Shali et Molki au pays des livres

      Née à Paris le 1er novembre 1961, dans le 15ème arrondissement, Valérie était le second enfant d'une famille classique. Elle fut internée à l'âge de treize ans dans un hôpital psychiatrique pour anorexie mentale, pendant quatre mois. A sa sortie, elle s'inscrit à l'école du cirque d'Annie Fratellini pour suivre des cours de funambules, tout en suivant ses cours au collège. Le 18 décembre 1982, après une overdose de médicaments elle n'ouvra plus les yeux. Elle fut incinérée et ses cendres furent dispersées dans la mer, telle qu'elle le souhaita dans son dernier testament.

 

 

      Le premier roman que j'ai lu de Valérie Valère est Malika ou un jour comme tous les autres. Je ne savais alors rien de l'auteur, seulement qu'elle avait écrit ce livre à l'âge de quinze ans et qu'elle était morte très jeune.

      Malika, c'est une histoire de frère et soeur, livrés à eux-mêmes, abandonnés par leurs parents dans un appartement luxueux de Paris. Le père est un homme d'affaire qui passe une fois l'an déposer une liasse de billet pour que Wilfried, quinze ans et Malika, dix ans, puissent subvenir à leurs besoins. La mère n'est jamais mentionnée.

      A tour de rôle, ils prennent la parole, chapitre après chapitre, pour raconter leur quotidien et surtout l'amour qui les unit. Les chapitres de Wilfried sont l'expression de sa révolte contre l'école, la lente dépression qui s'empare de lui malgré lui, son idylle avec une étrange inconnue et son admiration pour sa petite soeur, seule rayon de soleil dans sa vie. Malika, petit ange aux longs cheveux blonds et grands yeux bleus écrit son nom sur les cahiers de son frère pour qu'il ne l'oublie pas et n'aime pas l'école bien qu'elle soit très intelligente pour son âge. Elle, ce qu'elle aime, c'est dessiner, poser des questions, se promener dans Paris et surtout parler de son frère, l'observer, le séduir, lui faire des scènes dignes d'une grande tragédienne...

      Bientôt, les vacances scolairent arrivent et c'est décidé, ils ne retourneront plus à l'école. Ils vendent les meubles de leur père pour aménager l'appartement selon leurs goûts et vivent de fêtes improvisées, de scéances de cinéma, de visites dans les musées. Mais, la rentrée approche et va de nouveau les séparer, ce qui n'est plus possible. Il faut fuir pour ne plus être retrouvé.

      Cette histoire, belle et tragique peut choquer, mais la pûreté de ces enfants qui s'aiment, efface tous les tabous et nous laisse charmés, envieux de ce court bonheur qu'ils connaissent dans l'innocence avant que les adultes ne viennent tout détruir. Et lorsque l'on referme le livre, l'image de Wilfried et Malika est bien nette devant nos yeux, et ne s'effacera jamais tout à fait.

       Cette histoire poignante, qui touche en plein coeur, c'est une adolescente de quinze ans qui l'a écrite. Avec une perception aigue des sentiments dont elle sait rendre la violence avec une finesse admirable. Malika est son deuxième roman. Le premier, Le pavillon des enfants fous, a été écrit en trois semaines. Trois semaines durant lesquelles elle n'a pas quitté sa machine à écrire, mue par la volonté de faire sortir d'elle l'horreur des quatre mois passés dans cet hôpital psychiatrique. Elle souffrait et avait décidé de ne plus manger, elle avait treize ans.

       Elle apparaît chez Pivot dans Apostrophe, joue dans un film et meurt à vingt et un ans, d'une overdose de médicaments. Malgré cette vie trop courte, elle aura eu le temps d'écrire et ses romans sont tout ce qu'il reste de cet être fragile dont la lucidité précoce a plongée cette jeune fille dans un gouffre de souffrances sans fin, où l'hostilité du monde l'agresse jour après jours.

Ses romans:

Le Pavillon des enfants fous
Malika ou un jour comme tous les autres
Obsession blanche
Vera, Magnifica Love et pages diverses
Laisse pleurer la pluie sur tes yeux
La station des désespérés ou les couleurs de la mort
Éléonore
A la porte de moi-même

 

 

 Shalimar

Commentaires

Par Sev le 29/04/2007 à 16h18

Mon préféré de tout ceux que j'ai lu de Valère ! Surement parce que le moins...Desesperé...Enfin du moins au début. Au début la liberté de Malika et Wilfred fait rêver, on a envie de vivre le même genre de vie, et puis leur histoire est belle malgré la fin.

Tandis que dans Le pavillon, ou même Obsession Blanche qui sont les autres que j'ai lu, elle dit des choses tellement vraies que ça me déprimait à lire ^^

(Je répondrais à ton mail demain j'ai une copine qui mange à la maison ce soir ! Bisous)



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