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Shali et Molki au pays des livres

 

 

                 Ca a déjà commencé chers lecteurs-morphales, et le moins que l'on puisse dire, c'est que tout ce cirque de l'édition est tout même un peu navrant.

                 Là, vous vous dites que j'éxagère. Que nenni, bien aimé lecteur! Ta rentrée littéraire s'annonce mollement entre pseudo-chef d'oeuvre de gamins prépubères (c'est dure la vie à Henri IV merde!) et les indéboulonnables, ceux qu'on ne lit jamais mais qui font de la retape sur tous les écrans et sur toutes les ondes. C'est toute une clique, une bande de copains pseudo "déjantés" qui se prennent pour les Lautréamont moderne. Isidore doit rire jaune dans sa tombe.

                 Les chef d'oeuvres de la rentrée, les voilà:

Un roman français, de Beigbeder: critique personnelle de moi et rien que de moi: c'est très nul. Le pauvre petit garçon riche de Neuilly qui passe sans cesse pour une victime, personnellement ça me donne la nausée dans la période de crise que nous traversons. Beigbeider, c'est le règne du MOI MOI MOI. Mais là où un Chateaubriant suivait cette voie avec classe, lui c'est plutôt à la hussarde. Car, oui il faut le dire, même son écriture est "mode" et c'est plus risible que dénonciateur d'une société du tout répressif. Et pis merde! Tu pouvais pas te sniffer ton rail à un endroit pls discret que sur le capot d'une voiture? C'est pas une flèche ce mec!

NOTE (grande nouveauté je mets des notes de 1 à 5; 1:bof; 2:Pas si mal; 3: Quelques maladresses mais une bonne surprise; 4:Très bonne surprise; 5: Chef d'oeuvre)

Pour celui-là, ma note sera très basse: 0, car le livre est inintéressant et narcissique, tout comme son auteur qui devrait penser à se recycler en Michou ou en Régine (vu qu'ils vont bientôt claquer, il faut bien un remplaçant et ce sera toi Fred). Comme ça, tu te vengeras de ton cynique frangin qui a toujours voulu te piquer ta place lorsque vous habitiez à Neuilly.

Enfin, n'est pas Proust, Wharton ou James qui veut. Beigbeder il est plus dans une veine Jackie Collins, matinée de Bret Easton Ellis, pour faire genre. En gros c'est la cata mais bon on peut parier que dès la rentrée prochaine, Fred nous ressortira une bonne histoire trash mais pas trop de derrière les fagots et que tout le monde criera au génie. C'est tellement un bon client sur les plateaux de télé ce Fred!

 

 ►Séfarade, Eliette Abécassis: ben c'est du Abécassis hein! On peut pas demander la lune, non plus. Bon c'est écrit à la truelle mais je le répète, c'est du Abécassis, la même qui avait écrit un bouquin sur les relations entre Sonia Rykiel et sa fille, avec en question de fond ultime: faut-il vendre des sex-toys, oui ou non? Je vous le demande un peu! là on touche le dilemme kantien dans toute sa compléxité! Il y a donc des éditeurs qui publient ça... Bien.

Et dans son nouvel opus, son ambition est juste immense: retracer l'épopée du peuple juif séfarade à travers les siècles. Pourquoi cette ambition démesurée? Sans doute pour que les sépharades aient eux-aussi leur propre culture, tous comme les ashkénazes et le yiddish. Et ben c'est pas Abécassis qui va relever le niveau face à des Michael Chambon, Rich Cohen, Henry Roth, Philip Roth, Isaac Bashevi Singer, Art Spiegelman. C'est un auteur de cette trempe qui devrait retracer le parcours des sépharades et pas Abécassis, qui n'a aucun fil directeur dans son oeuvre et n'est pas, loin de là, une véritable styliste des mots. Alors pourquoi Ses bouquins font-ils toujours le buzz??? Mystère et boule de gomme. Elle couche???

NOTE: 1 (parce que je suis gentille)

 

Fragments d'une femme perdue, de l'inénarrable PPDA: Pourquoi? Pourquoi s'obstine-t-il à écrire bouse après bouse pour "célébrer la beauté des femmes" (qui ont dû être une palanquée)? Pourquoi ces titres ringards, mais d'un ringard qui se veut un peu thérapie de comptoir? ça se veut un mélange entre Duras et Le Clézio (même ses classiques sont ringards!), c'est plutôt une indigeste mixture entre Chapsal, Bobin (on reste un mec, nom de diou!) et Manara. C'est pitoyable de voir apparaître cette nouvelle génération d'hommes qui ne sait jamais ni où ni comment mettre un point final à une "oeuvre" pas des plus marquantes.

NOTE: 0 (c'est vraiment impossible!!!)

 

►Et j'ai garder le meilleur pour la fin: Le premier jour, de notre star littéraire, j'ai nommé Marc Lévy. Alors ne m'en veuillez pas trop mais celui-là, vraiment, je n'ai pas pu. J'en connaissais un ou deux de l'auteur (L'Auteur!... L'Auteur!... pour citer David Lodge, mais non calme-toi, on ne va pas l'appeler le Marc, il est déjà assez gonflant.). Donc j'en connaissais un ou deux, toujours les mêmes thèmes: l'amoûûûûûûr au-delà des frontières, au-delà de la mort, des gens ordinaires qui deviennent extraordinaires. Du très nouveau quoi. Et puis ce génie des titres que Lévy partage avec son compère Musso, lui-même polémiste de première classe, des titres qui vibrent, qui saignent, qui vous écorchent et jamais ne vous raccrochent. Ecoutez-plutôt: Où es tu?; Les enfants de la liberté; Mes amis, mes amours; Et après...; Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites; Parce que je t'aime; Que serais-je sans toi?; Sauve-moi; Seras-tu là?; Je reviens te chercher; Vous revoir...; La prochaine fois et j'en passe.

J'achèterais un de leur bouquins lorsqu'ils auront enfin trouvé un titre à peu près correct et très éloigné de toutes les guimauves américaines de Danielle Steel. Même elle, elle arrive à avoir des flashs parfois.

NOTE: 0= mal écrit, histoire indigeste, littérature de prisu... Ce ne sont pas des écrivains mais bien des commerciaux.

 

 

Mais j'ai une surprise!!! Voilà ma sélection des vraies romans prometteurs de la rentrée. J'en ai commencé certains, d'autres sont en attente, donc pas de notes mais de vrais bons à-prioris:

 

La Terre des mensonges, Anne B. Ragde, Balland

 Résumé: Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s'annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l'héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.

 

Loin des bras, Metin Arditi, Actes Sud

Résumé: L'institut Alderson est un internat pour gosses de riches situé près de Lausanne. Maîtres et élèves y sont, chacun à sa manière, dans la perte. Chacun panse une blessure ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d'avoir été 'collabo', la lâcheté déguisée en pacifisme, l'opprobre antisémite, des amours 'contre nature', le sentiment d'avoir été abandonné... Dans ce havre de solitude et de destins brisés, la paroi des silences se fissure peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d'aimer les autres que de s'aimer eux-mêmes.     

 

Si rien ne bouge, Hélène Gaudy, Rouergues

 Résumé: Comme chaque année, Nina, 14 ans, passe l'été sur une île méditerranéenne. Fille unique, elle vit dans l'ombre de ses parents. Mais cette année-là, une adolescente de deux ans plus âgée, Sabine, les accompagne. Issue d'un milieu modeste, peut-être disloqué, c'est une gamine mutique et sans charme qui, sitôt sur place, ne fait aucun effort pour se montrer reconnaissante des vacances qu'on lui offre. Par sa seule présence, elle perturbe l'équilibre familial.

 

 ► Le Livre des Poisons, Antonio Gamoneda, Actes Sud

Résumé: Le 'Codex de Dioscoride' (Ier siècle après J.-C .) est l'un des livres de botanique et de médecine les plus lus, commentés et traduits au XVIe siècle. La traduction espagnole fut publiée en 1555 par le botaniste Andrés de Laguna, castillan, aventurier, humaniste et écrivain. Antonio Gamoneda a sélectionné des extraits du VIe Livre de ce Codex ainsi que les notes et commentaires de Laguna. Conscient que le temps a transformé le langage scientifique de l'époque en une matière et une langue poétiques, il procède à la 'corruption' de ces textes en les passant au tamis d'une sensibilité actuelle. Il ajoute ses propres commentaires qui s'enflent en des récits de plus en plus imaginaires, où apparaît chaque fois le personnage mythique de Cratévas, médecin de Mithridate, qui se livre à des expériences sur les poisons, sur la cruauté, la douleur et le pouvoir.

 

La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano,  Seuil

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres.

 

 ► Grand Homme, Chloë Hopper, Christian Bourgeois

Résumé: "J'avais voulu en savoir plus sur mon pays et à présent j'en savais plus... j'en savais plus que ce que j'aurais voulu savoir." Tel est le constat auquel aboutit Chloe Hooper à l'issue de l'impitoyable enquête qu'elle mène dans Grand homme, véritable plongée au cœur des ténèbres de l'Australie contemporaine. En novembre 2004, à Palm Island, petite île d'apparence paradisiaque située dans le nord du Queensland, Cameron Doomadgee, un jeune Aborigène, décédait dans sa cellule après avoir été brutalisé par le brigadier-chef Chris Hurley. Deux ans d'enquête, d'instruction et de procès s'ensuivirent, au terme desquels Hurley fut acquitté. Au-delà du décès tragique d'un seul homme, Chloe Hooper raconte la destruction d'un peuple et d'une culture vieille de plusieurs dizaines de milliers d'années, assassinée par les abus et la rapacité de la colonisation occidentale.

 

Cadence, Stéphane Velut, Christian Bourgeois

Résumé: Stéphane Velut livre le journal fictif, on préfère le croire, d’un artiste peintre. Berlin, 1933. A l’arrivée de Hitler au pouvoir, un peintre misanthrope n’a pas fuit l’Allemagne par désintérêt, il n’est ni sympathisant ni opposant. Les autorités lui commandent une oeuvre officielle, le portrait majestueux de la beauté et la force d’une Allemagne nouvelle, le tableau d’une petite fille blonde. Il se cloître avec son modèle dans un meublé. Certes, il travaille pour un gouvernement pointilleux qui le harcèle par petits chefs interposés. Mais, grâce à eux, il va réaliser son oeuvre la plus poussée, son enfant. Avec l’aide d’un ami de longue date et d’une logeuse conciliante, il créera une oeuvre perverse. Le lecteur en est témoin, impuissant mais toujours tenté par la fascination pour l’imagination humaine, conscient de prendre part à une monstruosité et cachant le plaisir que l’on peut y prendre.

 

 ► La rédemption du marchand de sable, Tom Piccirilli, Denoël

Résumé: On l’a surnommé Killjoy, le marchand de sable, le tueur à l’oreiller. Longtemps, il a assassiné des petits garçons et des petites filles. Vingt et une victimes. Maintenant, il kidnappe des enfants maltraités et les place dans les familles que sa folie meurtrière a frappées. Il s’explique dans d’étranges lettres peuplées de personnages imaginaires, une correspondance à sens unique que personne ne semble comprendre, la part Eddie Whitt - un père inconsolable qui s’est juré de démasquer Killjoy et de le tuer.

 

Histoire de mes assassins, Tarun J. Tejpal, Buchet-Chastel

Résumé: Delhi, de nos jours. Le narrateur, un journaliste très renommé, apprend par un flash d'information qu'il vient d'échapper de justesse à une tentative d'assassinat. S’agit-il d’un complot fomenté contre lui suite à ses révélations de corruption au sein du gouvernement indien ? C’est au tribunal, escorté par une escouade de policiers et une équipe de juristes, que cet homme, qui ne connait rien de ses assassins, va peu à peu découvrir leur vrai visage…
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l'Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle du journaliste qu'ils doivent éliminer. Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947),  Kaliya et  Chini qui vivent et volent dans la gare depuis l’enfance, sans compter  Hathoda Tyagi (connu pour réduire la cervelle de ses victimes à coup de marteau). Ces cinq assassins, nés dans la cruauté et l’environnement innommable des masses indiennes, marqués par leur orgine ont tous en commun d’avoir perdu trop tôt l’âge d’or de leur innocence…

 

Bonne lecture avec mes p'tits chouchous de la rentrée! Tu sais ce qui te reste à faire Virginie! XO XO Molki pour vous servir

 

 

 

 

 

 

 

 

 


                            Je l'ai oublié! J'ai oublié Kate Winslet dans le petit montage que j'avais fait de mes actrices préférées (voir l'article Les actrices de ma vie). Et j'ai un peu honte, je l'avoue, car elle m'accompagne depuis longtemps, Kate. Depuis ses débuts, depuis que Heavenly creatures de Peter Jackson et Raisons et sentiments d'Ang Lee, deux films de 96 (l'année de mon bac!), Mais surtout depuis Jude de Michael Winterbottom (d'après Jude l'obscur de Thomas Hardy), la même année. J'ai su immédiatement que Kate serait grande, très grande.


 


                 Et je ne m'étais pas trompée! Bon elle a été un peu retardée par la grosse meringue de Cameron, Titanic (désolé, j'aime vraiment pas...). Mais quand même... Quelle putain d'actrice! Elle nous a quand même offert Holy Smoke de Jane Campion (ce rôle, il fallait vraiment le vouloir...), Quills, la plume et le sang de Philip Kaufman, Eternal sunshine of the spotless mind de Michel Gondry et Les Noces Rebelles de Sam Mendes. Et elle est excellente à chaque fois...


 


                 The Reader... Bon mettons tout de suite les choses au point: j'ai tellement aimé ce livre, il représente tant de sentiments et de vibrations mêlées pour moi que je ne me risquerais même pas à le comparer au film. L'ouvrage de Schlink est l'une de mes plus belles émotion, un coup de coeur comme on en a peu dans une vie de lecture, alors à quoi bon comparer l'incomparable ? Autre objection que l'on ne manquera pas de me faire: c'est le rôle à Oscar typique. Là, je suis en désaccord, car c'est loin d'être un personnage facile à défendre, mais commençons par le commencement...


 


                   D'abord, cette affiche, incroyable: un tableau de Georges de La Tour incarné... L'actrice semble nimbée d'un halo, d'une lueur à peine réelle. Elle est plus que belle: c'est réellement le visage d'une madone qui prend forme sous nos yeux. Ce film, c'est elle: elle en est l'incarnation totale et le pauvre Ralph Fiennes (que j'aime bien par ailleurs) est plus qu'en retrait.


 


                    Mais peu importe car Kate Winslet n'incarne pas Hanna: elle EST Hanna, un personnage si simple et pourtant exceptionnel, dans toute sa complexité, dans toute sa faiblesse, dans toute sa fragilité. Hanna est une femme balayée par une Histoire qui la dépasse et qu'elle ne comprend pas, une femme simple devenue un monstre ordinaire. Là où Winslet est magnifique, c'est que jamais on n'excuse Hanna. De toute façon, elle est inexcusable. Pourtant, on s'attache à elle, car c'est aussi un être humain. Le film ne tombe jamais dans le manichéisme facile et nous dévoile les côtés sombres de l'âme. Oui, on peut basculer, on peut franchir la ligne très facilement et tomber dans le précipice de l'horreur. Hanna ne remontera jamais à la surface et Winslet, avec une subtilité et un jeu au cordeau, nous entraîne dans les méandres labyrinthiques de l'esprit de cette femme bourreau et victime. La finalité de cette histoire (si toutefois il devait y en avoir une) ? La barbarie naît de l'ignorance. Et je ne crois pas que cet aspect du film puisse être discuté. On trouvera toujours les grands moralisateurs pour nous balancer qu"on nous pousse à plaindre une salope de nazie. Un peu trop facile je trouve, surtout vu la sobriété et l'élégance du jeu d'actrice de Winslet. Mais bon, c'est toujours très commode de donner des leçons, un peu moins de les appliquer...


                    


                     Mais reprenons sur le sujet principal - que dis-je? - fondamental, à savoir Kate Winslet. Le personnage d'Hanna, c'est aussi l'image même du désir, un désir impérieux. Et dieu qu"elle est désirable ! Longtemps, on a glosé sur le corps de Kate Winslet, sur ses prises de poids à répétition, etc. Mais je crois que c'est l'une des plus belles femmes qui soit. Non, elle n'a pas un corps parfait mais c'est justement tout son charme. Toutes ses petites imperfections (les cheveux parfois mal coiffés, les habits pas terribles, les rides de fatigue et d'inquiétude) font d'Hanna une femme ordinaire et pourtant fantasmée, le symbole même de l'initiatrice, une femme qui marque votre vie à jamais, qui chamboule tout sur son passage, pour le meilleur et pour le pire. L'âge de la maturité pour cette grande actrice ? Sans aucun doute: j'attend avec impatience ses prochains films; elle ne m'a jamais déçue. Mais, après avoir vu The Reader, j'ose l'admettre: Kate Winslet va longtemps hanter mes nuits...


 


Molki


 

A Brand, un vrai coup de coeur

le 23/05/2009 à 15h41

 


 


           Voilà ce que j'écoute en ce moment. Un groupe découvert totalement découvert par hasard sur Deezer et en plus un groupe de rock blues électro flamand ! Tu parles d'un truc!


 


            A Brand, donc. Nom déjà peu commun que l'on pourrait traduire par "une Marque". Et franchement c'est un vrai coup de coeur. En musique, je n'en avais pas eu depuis un sacré paquet de temps. Et ce groupe est tout simplement fantastique ! Je conseille particulièrement leur Myspace pour découvrir le groupe: http://www.myspace.com/abrandtheband. Et bien sûr leur dernier LP, Judas, tout juste génial, avec une palanquée de chansons que je classe désormais dans mes classiques: Mad love sweet love (mais c'est une vraie bombe ce single!), The bubbles, Time... Et leur premier album, Hammerhead, mérite lui-aussi d'être connu.


 


             A vrai dire, je les écoute en écrivant cet article et j'ai vraiment envie de bouger mon body (ou move mon corps, au choix). Ce truc est une pépite comme on en découvre peu dans une industrie du disque de plus en plus frileuse. En plus, le guitariste barbu a une de ces dégaines! Et ils ont tous des noms imprononçables. Du coup, on est vraiment dépaysé. Ca donne envie de se taper une petite virée du côté d'Anvers! Allez, bonne écoute...


 


Molki

Les actrices de ma vie

le 14/04/2009 à 20h13

 


 


                                   Voilà la première vidéo que j'ai réalisée. Elle est toute simple et rend hommage à mes actrices préférées, sur une musique de Marianne Faithfull, une de mes chanteuses préférées.


 


                                   Donc, dans ce court article, je remercie Ingrid Bergman, Rachel Weisz, Jennifer Beals, Katharine Hepburn, Naomi Watts, Alexandra Maria Lara, Jeanne Moreau, Jennifer Connelly, Claudia Cardinale, Glenn Close, Eva Green, Gong Li, Jodie Foster, Nicole Kidman, Meryl Streep, Vivien Leigh, Vanessa Redgrave, Julie Christie, Martina Gedeck, Zhang Ziyi, Faye Dunaway, Romy Schneider, Charlotte Rampling, Dominique Sanda, Lauren Bacall, Julianne Moore, Nathalie Portman, Evan Rachel Wood, Holly Hunter, Choë Sevigny, Hillary Swank, Winona Ryder, Sigourney Weaver, Scarlett Johansson, Emma Thompson et, bien sûr, ma préférée, Cate Blanchett. Je les remercie de m'avoir fait rêver, vibrer, pleurer, rire, délirer, réfléchir, voyager, de m'avoir éveiller, exciter, secouer. Et je les remercie aussi de m'avoir accompagner durant la première partie de ma vie, d'avoir fait partie de moi, de m'avoir fait grandir et de m'avoir aussi beaucoup fait fantasmer (oui c'est bon! Je ne suis pas faite de bois!) !


 


                                   Car c'est d'abord et grâce à ces actrices que je me suis passionnée pour le cinéma. Puis le reste a suivi (mise en scène, scénario, éclairage, etc.). Mais c'est avant tout par elles et pour elles que j'aime le cinéma. Elles sont une inspiration permanente, car, non contentes d'être magnifiques, elles sont aussi talentueuses et diablement intelligentes.  Aucune ne lira cet article, mais je l'écris plus pour moi, par simple plaisir et pour me rappeler tous ces moments de bonheur pur dans les nombreuses salles obscures que j'ai arpentées. Je n'oublierais jamais le CNP Terreaux, l'Astoria, le Comedia ou l'Institut Lumières. Les Lyonnais qui me lisent sauront de quoi je parle, car ma ville, c'est tout de même la ville des Frères Lumières! Comme quoi, le destin... Je n'habite plus à Lyon aujourd'hui et ses cinémas me manquent terriblement. 


 


                                    Mais, pour en revenir à mon sujet initial, merci à ces actrices d'exister et de jouer si bien. Elles éclairent ma vie depuis 30 ans.  But it's not the end, it's the beginning... 


Molki

 


 


                       Pourquoi n'avons-nous pas de chaîne type HBO dans notre chère contrée? Une chaîne qui ose enfin... Et créer une série telle Big Love, il fallait oser. Raconter le quotidien d'un mormon polygame, de ses 3 femmes et ses enfants, il fallait vraiment oser.



                         Mais il n'y a pas que l'audace, loin de là, car cette série est réellement extraordinaire. Le scénario, comme toujours avec HBO, est ultra travaillé. La mise en scène, sans être révolutionnaire, est tout de même un atout de la série, ne prenant jamais le pas sur les personnages, les laissant évoluer en liberté sans multiplier les effets tape à l'oeil. Mais ce qui fait la différence ce sont sans aucun doute possible les acteurs, et plus particulièrement les actrices.



                         En effet, le héros, Bill Henrickson, a 3 épouses, 3 "soeurs-femmes" dans le langage mormon (quelle belle bande d'hypocrites!!!), Barb, Nicki et Margene. Elles sont toutes les trois très différentes et jouée par des actrices aussi formidables les unes que les autres.



                         Pour commencer, ma préférée: la seconde épouse, Nicki, est jouée par l'une de mes actrices préférées, Chloë Sévigny. Et dans ce rôle de jeune femme écartelée par les traditions, maltraitée par son pervers de père, mal aimée par son égoïste de mère, engoncée dans des vêtements de bigote qui lui corsètent le corps et l'esprit, elle est tout simplement bluffante. A la fois agaçante et touchante, elle est... vraie. Oui c'est le mot juste: vraie. C'est un personnage complexe et c'est pour cela qu'on l'aime tant, parce que justement, il n'est pas facile d'aimer Nicki. et pourtant, grâce au talent de Choë Sévigny, on l'adore. Mais cela n'a rien d'étonnant! Que ce soit dans Kids, Boys don't cry, Zodiac ou The Brown Bunny, Chloë Sévigny est juste une actrice géniale (et très belle mais ça c'est un avis personnel), une actrice qui sait faire passer des émotions avec une grande économie de moyens, qui n'en fait jamais trop, qui sait doser son talent. En bref, une grande actrice. Mais faites-la tourner bon sang!!!!


 


                         Ensuite, il y a Ginnifer Goodwin, une révélation. dans le rôle de Margene, la plus jeune des 3 épouses, elle débute très fort, c'est le moins que l'on puisse dire! Tout en naïveté trompeuse et en joie contenue, elle nous fait réellement vibrer. Sans conteste, c'est le rayon de soleil de cette série. Et on gage que cette actrice a encore de beaux rôles devant elle.



                          Enfin, Barb, la première épouse, est incarnée par Jeanne Tripplehorn. Ha! Il est loin le temps de Basic Instinct et autres navets, tel l'horrible Waterworld avec ce pauvre Costner. non, là, on retrouve l'actrice qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être, une actrice tout en nuance, d'une générosité rare et d'une présence indéniable.



                            L'alchimie est incroyable entre ces trois actrices et elle transparaît totalement à l'écran. C'est la principale force de la série: avoir su trouver les actrices adéquates pour avoir su incarner des femmes qui vivent tout de même une situation peu banale, avouons-le.



                            Mais soyons clair: jamais la série ne fait l'apologie des mormons. Ils nous sont dévoilés sans détour: une pauvre secte, qui vit dans une époque révolue, qui cultive une hypocrisie rare et dont l'humanisme est très réduit. La polygamie n'est pas une félicité, mais un mode de vie difficile, illégal, ambigu. La force de la série, c'est aussi de ne pas être manichéenne: on peut connaître de beaux moments en menant une vie polygame, on peut s'épanouir, mais rien n'est facile et rien ne dure. La réalité du monde finit toujours par vous rattraper, un monde qui n'est pas fait pour ce style de vie, qui ne l'accepte pas, qui le condamne, non sans raison nous rappelle la série, en nous montrant en parallèle la vie de vrais mormons fondamentalistes, où les hommes ont tous les pouvoirs, où on marie un vieillard de 80 ans avec une enfant de 16 ans.  



                           La troisième saison de Big Love devrait bientôt débarquer sur Canal +, on l'attend avec une impatience non dissimulée, avec un petit pincement au coeur: on espère, on prie (c'est le cas de le dire!!!) pour que ce ne soit pas la dernière. Cette famille recomposée? Décomposée? Recollée? Décalée? Bref, cette famille nous manquerait trop... Peut-être pas jusqu'à prendre le premier vol pour Salt Lake City, certes, mais quand même... Cette famille, elle est spéciale... Ok, très spéciale! Mais elle est aussi très touchante, finalement, et oui, elle nous manquerait trop.

 

Molki

 


 


 

Protect me from what I want...

le 12/04/2009 à 01h18

 


                       Aujourd'hui, j'ai réellement fait un grand pas: pour la première fois depuis au moins 3 ans j'ai abordé mon  grand sujet tabou, à savoir mon cerveau hypertrophié. Et non, je ne suis pas hydrocéphale! Juste ce que les psys scolaires appellent "une enfant précoce", le mot politiquement correct pour dire surdouée.

 

 

 

                      Donc, aujourd'hui, j'ai abordé ce sujet avec ma super psy (d'ailleurs bonjour super psy, juste au cas où elle me lise un jour...) et ça ne m'était pas arrivé depuis un paquet de temps. Je déteste disserter sur ce sujet, surtout avec un psy, et là je sais pas, elle a su trouver les mots pour m'en parler. Autant dire qu'elle a fait fort, car je suis spécialiste dans l'art de louvoyer et de dévier les conversations pour éviter les points sensibles.


 

                       Beaucoup qui liront cet article ne comprendront pas mon blocage et me prendront pour une gamine gatée qui ne connaît pas sa chance, qui se plaint de ses 160 de QI. Mais quelle chance au juste? La chance d'être vu comme une attraction ambulante parce que l'on comprend plus vite que les autres? La chance d'être totalement délaissée par la maîtresse en primaire parce que je n'avais pas vraiment besoin que l'on m'explique? En revanche, j'aurais bien aimé que l'on s'intéresse à moi pour autre chose que cette "incroyable intelligence" (dixit un de mes profs d'allemand), juste pour moi en somme. Mais ce n'est pour ainsi dire jamais arrivé. De plus, est-ce une chance de s'inquiéter à propos des ravages du SIDA, de la répression au Salvador ou de la fatwa lancée contre Salman Rushdie lorsqu'on est une petite fille de 11 ans? Pas vraiment non.

 

 

 

                        Ce que je n'ai jamais connu, c'est l'insouciance. Je ne connais même pas le sens de ce mot. L'innocence de l'enfance m'est étrangère. Ce que je connais le mieux, c'est l'angoisse. Une angoisse profonde et insidieuse, qui ne m'a jamais quittée, qui m'habite encore aujourd'hui. J'avais un esprit d'adulte dans un corps d'enfant. C'est bien connu: on n'écoute pas un enfant; il n'a pas l'expérience nécéssaire pour penser correctement. Alors, au bout de quelques temps, je n'ai plus rien dit, je me suis enfermée dans une forteresse fantasmagorique dont j'ai jeté la clef. Aujourd'hui encore, je me protège derrière ses remparts.

 


 

                          Ceux qui me connaissent savent que je me confie peu, que derrière mes rires, il y a souvent du désarroi. Je n'aime pas le monde dans lequel je vis car je ne pense pas que j'y ai ma place. Je le comprend trop bien et cette lucidité fait mal. J'ai mis ce clip du film Thirteen car il résume bien mes années d'adolescence, je trouve. C'est un film particulièrement dur et sombre sur l'adolescence, mais magnifique et plus que réaliste: un vrai documentaire. Alors non je ne m'habillais pas comme Evan Rachel Wood dans le film mais les expériences qu'elle traverse dans le film, les émotions qu'elle ressent ont été les miennes: repousser sans cesse les limites pour se prouver que l'on est vivant; la drogue et l'alcool comme unique évasion possible, pour que ce putain de cerveau arrête 5 minutes de cogiter; la mutilation pour ressentir réellement la douleur, cette douleur obsédante qui se dérobe sans cesse.

 

 

 

                             Mis à part le fait qu'il faut absolument voir ce film extraordinaire, interdit au moins de 16 ans en France (Quelle hypocrisie! Tout le monde sait que les ados ont une vie plus qu'intense et multiplient les expériences, mais on préfère se voiler la face), donc mis à part le fait qu'il faut voir ce film de toute urgence, ce clip résume bien mon adolescence de merde, dans une ville de merde, dans un collège (puis un lycée) de merde, à apprendre rien entourée de rien...  Dans ces cas-là, tout est bon pour échapper à une réalité plus que désespérante...

 

 

 

                             Etre intelligent, ce n'est donc pas toujours une bénédiction, j'en suis la preuve vivante et je suis sûre de ne pas être la seule. Quand, à 11 ans, vos héros sont Leonard Cohen, Stanley Kubrick et Emily Brontë plutôt que Patrick Bruel (mon dieu, quelle horreur!), Luc Besson (re-beurk) et Marc Lévy (pas encore là à mon époque mais 11 ans, ça doit être l'âge de ses fans non?), alors forcément vous vous sentez légèrement différente de vos congénères.

 

 

 

                             Je crois que le plus embêtant, c'est cette tendance à tout intellectualiser, à ne jamais se fier à son instinct ou à ses intuitions, à tout analyser en permanence. Jamais de repos, jamais de pause. Même mes rêves sont tarabiscotés à l'extrême. Ce qui me taraude sans cesse, c'est le moment où j'atteindrais le point de rupture, le point de non-retour, le jour où j'imploserais de l'intérieur, bouffée par cet excès de pensées.

 

 

                               Voilà c'était une tranche de vie! On en profite , car j'écris très rarement sur moi, encore moins sur ce sujet, plus que sensible et que j'ai banni depuis longtemps de toute conversation familiale. Sur ce, encore atteinte d'insomnie (je réfléchis trop, je vous l'ai bien dit), je vais lire le dernier Joyce Carol Oates (oui je pense  fort à toi Shali. Chaque fois que je lis cet auteur, tu es un peu avec moi). Comme quoi on ne se refait pas. Et comme dirait Kurt Cobain (mon écorché préféré) dans Dumb: I'm not like them/But I can pretend (...)  Think I'm dumb/Or maybe just happy/Think I'm just happy/My heart is broke/But I have some glue/Help me inhale/And mend it with you

 

A vous de traduire... 

 

                             Molki


 

 


 


                 Pourquoi les meilleures séries américaines sont-elles la plupart du temps produites par les mêmes chaînes, à savoir Showtime et HBO? Et pourquoi n'a-t-on pas en France notre Showtime et notre HBO? Pourquoi est-ce que les seules séries que l'on nous pond sont Plus belle la vie, la série qui se déroule à Marseille mais sans Marseillais, ou Navarro, avec Mon Beauf en best actor????


                Parce qu'il est évident que les moyens ne sont pas au rendez-vous mais, surtout, parce que les bons scénarios sont aux abonnés absents. Et, excusez du peu, mais Rome, série qui ne compte que 2 saisons et a failli ruiné HBO, bénéficie d'un scénario béton. Revenant sur les évènements qui ont entraîné la chute de la république romaine et l'avènement de l'empire, Rome n'est jamais un cours d'histoire vivant. Bien qu'extrèmement bien documentée (Ah! le visage peint en rouge de César lors de son triomphe et l'esclave qui lui susurre la fameuse phrase: "N'oublie pas que tu es mortel"...), la série n'est jamais didactique. Si l'on apprend beaucoup de choses (la vie quotidienne d'un légionnaire romain par exemple), on ne s'ennuie pas une seconde et on est littéralement happé par l'action.


                 Rome, c'est un peu la victoire du scénario, de l'histoire, de l'essentiel sur l'esbrouffe et le pognon à gogo. Car on peut bien mettre des millions de dollars dans un film ou une série, si l'histoire n'est pas là, ça ne vaudra pas tripettes.


                 Hors, on est devant un véritable chef d'oeuvre, une série qui vaut mieux que beaucoup de films. Certes, les acteurs sont inconnus mais ils sont tous excellents. Ciaran Hind, qui joue César, est réellement fabuleux. Cela faisait longtemps qu'un acteur ne m'avait pas autant marqué. Il est impérial de présence et de charisme. Et toute la série est du même tonneau: une débauche de moyens au service d'une histoire extraordinaire.


                  Car elle est connue, cette fameuse histoire. Et voir César prononcer la fameuse phrase "Toi aussi, mon fils?" lors des Ides de Mars est un vrai grand moment, comme je n'en avait pas connu depuis longtemps. De plus, Cléopâtre a tout de la femme fatale, mais pas au sens "Hollywood". Liz Taylor est bien loin... c'est une femme d'une intelligence extraordinaire, un animal politique qui sait se servir de ses charmes pour arriver à ses fins. Point d'amour dans Rome, mais une soif inextinguible de puissance, de pouvoir, de domination.


                  Oui, Rome est bien le chef d'oeuvre que l'on attendait. Une série bien trop courte à mon goût (deux petites saisons) mais qui fera date, parce que pharaonique et d'une ambition totalement démesurée. Elle me fait penser à ces films géniaux mais ruineux qui ont jalonné le cinema américain: La Porte du Paradis, Intolérance... Que c'est bon parfois la Télé!!!!


 


Molki