'elle découvrira ce monde qu'elle idéalise encore: celui des adultes, qui rivalisent d'hypocrisie.

 

   Je fais le rêve de me trouver un jour sur ce pont d'où elle a sauté pour la retenir. Car cela n'aura servi à rien.



   Un jour, la vie s'en ira, d'elle-même, et je serai enfin en paix. Et s'il y a un autre monde, où tous les gens qui m'ont pourri l'existence croupissent, je deviendrai alors leur bourreau, le Diable personnifié et ils subiront mille tortures pour l'éternité. Je le jure, un jour, je me vengerai...

Shalimar.

Pfffou la grippe...

le 24/01/2008 à 16h56





   Une semaine et demi de grippe et voilà , je vais manquer le festival d'Angoulême, je suis dégoûtée. J'avais déjà tout prévu. Princesse et moi on avait réservé dans une jolie petite auberge (bien à l'avance pour que ce ne soit pas complet partout quand on voudrait venir). Un petit endroit charmant avec une piscine et un menu alléchant sur la carte du restaurant pour nous donner des forces qui nous auraient permis d'affronter le froid, l'attente et l'émotion de rencontrer nos auteurs préférés. D'autant que cette année il y a Yslaire. J'aurais pû me faire dédicasser mes albums de Sambre*. J'avais prévu aussi d'aller voir Loisel pour qu'il dédicasse la trilogie du Magasin Général* et Le Grand Mort* tome I. Il y avait aussi mon coup de coeur Chaque chose* de Neel à qui j'aurais aussi présenté mes albums de Lou* Il m'a déjà dédicassé le tome II. Mais Chaque chose est un peu différent de Lou et j'ai voté pour cet album (qui m'a fait verser des larmes), dans la sélection officielle. L'histoire de ce petit garçon qui suit son papa, ça m'a rappelé quelques souvenirs personnels. J'aurais voulu en parler avec l'auteur. Surtout que (c'est dégueulasse ce que je vais dire mais pourtant c'est vrai) mon fauteuil me permet de grapiller un peu de temps, d'avoir droit à des petites attentions particulières comme le bisou de Coyote il y a deux ans pour Les Voisins du 109*. Bon, mon problème, c'est que je suis d'une timidité excessive. L'année dernière au festival annuel du livre de Bron (Lyon), je devais rencontrer Geneviève Brisac. J'avais apporté Petite*et Angleterre*. J'avais plein de trucs à lui dire parce que j'avais l'impression, dans chacun de ces deux livres qu'elle racontait ma propre vie. Quand elle est arrivée au stande de la librairie Terre des Livres où j'aidais, je ne l'ai pas vue tout de suite, c'est Princesse qui m'a dit: "Elle est là". J'ai levé la tête et genre j'allais tomber dans les pommes. J'étais scotchée à mon fauteuil (c'est cas de le dire) la bouche ouverte d'admiration. Princesse m'a poussée jusqu'à elle et là "Merci Fabien" -le libraire de Terre des Livres- il m'a présentée en disant que j'étais une grande fan et que je l'attendais depuis le matin. J'en revenais pas. Moi, ce que je voyais c'était qu'elle était très belle et souriante. Une crinières de cheveux bruns tous frisés et un visage lumineux. Comme je n'avais plus de voix, je lui ai tendu mes deux livres. Elle me les a dédicassés tous les deux et elle m'a même donné son e-mail perso. Après quelques gargouillis, j'ai réussi à faire une phrase complète, genre sujet-verbe-complément et la conversation s'est enchaînée. Elle est vraiment très gentille. Comme l'héroïne de Petite, j'ai eu des petits problèmes d'anorexie et comme l'héroïne d'Angleterre je n'ai jamais vraiment eu d'ami à part mes bouquins, elle m'a encouragée en me disant que les choses changent quand on vieillit. Elle a même pris du temps sur la conférence qu'elle donnait juste après pour ne pas me larguer comme ça à la va vite. Une fois lancée, moi, je n'ai pas taris d'éloges sur ses livres. A la fin de la journée, elle est même repartie avec un dessin que je lui ai fait dans l'après-midi. Bon , je sais faire un dessin à la dame, à 24 ans, ça peut paraître ridicule, mais dans l'une de ses dédicasses elle avait écrit: " En attendant de vous lire...". Sauf que je n'écris pas, enfin pas des trucs publiables et elle avait tellement transformée ma journée, j'était tellement débordante d'affection pour elle que je ne voulais pas quelle reparte sans quelque chose de moi. Et tout ce que je sais faire de mes dix doigts c'est dessiner. Donc voilà la dame repartie avec un dessin de sa fan de 24 ans. Je me suis dis qu'au moins ça ne devait pas lui arriver tous les jours. Par la suite, j'ai imprimé et collé sa photo sur le mur de ma chambre, mais Merlin (mon chat) a fait ses griffes dessus il n'y a pas longtemps. Cependant, je n'ai pas dit mon dernier mot. Dès que ma soeur libère la chambre du fond, je recouvre les murs de mes écrivains préférés. Je n'ai jamais pu m'empêcher de recouvrir les murs des différentes chambres que j'ai occupées. A une période  appelée adolescence, j'ai mis des trucs dont j'ai honte et dont je ne dirai rien ici. Mais, même à l'hôpital, ma chambre a toujours été le reflet de mes goûts du moment. Maintenant, je ne peux plus mettre des posters d'Angelina Jolie ou de Brook Shield, rapport à Princesse. A la limite, des affiches de films avec Romy Schneider ou Audrey Hepburn (grâce à qui je ne m'appelle pas Marie), ça passe. Mais faut pas exagérer non plus. Du coup on met des images de chats ou de la Corse lol.




Mais du coup avec ma grippe, je reste dans mon lit et j'en ai tellement marre que je n'ai même plus envie de lire, je n'ai pas non plus envie de regarder la télé que je ne regarde déjà pas des masses d'ordinaire. L'autre soir, j'ai loué A ton image... Franchement, rien qu'en voyant le nom de Christophe Lambert au casting j'aurais dû laisser tombé. Princesse m'a téléphonée, après les 5 premières minutes et quand je lui ai dit ce que je regardais elle m'a prévenue que c'était nul. Mais comme je l'ai dit quelque part part, je suis Bretonne, pas têtue... Et donc, j'ai regardé le film en entier même si je me faisais carrément ch... euh, même si je m'ennuyais profondément. Pour ceux qui ne voit pas ce que c'est ce f.. oui film je raconte: il était une fois un monsieur et une dame (Christophe Lambert et  Nastassja Kinski) qui étaient amoureux et qui aurait voulu avoir un enfant, mais la dame était stérile alors le monsieur a fait faire un clone par un généticien peut scrupuleux de l'éthique. A part que la môme était mignone, pfffrrrp, c'est un peu beaucoup tiré par les cheveux et pas du tout crédible. L'idée de départ était sûrement bonne mais bon, il aurait fallut changer le casting, le scénario, la réalisation, bref faire un autre film lol.




   Et donc comme je ne peux quand même pas dormir 24/24, j'ai aussi commencé Moi, Charlotte Simmons de Tom Wolfe. Au début, j'accrochais bien mais là, au quarantième "fuck" et suite à la description de la manière dont il faut "évacuer" par un gosse à un autre, avec moult détails et 12 "fuck", je fais une petite pause.




    J'attends la guérison avec impatience, tout en écoutant les Chipmunks chanter Noël.




Shalimar.


*Tous ces titres méritraient un article particuliers pour chacun mais bon, une autre fois peut-être...

Mensonges

le 18/01/2008 à 16h56

   Il est bien agréable de se faire raconter des contes de fées quand on est petit, des histoires de petites souris qui viennent chercher nos dents la nuit, des histoires de cloches qui balancent des oeufs dans le jardin et la grand histoire du père Noël qui, chaque année, sur son traîneau, fait le tour du monde pour distribuer des cadeaux. Ce sont les mensonges qui font rêver les enfants. Certains se font même un plan de carrière vers cinq ans: "Moi je serai lutin du père Noël ! Ouais !!!" (bon ça va, je ne suis sûrement pas la seule à avoir voulu faire ça quand même). Y avait que des avantages. La sécurité de l'emploi sans être fonctionnaire. La mutuelle, tu parles, avec ses pouvoirs magiques le père Noël il te soigne en un rien de temps. Pas de frais de déplacement. Tu es assis à côté de lui et tu te fais le tour du monde en 24 heures. C'est mieux que Philéas et moins violent que Jack Bauer. Ouais sauf que le père Noël... Bon je dis rien au cas où il y aurait des mômes précoces en visite sur mon blog. Et puis de l'écrire, c'est comme en rajouter une couche

   Première décéption de la vie et tout un plan de carrière à revoir [après je suis passée à concertiste piano solo genre Hélène Grimaud, même si je ne la connaissais pas encore en 6e, puis docteur en recherche, pour finir par ce que toutes les petites filles veulent être... euh non pas Priscilla...(j'ai 26 ans, quand j'étais petite, les filles jouaient à la maîtresse), donc euh oui, prof. La sécurité de l'emploi, la MGEN etc.]

 

 

   A 26 ans on a déjà un sacré paquet de mensonges derrière soi et on a appris à les distinguer, à s'en servir pour notre propre compte et ensuite à adhéré ou non a la mythomanie collective qui enraye pas mal le contrat de confiance qu'on pourrait établir avec notre entourage. (Non, cette fois Darty n'y est pour rien. Juste cette fois). Je ne vais pas mentir, j'ai beaucoup menti dans ma vie. ( Ben comment on peut te croire alors ? Ben parce t'as aussi beaucoup menti dans ta vie...).
Genre voix d'outre-tombe, la veille d'un contrôle de math ou d'un cours d'EPS
(Education Physique et Sportive hum no coment):

"- Maman, j'ai mal à la tête, j'ai pris ma température et regarde...
- 42.6 ! Bon bah on va appeler le SAMU là, parce que tu devrais déjà être dans le coma"
Eh merde, trop forte l'ampoule MDR.

   

   Ca c'est le mensonge pardonnable parce que bon les cours de sport avec Mme Toullec ou M. Cochet bonjour. Enfin non plutôt au revoir à jamais.

  

   Il y a aussi le mensonge qui ne sert strictement à rien.
"-Ouais aujourd'hui en sport (je sais, il s'en passe des trucs en sport, ça nous traumatise), le prof il appelle un mec il lui dit "Ecarte les jambes". Le mec il le fait et là le prof lui dit "C'est bizzare je vois pas le cordon de ton Tampax. Allez, 20 pompes et arrête de te foutre de ma gueule"
- Euh *****, j'ai été voir le film avec toi je te signale. Alors, je sais que c'est une réplique et que tu nous montes un bobard là"

   Et là, évidemment c'est la honte pour l'auteur du mensonge en question surtout s'il y a du monde avec nous. Mais ce n'est pas bien grave. Juste un peu de cette mythomanie qui nous touche tous.

  

   Parfois, il y a le mensonge boomrang ( celui qu'on se reprend dans les dents). Quand j'étais en terminale, j'avais dit à ma mère que j'avais cours le mercredi matin parce que je n'avais pas envie de me taper le ménage et la bouffe ce jour là. Et dès qu'elle partait au boulot, moi j'allais au ciné avec ma carte UGC et je rentrais le midi, pile comme si j'étais revenue du lycée. Et puis un midi, ma soeur me parle d'un film et moi je fonce droit dans le mur:

"- Ouais, il est trop bien, je suis allée le voir ce mat..."
On était mercredi... Ma mère saute sur l'occase (tu penses):
"- T'étais pas en cours toi ce matin ?
- Ben si mais la prof d'Histoire était absente alors j'suis allée au ciné" (Vachement crédible).
- Tu me prends pour une imbécile, tu crois que je sais pas que tu sèche le lycée ? (Attention mes amis là c'est du sérieux, elle prêche le faux pour savoir le vrai. Parce qu'il est évident que si elle s'était doutée ne serait-ce qu'une minute que je séchais le lycée, y a longtemps qu'elle me l'aurait fait savoir. Et si je veux garder mes mercredi matins de libre va falloir la jouer fine).
- Ben en fait, ce matin, je me sentais pas bien et j'ai pas eu envie d'aller en cours.
- Quand tu seras au boulot, que tu ais envie ou pas tu seras bien obligée d'y aller. Monte dans ta chambre, range moi ton merdier et tu mets plus le nez dehors jusqu'à mercredi prochain. A part pour aller en cours bien sûr"

   Bon si on réfléchit bien, j'ai été punie pour avoir séché un cours que je n'avais pas, mais si on refléchit encore plus, on voit qu'elle ne se doutait toujours pas que je lui avais donné un faux emploi du temps et comme je ne sortais jamais ou presque, autant dire que la punition a été quasi nulle. Et le mercredi suivant je suis allée voir Monstre et compagnie.

  

   Jusque là, je n'ai parlé que de mensonges au dénouement drôle et sans conséquence. Ceux-là me font marrer. Il y a aussi les mensonge de nécessité. Quand je rencontre quelqu'un pour cinq minute et qu'il me demande pourquoi je suis en fauteuil roulant, je ne dis pas "Parce que j'ai sauté d'un pont", mais "Oh un accident y a longtemps". Ca met tout de suite les gens plus à l'aise et moi avec. En revanche quand on me demande qui est la fille sur mon portable, je dis "Ma princesse". Il y a ceux qui comprenne tout de suite et les plus lent :
"- Ta quoi ?
- Ma poussinette, ma bichette, ma chérie, mon amoureuse, ma femme quoi !
- Ah parce que t'es (blocage sur "quel mot on utilise?")...
- Oui, je suis lesbienne. Ca ne te choques pas ?
- Non. (BIPBIP mensonge ! Ton nez s'allonge !). "

   Et la le mec il fait une tronche genre  et dans ça tête ça défile ("Elle est handicapée et gouine ! Putain ça doit pas être facile tous les jours...). Je déteste ce genre de blaireau hypocrite. Autant dire tout de suite qu'il est gêné et qu'il préfère partir ! Mais bon, il paraît que ça s'fait pas... Tu parles.

  

   Enfin, il ya les vrais mensonges qui font du mal et là, on est loin du père Noël. D'abord, il y a ceux qui inventent des excuses pour ne pas t'appeler, venir te voir etc. Il y a ceux qui te font mille et un sourirs style "je t'adore" et qui te détestent. Moi quand j'aime pas quelqu'un ça se voit et je vais pas aller lui faire des risettes. Il paraît que je ne suis pas assez "diplômate". Si le diplômate en question est un cousin à hypocrite alors effectivement je ne le suis pas du tout. Ca doit venir du "ma puce" hypocrite qu'une certaine personne nous sert quand y a du monde. (Ou nous servait, peut-être que maintenant les choses ont changé et qu'il est plus sincère). Et puis il y a cette éternelle histoire entre Pierre, Paul et Jacques.

  

  

   Il y a beaucoup de tensions entre eux trois et quand Pierre n'est pas là, alors Paul et Jacques médisent sur Pierre. Tous les deux d'accord sur le fait qu'il exagère. Quand c'est Paul qui est absent, Pierre et Jacques n'en finissent plus de parler de lui et pas en bien. Si c'est Jacques qui n'est pas là c'est sur son dos qu'on déblatère. Ensuite Paul va aller dire à Pierre que Jacques dit du mal de lui au moment même où Jacques lui disait que Paul les montait l'un contre l'autre. Pierre qui a une grande habitude du mensonge sait que les deux ont raison. Paul dit du mal de lui et Jacques aussi et lui Pierre, il dit du mal des deux, suivant avec qui il se trouve.
   Morale, ne pas écouter les médisances et ne croire qu'en soit.

Shalimar.

    

Joyeux anniversaire moi...

le 07/01/2008 à 11h22

   Bon, mon anniversaire c'est demain, mais... Ce matin, l'interphone sonne, je réponds et une voix me dit "Désolée, c'est le facteur".  Faut pas être désolée ma petite dame, parce que ce que tu vas mettre dans ma boite aux lettres c'est mon cadeau d'anniversaire !!!  (enfin, mes cadeaux d'anniversaire et de Noël, de la part de ma maman et de mon beau-père qui sont loin, en Bretagne...).

Hop ! Je prends mes clefs et l'ascenceur, je prends l'énorme carton Amazone qui se trouve dans ma boite aux lettres et complètement surexitée, je remonte chez moi. Heu, en fait, je sais déjà ce qu'il y a dans ce paquet, parce que j'ai dit à ma mère exactement ce que je voulais.

Silence, moment délicieux de l'ouvrage des paquets et youhou !!!
Le quatrième tome de la série des Thursday Next de Jasper Fforde : Sauvez Hamlet! (qui n'est même pas encore à la Fnac !!) et Requiem du grand Graham Joyce  (Ben oui, je ne les ai pas encore tous hein) Là, je suis en train de lire Les Limites de l'Enchantement et c'est carrément génial. Il n'y a pas d'autre mot. De toute façon, je ne suis jamais déçue avec G.J.

J'ai commencé avec Ligne de vie : une pure merveille. Dévoré d'une traite. Juste avant Les Limites de l'Enchantement, j'ai lu En attendant l'orage, idem. Incapable de décrocher du bouquin. Je ne suis jamais déçue par Monsieur Joyce, qui a quand même pris la peine de répondre à un mail que je lui ai envoyé. Il faut vous y mettre, je vous promets que vous allez adorer.

En ce qui concerne Jasper Fforde, il est la preuve que tous les livres du monde sont sur un réseau de file littéraire aléatoire mais qu'ils sont tous liés et qu'à partir d'un roman on passe à un autre avec une sorte de logique qu'il est difficile d'expliquer mais qui nous fait comprendre que l'univers des livres est vaste et plein de surprises. L'an dernier, j'avais Les Hauts de Hurlevent au programme en Littérature comparée. Choc littéraire qui m'a fait lire la bio d'Emilie Brontë par Jane Champion. Je suis devenue une passionnée de la famille Brontë avec une grande préférence pour Emilie même si j'avais aussi lu Jane Eyre quand j'étais en cinquième (non, ce n'était pas au programme, z'imaginez la tronche de ceux qui n'aiment pas lire ? Rien qu'au volume du bouquin ils auraient fait grève MDR) Le CDI était bien fourni c'est tout. Enfin bref, me voyant à ce point passionnée, ma princesse m'emprunte au CDI du lycée où elle enseigne L'Affaire Jane Eyre de Jasper Fforde et me voilà plongée dans les aventures de Thursday Next, Ospect, dont le métier est de s'assurer que tout se passe pour le mieux dans l'univers des livres. Et après avoir sauvé Jane Eyre d'un enlèvement, elle va commencer à se ballader dans les bouquins grâce à la Miss Haversham des Grandes Espérances... Je n'en dis pas plus. Un roman où les personnages principaux sont d'autres romans, c'est-y pas une bonne idée ?

Franchement, qu'est-ce que je ne donnerais pas pour pouvoir entrer dans un livre et taper la converse avec mes personnages favoris (soupir).

Enfin, je vais donc pouvoir me plonger à nouveau dans les aventures de la grande Thursday sans qui, jamais Jane et William n'auraient pu vivre librement leur amour. Et qu'y a-t-il de pire que de ne pas pouvoir être libre d'aimer et d'être aimé...

Je vous laisse, j'ai de la lecture qui m'attend. Je reviendrai vous dire comment c'était.

Shalimar.

 


    Hé oui! Je suis de retour sur ce blog et pour longtemps j'espère. Le boulot, pas Internet à Fontainebleau, où j'ai été mutée (mais j'espère bien revenir vite à Lyon), la fatigue, le temps pourri... Bon, c'était pas une période fantastique. Mais j'ai beaucoup lu, donc j'ai beaucoup de choses à écrire.


    Première nouvelle: je me suis remise au polar et c'est fou ce que ça fait du bien!!!! J'ai découvert une fantastique collection, Actes Noirs, la collection policière d'Actes Sud. Et, comme toujours chez Actes Sud, la politique éditoriale est parfaite: originale, du talent, du style... Tout le monde pense évidemment à Stieg Larsson et Millenium, une trilogie formidable et déjà best-steller (mais là, c'est plus que mérité).


    Je consacre l'article de mon retour à un polar allemand (voilà de l'originalité!) impossible à lâcher avant d'avoir lu les derniers mots. La ferme du crime est un petit chef d'oeuvre. De narration et de construction tout d'abord. Les différents narrateurs se succèdent pour nous conter la terrible histoire de cette famille de fermiers bavarois retrouvée massacrée. Jamais nous ne sommes perdus, jamais les voix ne se superposent: c'est une prouesse littéraire. Le suspens est sans cesse maintenu: notre attention ne se relâche jamais et c'est le premier indice d'un polar réussi. Là où l'auteur fait preuve d'intelligence et de virtuosité, c'est lorsqu'elle mêle ce meurtre peu banal et l'histoire personnelle et plutôt sordide de cette terrible famille. Là, on touche au très bon bouquin. Le chef d'oeuvre, on le trouve dans la toile de fond de l'intrigue: l'après-guerre dans Allemagne de 45, un pays détruit, vaincu, honteux et revanchard...


    La peinture sociale est formidable, l'intrigue passionnante et le style original, surtout pour un polar. Ce livre est à dévorer de toute urgence!! Seul problème: il est bien trop court! Mais Andrea-Maria Schenkel doit bientôt sortir un nouveau titre chez Actes Noirs... Maintenant, il suffit d'attendre... Et ce sera long!

Molki

 

La ferme du crime  de Andre-Maria Schenkel, Actes Sud, collection Actes Noirs, 2008.


 

Graham Joyce

le 02/01/2008 à 02h04

                                                                                            

Biographie

  Graham Joyce est né en 1954 et a grandi dans un village de mineurs près de Coventry (G.-B.). Il a étudié et enseigné la littérature anglo-saxonne avant de s’exiler sur une île grecque pour écrire son premier livre. Depuis 1991, dix romans et de nombreuses nouvelles (dont Les Nuits de Leningrad in Faux rêveur, Grand Prix de l’Imaginaire 2003) l’ont imposé au premier plan du fantastique, récompensé par quatre British Fantasy Awards et finalement le World Fantasy Award pour Lignes de vie. Il est à présent reconnu comme l’un des grands écrivains anglais contemporains au sein de la littérature générale.

« Une fresque sur la famille, l’amour, la guerre et la magie, aux personnages inoubliables. Il y avait longtemps qu’un roman ne m’avait pas autant charmée. » Isabel Allende
 

 

« On ne lit pas seulement un roman de Graham Joyce, on vit à travers lui.» SFX

 

 

 ----- Original Message ----
From: "shalimar61@voila.fr" <shalimar61@voila.fr>
To: graham@grahamjoyce.net
Sent: Tuesday, 1 January, 2008 11:12:52 PM
Subject: A fan's mail of France

Hello,

First of all, I would like you to excuse my english, because, I'm French and I'll probably make a lot of mistakes on this message. As I don't know if you understand french, I've just tried to write in english.

My name is Audrey and I'm 26 years old. I've just finished to read The Stormewatcher, (in french it's been approximatively translated by "Waiting for the Storme". )  

I'd already read The Facts of life. Actually, I read a lot but, there's not so many books which are so attractives (you know, those you can't stop reading during all the night).

It's very hard to write in english, I can't express all the things I would like to.
 
Anyway, this is just a mail to explain you how much I love your books and I suppose (and hope) this is always a pleasure for a writer when readers demonstrate their admiration.
 
I'll begin  to read The limits of Enchantment tonight and I'm looking forward to devorate this new one.
 
This is not really a problem if you don't/can't answer to me . You must be a little busy and I suppose you receive a lot of letters/mails everydays. I just would like to say you you're one of my favorite writer and read one of your book is always a big source of pleasure.
 
I take the opportunity of this mail to wish you an happy new year! Have a great 2008's year.
 
Kind regards.
 
Audrey, book's devourer !

 Il a répondu !!!!!!    

Hello Audrey
Thank you for your kind comments about my writing.  I'm very pleased to have some readers in France and I do appreciate that you took a moment to write to me.  I hope you like The Limits Of Enchantment at least half as much as the others!
Thank you again for writing.
Graham Joyce
 

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Visit author website at http://www.grahamjoyce.net

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 Voici ce que je lis en ce moment. Cela ne nécessite aucun commentaire de ma part. L'article parle de lui même...

Shalimar.

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 Bibliographie

 


En attendant l'orage

 

 
Une ferme restaurée de Dordogne, au cœur de l’été. Deux semaines de vacances pour James et Sabine, sa femme française, leurs deux filles Beth et Jessie et trois amis anglais. Des congés qui tournent à la tragédie et vont, en
quelques jours, balayer la toile de mensonges que tous ont patiemment tissée autour de leurs vies. À mesure que les relations des couples et des amis se tendent et révèlent leurs visages cachés, agressifs, serviles, manipulateurs ou
paranoïaques, la petite Jessie est de plus en plus perturbée et fait des commentaires équivoques et effrayants. Car l’un des membres du groupe donne secrètement d’étranges leçons à Jessie. Qui est ce mystérieux instructeur ? Quel but obscur poursuit-il ? L’atmosphère est tendue, sensuelle et inquiétante. L’orage approche… Un fascinant roman sur les secrets de l’âme humaine, le refoulement et le mensonge, que la presse a comparé à D.H. Lawrence et P. D. James pour son suspense et la qualité du traitement psychologique.
        

   
Fumée d'opium

  
 
La quarantaine bien avancée, une femme dont il est séparé, des enfants partis vivre leur vie : Danny se sent amer et solitaire.
Et lorsqu'il apprend que sa fille Charlotte a été arrêtée en Thaïlande pour trafic de drogue, il décide de partir sur place pour la ramener à la maison. Mais quand il arrive à la prison de Chang Mai, un nouveau mystère l'attend : la jeune femme incarcérée n'est pas sa fille, juste quelqu'un qui lui a « emprunté » son passeport dans un village à la frontière de la Birmanie.
Accompagné de son fils, devenu pour lui un étranger, et d'un ami de pub, Danny s'enfonce alors dans la jungle du Triangle d'Or, infestée de gangs, de trafiquants. Mais lorsqu'il finit par retrouver sa fille dans un village reculé, il découvre que celle-ci est sous l'emprise des esprits de la montagne...

 

 Les Limites de l’Enchantement
   
 


 
Élevée en marge de la société par sa mère adoptive Maman Cullen, la jeune Fern n’ignore plus rien des mystères de la nature, des plantes et de leurs vertus, de la façon de mener un accouchement ou de provoquer des avortements… Mais que sait-elle du monde qui l’entoure? Des jaloux et des ingrats? Du désir et des hommes? De l’âge adulte et de ses responsabilités? Au-delà d’un conte singulier, Graham Joyce nous livre une chronique sociale d’une grande sensibilité, une histoire de femme dans l’Angleterre rurale des années 60 en pleine mutation. Un récit impressionniste qui fleure bon la terre et le folklore, heureuse rencontre entre Steinbeck, Seignolle et Lewis Carroll. Une histoire de secrets anciens et d’une vie nouvelle.
   

 

Lignes de Vie



   
Coventry, durant la Seconde Guerre mondiale. Une famille de sept soeurs aux vies ordinaires... et extraordinaires. Des vies fondées sur la loyauté et la trahison, l'amour et la frustration, l'angoisse et l'espoir, dominées par la sagesse et les traditions d'une matriarche indomptable, truculente et terrible. Des vies simples et émouvantes auxquelles se mêlent, presque imperceptiblement, l'étrange et le merveilleux. Cassie, la plus jeune des soeurs, a eu un petit garçon d'un père inconnu et n'a pas eu le courage de le céder à des parents adoptifs. Comme elle est fantasque, imprévisible et sujette à des troubles mentaux, en bref « la dernière fille au monde à qui laisser la garde d'un enfant », la matriarche décide que le petit Frank sera élevé par chacune des soeurs, à tour de rôle. Ainsi l'enfant sera-t-il le témoin privilégié de ces vies aux lignes si différentes, dans les drames et les illusions de l'après-guerre. Mais Frank est un enfant particulier, qui semble avoir des dons surnaturels ; comme sa jeune mère, sensible à des signes invisibles ; comme sa grand-mère, parfois visitée par des apparitions lui annonçant l'avenir... Et au coeur de leur histoire, il y a eu la nuit du bombardement de Coventry par la Luftwaffe. La jeune Cassie s'est trouvée en plein coeur de cette nuit d'horreur hallucinatoire et y a laissé son secret le plus précieux...


Requiem


 


 
La naissance est le commencement. La mort est la fin. Pour Tom Webster, c'étaient, les deux seules certitudes. Jusqu'à ce que la mort de sa femme vienne tout changer.
Incapable de surmonter son deuil, Tom décide de partir pour Jérusalem qu'ils avaient toujours voulu voir ensemble.
Mais la ville sainte est aussi le territoire des démons et des illusions, des mensonges et des légendes, des fantômes et des hallucinations. Et lorsqu'un étranger lui confie des fragments de manuscrits de la mer Morte, il commence à réaliser que ce qui le hante a pour origine non pas seulement la mort de sa femme, mais aussi une autre mort qui, quelque deux mille ans plus tôt, devait changer le monde, pour le meilleur et... pour le pire.


Rêves égarés



 
Las de la vie trépidante de Londres et du monde de la publicité, Kim et Mike, un couple d'anglais, décident de tout quitter pour aller s'installer en Grèce, dans une superbe villa sur l'île de Mavros.
Mais si les jours s'écoulent tout d'abord tranquillement, une atmosphère étrange, presque surnaturelle, s'installe peu à peu.
Des animaux tout droits sortis de l'Antiquité apparaissent. Et puis, il y a ces voix, qu'ils ont l'impression d'entendre directement dans leur tête, et dont ils n'osent se parler. Il ya enfin, caché dans la falaise, cet étrange bain d'eau claire et chaude, si chaude qu'on la dirait venue des Enfers, et dans laquelle on oublie tout...

Indigo

 


 
 Vous qui souhaitez devenir invisible, sachez que la route est longue et semez d'embûches. D'abord il faudra apprendre à distinguer l'indigo.
Car vous ne l'avez jamais vu. Peut-être croyez-vous l'avoir déjà vu, mais tel n'est pas le cas.
Au sceptique je ne dirai qu'une chose : regardez le spectre ! Remarquez-y le rouge, le orange, le jaune, le vert, le bleu, et admettez que votre oeil passe du bleu au violet sans enregistrer de véritable dégradé entre les deux...
Et pourtant l'indigo existe bel et bien. Mais vous qui vous apprêtez à franchir les portes de la perception, attention aux dangers qui vous attendent. La folie et la mort ne sont jamais très loin...


 
L'Intercepteur de cauchemars

 
 
  En Angleterre, ce n'est pas une petite souris qui vient chercher les dents de lait des enfants, mais une fée. Seulement, quand, cette nuit-là, le jeune Sam Southall se réveille et la découvre assise au bord de son lit, « Quenotte » n'a plus rien du personnage rassurant et sympathique des contes.
Est-elle bien réelle ou juste le produit de son imagination torturée ? Et dans quelle mesure est-elle responsable des catastrophes à venir ?
Car, de ce jour, la fée malveillante va accompagner Sam tout au long de son enfance, puis de son adolescence, jouant sur ses craintes, ses désirs et ses frustrations, semblant n'apparaître que pour le faire s'enfoncer un peu plus dans son cauchemar.

Sorcière ma soeur



 
Alex et Maggie Sanders mènent une vie des plus ordinaires, jusqu'à ce qu'ils découvrent au fond d'une vieille cheminée inutilisée le journal de Bella. A première vue, celui-ci paraît bien innocent : une liste de breuvages et de simples pour soigner les petits maux de tous les jours.
Mais Maggie est très vite convaincue que derrière les mots se cache un sens destiné à elle seule.
En essayant quelques recettes, elle pénètre dans un monde mystérieux auquel elle n'avait jamais cru, celui de la sorcellerie.
Et quand la défunte Bella revient, en quête d'une paix qu'elle n'a pas trouvée dans la tombe, Maggie sent qu'elle risque de perdre la raison et de détruire toute sa famille.



L’enfer du rêve



  Cela avait débuté à la fois comme une expérience scientifique et comme une sorte de jeu. Le but : apprendre à contrôler ses rêves. Mais bientôt les étudiants voulurent aller un peu plus loin. Ils se donnèrent rendez-vous dans leurs rêves, commencèrent à les partager, à se retrouver au bord d'un petit lac. C'est à ce moment-là que les choses tournèrent au cauchemar, un cauchemar duquel ils ne pouvaient plus s'échapper. Peu à peu, le lac et ses environs se transformaient en un paysage de mort et de désolation. Peu à peu, ils s'enfonçaient dans la folie
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Interview Graham Joyce - Mai 2007

 

Graham Joyce est le génial auteur de Lignes de Vie, En attendant l’Orage ou Les Limites de l’Enchantement. Petite interview...

 

ActuSF : Tout d’abord comment êtes-vous venu à l’écriture ? Quand vous êtes vous dit que vous vouliez être écrivain ?
Graham Joyce :
J’étais poète tout d’abord. Puis j’ai peu à peu évolué. Puis je me suis aperçu en étudiant la vie des grands poètes, que la plupart d’entre-eux étaient des vraies merdes. Or il me semble plus important d’être un homme bien que d’être un bon écrivain. Quoi qu’il en soit, je viens d’un milieu ouvrier (mineurs) d’où il me semblait quelque peu prétentieux ou arrogant d’afficher des ambitions littéraires. Donc, pendant des années j’ai écris en secret. Puis, à ma grande stupéfaction, j’ai commencé à croire que je pourrais, pourquoi pas, être édité.

ActuSF : Comment travaillez-vous sur vos romans ? Vous êtes du genre à préparer un plan précis ?
Graham Joyce : Non. C’est une exhumation. Je ne sais pas comment chaque roman va sortir. C’est probablement pour ça qu’ils sont tous si différents.

ActuSF : Evoquons quelques uns de vos romans et d’abord En attendant l’Orage. Comment est née l’idée de ce roman ?
Graham Joyce :
Avec un groupe d’amis, nous passions nos vacances d’été dans le Périgord. La maison avait une atmosphère étrange et le temps était bizarre lui aussi. Chaque matin il y avait de la brume de chaleur qui ne s’évanouissait que vers le milieu de la matinée. Puis il y avait des orages de chaleur que nous pouvions voir à des dizaines de kilomètres. C’était vraiment très différent d’un paysage d’été anglais. Un jour j’ai même vu un de mes amis parler à une des jeunes filles par l’intermédiaire d’un miroir. Mais je dois ajouter que toutes les personnes avec qui j’étais en vacances se sont admirablement biens comportées. Pas comme ceux dans le roman.

ActuSF : Parlez-nous de Jessie. C’est une petite fille très étrange qui fait parfois des choses assez bizarre comme se cogner la tête dans une porte. Comment la voyez-vous ?
Graham Joyce :
Elle a une forme d’autisme, mais c’est une enfant qui échange tout de même. L’autisme existe comme un fantôme. Beaucoup de gens en sont atteint à des degrés moindres. Généralement sans le savoir.

ActuSF : La tension est vraiment très forte dans ce livre entre les protagonistes. Et pourtant on a l’impression que beaucoup de choses trouvent une solution (comme le père qui finalement revient). Est-ce que c’est parce que vous êtes un optimiste ?
Graham Joyce : Je suis un optimiste malgré tout et malgré les évidences. Mais si nous perdons l’espoir, autant laisser tomber, et laisser le genre humain dans sa détresse.

ActuSF : Le livre se passe en France. Vous ne pouvez donc pas échapper à cette question : Est-ce une région de la France que vous connaissez et appréciez et si oui pourquoi ? Est-ce que le fait que ça se passe en France avait une importance particulière ?
Graham Joyce :
Je connais seulement le pays de mon séjour pendant ces vacances. C’est une région de la France qui est magnifique. Mais ça m’a fatigué d’entendre des anglais arrogants brailler à tous les coins de rue. S’ils n’avaient pas été aussi nombreux, j’aurai aimé m’y installer et y vivre. Je suis intrigué par la France et les français. Le fait de placer mon roman en France m’a permis de placer des commentaires au sujet de la conscience de classe et du snobisme anglais. Eléments qui ressortent d’autant plus quand les Anglais sont à l’étranger.

ActuSF : Un mot sur Les Limites de l’Enchantement. Là aussi comment est née l’idée de ce roman ?
Graham Joyce : Il y a plusieurs années, j’ai acheté une peinture d’une artiste des Midlands : Angela Harding. Il a été accroché au mur de mon salon pendant peut-être une douzaine d’années, attendant d’être compris. Cela s’appelait Écouter le lièvre et il y avait d’étranges messages païens à l’intérieur. Cela a pris un bon moment avant d’arriver jusqu’à moi, mais j’ai été exposé au merveilleux mystère de cette peinture chaque jour et il était inévitable que cela débouche sur une histoire.

ActuSF : Qu’est-ce qui vous séduisait dans L’Angleterre rurale de la fin des années 60 ?
Graham Joyce : En 1966, l’avortement est devenu légal en Angleterre. C’était une mesure déterminante pour la condition des femmes. Avant ça, celles issues des classes ouvrières devaient faire appel à des avorteurs d’arrière-cour ou à des « sages femmes » du voisinage. Tout ça dans le plus grand secret. Pour moi cette loi représente la ligne de partage entre la modernité et le passé. Les années 60 ont été une période d’incroyables changements sociaux. Il y avait encore des gens dans le pays qui vivaient comme il y a 150 ans. Fern est un personnage qui doit faire avec ce changement.

ActuSF : Les Limites de l’Enchantement et En attendant l’Orage ont une jeune fille comme héroïne. Est-ce difficile pour un écrivain adulte de se mettre dans la peau d’une jeune adulte pour raconter son histoire ?
Graham Joyce :
Un écrivain essaie toujours de faire du neuf. Penser comme un enfant, voir ce monde aussi miraculeux qu’il le voit... cela fait partie du challenge. Que vous écriviez ou non pour des enfants. C’est le travail de l’écrivain de nous aider à voir les choses sous un nouveau jour. Peut-être que nous essayons toujours de retrouver le monde tel qui nous apparaissait quand nous étions enfants.

ActuSF : Parlons de Ligne de vie. C’est peut-être le roman qui a eu le plus de succès en France. Toujours la même question, comment est-il né dans votre esprit ?
Graham Joyce :
Coventry est une cité étrange. C’était magnifique avant d’être bombardé pendant la guerre, et aujourd’hui c’est plutôt moche. Mais les fantômes de l’époque précédente hantent toujours la ville dans les décombres ou dans de petits fragments des ruines. J’ai voulu écrire sur ma propre ville.

ActuSF : Le petit Franck a un parcours assez particulier. Comment avez-vous construit la trame de l’intrigue ?
Graham Joyce :
J’avais cette image d’un petit garçon grandissant dans cette ville aux mains des urbanistes qui se disputent sur la manière de construire une nouvelle cité. Et puis les femmes, également, se disputent sur la meilleure manière d’élever un enfant. De sorte que l’histoire est une succession de compromis et d’accidents.

ActuSF : Un critique disait qu’il retrouvait dans ce roman du Dickens, John Irving, Ian McEwan, Robertson Davies et Paul Auster. J’imagine que ça vous a fait plaisir et est-ce des auteurs importants pour vous ?
Graham Joyce :
Eh bien Dickens est magnifique parce qu’il peut être si drôle dans des situations vraiment sérieuses. J’aime cette balance entre la légèreté et la gravité. John Irving a lui aussi cette fabuleuse qualité. Ian McEwan un peu moins : il n’a aucun humour. En fait il en avait à ses débuts, mais il l’a perdu à force de s’entendre dire quel écrivain considérable il était.

ActuSF : On dit souvent que vos romans sont très psychologiques ? Etes-vous d’accord avec ça ? Il s’y passe souvent énormément de chose mais dans la tête des héros.
Graham Joyce : Ils sont psychologiques c’est vrai, mais j’essaie de garder la porte ouverte à l’irrationnel. Certains lecteurs ont besoin de penser que tout est magique se passe dans la tête des personnages. Mais j’essaie de semer le doute. Je veux que le lecteur ne soit sûr de rien, parce que c’est là qu’il est le plus vulnérable à l’imaginaire.

ActuSF : Vos personnages ont des relations généralement très tendues. Qu’est-ce qui vous intéresse dans ces conflits ? La manière de chacun de s’y confronter ou peut-être la manière dont les personnages se remettent en question et changent ?
Graham Joyce :
Les personnages se définissent dans le conflit, pas dans la paix.

ActuSF : On parle en général de vos romans comme de récits aux limites du fantastique. Est-ce que vous en êtes conscient lorsque vous écrivez vos romans ou est-ce involontaire ?
Graham Joyce :
Oui c’est intentionnel. Cela revient à ce que je disais à propos de la guerre entre le rationnel et l’irrationnel. Si vous voulez un roman - soi-disant –réaliste, et que vous investissez vos personnages de plus de pouvoirs que les forces qui les entourent, c’est absurde. Je veux parler des forces sociales et psychologiques. Pas de puissances surnaturelles. D’un autre côté, si vous ancrez votre roman profondément dans le fantastique, sans possibilité de sortir de cette tour d’ivoire de la Fantasy, vous donnez l’opportunité au lecteur de s’enfoncer trop confortablement dans l’idée que votre récit n’est rêve fabuleux. Aussi j’aime bien mélanger le réalisme avec le fantastique. Ni complètement dedans, ni complètement dehors.

ActuSF : Vous avez reçu plusieurs fois des prix et des distinctions. Est-ce que c’est important pour vous ? Est-ce que cela a une signification particulière ?
Graham Joyce :
Eh bien, c’est vraiment très gratifiant, mais ça ne change rien à la manière dont je travaille, pas plus que ça ne le rend plus facile ou plus difficile. J’ai toujours le sentiment qu’aucun de mes romans n’est tout à fait comme je le voulais au départ, et les récompenses ne parviennent pas à me convaincre que j’ai fait mon boulot aussi bien que je l’aurais dû.

ActuSF : Tous vos romans sont assez différents. Est-ce que c’est parce que vous ne voulez jamais faire la même chose ?
Graham Joyce :
C’est exactement ça. Ca doit être une exploration, quelque chose doit émerger de l’ombre petit à petit.

ActuSF : Vous donnez aussi des cours d’écriture à des étudiants. Est-ce que cela vous apporte quelque chose dans votre écriture à vous ?
Graham Joyce :
Je n’espère pas. Souvent, en voulant trop rationaliser, on en vient à penser son roman avec la partie consciente de son cerveau, alors que la première ébauche devrait jaillir de l’inconscient. Aussi j’espère ne pas être étranglé en sur rationalisant le processus.

ActuSF : Y’a-t-il un conseil que vous pourriez donner aux jeunes auteurs français ?
Graham Joyce : Jetez toutes vos chaussettes et achetez-vous douze paires identiques. Cela vous épargnera des heures et des heures à fouiller votre tiroir à la recherche d’une paire non dépareillée. Autant de temps que vous pourrez mettre à profit pour écrire. Et vous en aurez besoin. La persévérance est aussi importante que le talent.

ActuSF : Sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Graham Joyce : Je viens juste de finir un nouveau roman. Il s’appelle : How To Make Friends With Demons.

 

 

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