S'il y a bien une période de ma vie pour laquelle je n'éprouve aucune nostalgie c'est bien le lycée. Et pourtant... Il y a une chose qui reste de ces années de torture: les cours d'italien. Bouffée d'oxygène dans un quotidien infernal. Chaque fois que j'écoute Laura Pausini, j'y associe forcément ces heures passées en classe avec Madame Lanoue (elle s'est mariée en première, mais bon je suis restée au premier nom). Je me suis prise de passion pour l'italien pour plusieurs raisons. D'abord je me suis aperçue que tout ce que j'aimais était italien (cuisine, musique, peinture, pays etc.) ensuite, mon coeur a chaviré pour elle et je suis devenue une élève très assidue et appliquée.
Je me suis mise à regarder des films en VO, à écouter de la variété italienne et de l'opéra italien. Tout ça dans l'espoir de l'impressionner. En fait, ça m'a permis de découvrir une culture que je me suis mise à aimer autant que celle qui me l'enseignait. J'ai complètement délaissé les cours d'espagnol (faut dire que Cabioche à côté, bon, c'était pas le genre à me mettre la tête à l'envers) pour ne plus faire d'hispanisme. Je me suis concentrée uniquement sur l'italien. J'ai lu des auteurs fantastiques. Il faut lire Calvino, Buzzati, Ammaniti, oh et puis tous en fait. En italien c'est mieux.
Pendant trois ans, je suis allée au lycée uniquement pour les cours d'italien et comme j'ai jamais eu de bol, elle est tombée deux fois enceinte, deux année de suite, et on a eu des remplaçantes. Autant dire que j'ai beaucoup soupiré, beaucoup souffert, même pleuré. Mon premier vrai amour (soupire).
Je passais ma vie avec mon walk-man sur les oreilles avec Vivaldi, Verdi, Pausini ecc. J'écrivais son prénom sur tous mes cahiers (Anne), bref, j'étais gravement atteinte. Et cette année, cet été je vais à Firenze youhou !!!!! J'y vais avec le nouvel amour de ma vie. Je ne veux pas qu'elle soit jalouse que je parle ici de ce qui est devenu un beau souvenir que je resors de temps en temps de sa boîte. Même si le temps a passé et qu'une mauvaise histoire nous a séparé, je garde la nostalgia di questi momenti.
Bien sûr elle n'a jamais rien su, ou alors elle l'a deviné. Ce n'était pas difficile en même temps, je n'étais pas très discrète. J'ai même forcé ma soeur à prendre italien en troisième option quand elle est entrée au lycée pour pouvoir aller la chercher à la fin de ses cours. Je dois dire qu'elle a été beaucoup moins enthousiaste que moi et la prof est toujours resté "ma prof d'italien". J'étais à la fac, c'était ma soeur qui avait cours avec elle et elle disait quand même "ta prof d'italien", à croire que c'était son nom pour toujours alors qu'elle avait cessé d'être ma prof depuis la terminale. Au fait j'ai eu 17 au bac. Un extrait del Gatopardo. Je l'avais lu, alors j'ai fait le bonheur de mon examinateur.
J'ai une dette envers elle, et je compte bien m'en acquitter. En attendant, je continue à être nostalgique.
Shalimar.


Commentaires
Par livia7 le 11/06/2008 à 14h24
wow!!!!!!! magnifique ce que tu as écrit !
Aussi parce que je m'y retrouve totalement, je pense exactement la même chose, je suis autant passionée que toi!! incroyable. Si tu veux correspondre avec moi tiens moi au courant !
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