Ca a déjà commencé chers lecteurs-morphales, et le moins que l'on puisse dire, c'est que tout ce cirque de l'édition est tout même un peu navrant.
Là, vous vous dites que j'éxagère. Que nenni, bien aimé lecteur! Ta rentrée littéraire s'annonce mollement entre pseudo-chef d'oeuvre de gamins prépubères (c'est dure la vie à Henri IV merde!) et les indéboulonnables, ceux qu'on ne lit jamais mais qui font de la retape sur tous les écrans et sur toutes les ondes. C'est toute une clique, une bande de copains pseudo "déjantés" qui se prennent pour les Lautréamont moderne. Isidore doit rire jaune dans sa tombe.
Les chef d'oeuvres de la rentrée, les voilà:
►Un roman français, de Beigbeder: critique personnelle de moi et rien que de moi: c'est très nul. Le pauvre petit garçon riche de Neuilly qui passe sans cesse pour une victime, personnellement ça me donne la nausée dans la période de crise que nous traversons. Beigbeider, c'est le règne du MOI MOI MOI. Mais là où un Chateaubriant suivait cette voie avec classe, lui c'est plutôt à la hussarde. Car, oui il faut le dire, même son écriture est "mode" et c'est plus risible que dénonciateur d'une société du tout répressif. Et pis merde! Tu pouvais pas te sniffer ton rail à un endroit pls discret que sur le capot d'une voiture? C'est pas une flèche ce mec!
NOTE (grande nouveauté je mets des notes de 1 à 5; 1:bof; 2:Pas si mal; 3: Quelques maladresses mais une bonne surprise; 4:Très bonne surprise; 5: Chef d'oeuvre)
Pour celui-là, ma note sera très basse: 0, car le livre est inintéressant et narcissique, tout comme son auteur qui devrait penser à se recycler en Michou ou en Régine (vu qu'ils vont bientôt claquer, il faut bien un remplaçant et ce sera toi Fred). Comme ça, tu te vengeras de ton cynique frangin qui a toujours voulu te piquer ta place lorsque vous habitiez à Neuilly.
Enfin, n'est pas Proust, Wharton ou James qui veut. Beigbeder il est plus dans une veine Jackie Collins, matinée de Bret Easton Ellis, pour faire genre. En gros c'est la cata mais bon on peut parier que dès la rentrée prochaine, Fred nous ressortira une bonne histoire trash mais pas trop de derrière les fagots et que tout le monde criera au génie. C'est tellement un bon client sur les plateaux de télé ce Fred!
►Séfarade, Eliette Abécassis: ben c'est du Abécassis hein! On peut pas demander la lune, non plus. Bon c'est écrit à la truelle mais je le répète, c'est du Abécassis, la même qui avait écrit un bouquin sur les relations entre Sonia Rykiel et sa fille, avec en question de fond ultime: faut-il vendre des sex-toys, oui ou non? Je vous le demande un peu! là on touche le dilemme kantien dans toute sa compléxité! Il y a donc des éditeurs qui publient ça... Bien.
Et dans son nouvel opus, son ambition est juste immense: retracer l'épopée du peuple juif séfarade à travers les siècles. Pourquoi cette ambition démesurée? Sans doute pour que les sépharades aient eux-aussi leur propre culture, tous comme les ashkénazes et le yiddish. Et ben c'est pas Abécassis qui va relever le niveau face à des Michael Chambon, Rich Cohen, Henry Roth, Philip Roth, Isaac Bashevi Singer, Art Spiegelman. C'est un auteur de cette trempe qui devrait retracer le parcours des sépharades et pas Abécassis, qui n'a aucun fil directeur dans son oeuvre et n'est pas, loin de là, une véritable styliste des mots. Alors pourquoi Ses bouquins font-ils toujours le buzz??? Mystère et boule de gomme. Elle couche???
NOTE: 1 (parce que je suis gentille)
► Fragments d'une femme perdue, de l'inénarrable PPDA: Pourquoi? Pourquoi s'obstine-t-il à écrire bouse après bouse pour "célébrer la beauté des femmes" (qui ont dû être une palanquée)? Pourquoi ces titres ringards, mais d'un ringard qui se veut un peu thérapie de comptoir? ça se veut un mélange entre Duras et Le Clézio (même ses classiques sont ringards!), c'est plutôt une indigeste mixture entre Chapsal, Bobin (on reste un mec, nom de diou!) et Manara. C'est pitoyable de voir apparaître cette nouvelle génération d'hommes qui ne sait jamais ni où ni comment mettre un point final à une "oeuvre" pas des plus marquantes.
NOTE: 0 (c'est vraiment impossible!!!)
►Et j'ai garder le meilleur pour la fin: Le premier jour, de notre star littéraire, j'ai nommé Marc Lévy. Alors ne m'en veuillez pas trop mais celui-là, vraiment, je n'ai pas pu. J'en connaissais un ou deux de l'auteur (L'Auteur!... L'Auteur!... pour citer David Lodge, mais non calme-toi, on ne va pas l'appeler le Marc, il est déjà assez gonflant.). Donc j'en connaissais un ou deux, toujours les mêmes thèmes: l'amoûûûûûûr au-delà des frontières, au-delà de la mort, des gens ordinaires qui deviennent extraordinaires. Du très nouveau quoi. Et puis ce génie des titres que Lévy partage avec son compère Musso, lui-même polémiste de première classe, des titres qui vibrent, qui saignent, qui vous écorchent et jamais ne vous raccrochent. Ecoutez-plutôt: Où es tu?; Les enfants de la liberté; Mes amis, mes amours; Et après...; Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites; Parce que je t'aime; Que serais-je sans toi?; Sauve-moi; Seras-tu là?; Je reviens te chercher; Vous revoir...; La prochaine fois et j'en passe.
J'achèterais un de leur bouquins lorsqu'ils auront enfin trouvé un titre à peu près correct et très éloigné de toutes les guimauves américaines de Danielle Steel. Même elle, elle arrive à avoir des flashs parfois.
NOTE: 0= mal écrit, histoire indigeste, littérature de prisu... Ce ne sont pas des écrivains mais bien des commerciaux.
Mais j'ai une surprise!!! Voilà ma sélection des vraies romans prometteurs de la rentrée. J'en ai commencé certains, d'autres sont en attente, donc pas de notes mais de vrais bons à-prioris:
►La Terre des mensonges, Anne B. Ragde, Balland
Résumé: Après la mort de leur mère, trois frères que tout sépare se retrouvent dans la ferme familiale. Tor, l'aîné, se consacre à l'élevage de porcs, Margido dirige une entreprise de pompes funèbres et Erlend est décorateur de vitrines à Copenhague. Les retrouvailles s'annoncent mouvementées : la tension atteint son paroxysme lorsque la question de l'héritage amène le père de famille à révéler un terrible secret.
► Loin des bras, Metin Arditi, Actes Sud
Résumé: L'institut Alderson est un internat pour gosses de riches situé près de Lausanne. Maîtres et élèves y sont, chacun à sa manière, dans la perte. Chacun panse une blessure ou dissimule un secret : un deuil, le vice du jeu, le déshonneur d'avoir été 'collabo', la lâcheté déguisée en pacifisme, l'opprobre antisémite, des amours 'contre nature', le sentiment d'avoir été abandonné... Dans ce havre de solitude et de destins brisés, la paroi des silences se fissure peu à peu, laissant à nu des êtres qui doutent autant d'aimer les autres que de s'aimer eux-mêmes.
► Si rien ne bouge, Hélène Gaudy, Rouergues
Nina, 14 ans, passe l'été sur une île méditerranéenne. Fille unique, elle vit dans l'ombre de ses parents. Mais cette année-là, une adolescente de deux ans plus âgée, Sabine, les accompagne. Issue d'un milieu modeste, peut-être disloqué, c'est une gamine mutique et sans charme qui, sitôt sur place, ne fait aucun effort pour se montrer reconnaissante des vacances qu'on lui offre. Par sa seule présence, elle perturbe l'équilibre familial.
► Le Livre des Poisons, Antonio Gamoneda, Actes Sud
Résumé: Le 'Codex de Dioscoride' (Ier siècle après J.-C .) est l'un des livres de botanique et de médecine les plus lus, commentés et traduits au XVIe siècle. La traduction espagnole fut publiée en 1555 par le botaniste Andrés de Laguna, castillan, aventurier, humaniste et écrivain. Antonio Gamoneda a sélectionné des extraits du VIe Livre de ce Codex ainsi que les notes et commentaires de Laguna. Conscient que le temps a transformé le langage scientifique de l'époque en une matière et une langue poétiques, il procède à la 'corruption' de ces textes en les passant au tamis d'une sensibilité actuelle. Il ajoute ses propres commentaires qui s'enflent en des récits de plus en plus imaginaires, où apparaît chaque fois le personnage mythique de Cratévas, médecin de Mithridate, qui se livre à des expériences sur les poisons, sur la cruauté, la douleur et le pouvoir.
► La solitude des nombres premiers, Paolo Giordano, Seuil
Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres.
► Grand Homme, Chloë Hopper, Christian Bourgeois
Résumé: "J'avais voulu en savoir plus sur mon pays et à présent j'en savais plus... j'en savais plus que ce que j'aurais voulu savoir." Tel est le constat auquel aboutit Chloe Hooper à l'issue de l'impitoyable enquête qu'elle mène dans Grand homme, véritable plongée au cœur des ténèbres de l'Australie contemporaine. En novembre 2004, à Palm Island, petite île d'apparence paradisiaque située dans le nord du Queensland, Cameron Doomadgee, un jeune Aborigène, décédait dans sa cellule après avoir été brutalisé par le brigadier-chef Chris Hurley. Deux ans d'enquête, d'instruction et de procès s'ensuivirent, au terme desquels Hurley fut acquitté. Au-delà du décès tragique d'un seul homme, Chloe Hooper raconte la destruction d'un peuple et d'une culture vieille de plusieurs dizaines de milliers d'années, assassinée par les abus et la rapacité de la colonisation occidentale.
► Cadence, Stéphane Velut, Christian Bourgeois
Résumé: Stéphane Velut livre le journal fictif, on préfère le croire, d’un artiste peintre. Berlin, 1933. A l’arrivée de Hitler au pouvoir, un peintre misanthrope n’a pas fuit l’Allemagne par désintérêt, il n’est ni sympathisant ni opposant. Les autorités lui commandent une oeuvre officielle, le portrait majestueux de la beauté et la force d’une Allemagne nouvelle, le tableau d’une petite fille blonde. Il se cloître avec son modèle dans un meublé. Certes, il travaille pour un gouvernement pointilleux qui le harcèle par petits chefs interposés. Mais, grâce à eux, il va réaliser son oeuvre la plus poussée, son enfant. Avec l’aide d’un ami de longue date et d’une logeuse conciliante, il créera une oeuvre perverse. Le lecteur en est témoin, impuissant mais toujours tenté par la fascination pour l’imagination humaine, conscient de prendre part à une monstruosité et cachant le plaisir que l’on peut y prendre.
► La rédemption du marchand de sable, Tom Piccirilli, Denoël
Résumé: On l’a surnommé Killjoy, le marchand de sable, le tueur à l’oreiller. Longtemps, il a assassiné des petits garçons et des petites filles. Vingt et une victimes. Maintenant, il kidnappe des enfants maltraités et les place dans les familles que sa folie meurtrière a frappées. Il s’explique dans d’étranges lettres peuplées de personnages imaginaires, une correspondance à sens unique que personne ne semble comprendre, la part Eddie Whitt - un père inconsolable qui s’est juré de démasquer Killjoy et de le tuer.
► Histoire de mes assassins, Tarun J. Tejpal, Buchet-Chastel
Résumé: Delhi, de nos jours. Le narrateur, un journaliste très renommé, apprend par un flash d'information qu'il vient d'échapper de justesse à une tentative d'assassinat. S’agit-il d’un complot fomenté contre lui suite à ses révélations de corruption au sein du gouvernement indien ? C’est au tribunal, escorté par une escouade de policiers et une équipe de juristes, que cet homme, qui ne connait rien de ses assassins, va peu à peu découvrir leur vrai visage…
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l'Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle du journaliste qu'ils doivent éliminer. Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947), Kaliya et Chini qui vivent et volent dans la gare depuis l’enfance, sans compter Hathoda Tyagi (connu pour réduire la cervelle de ses victimes à coup de marteau). Ces cinq assassins, nés dans la cruauté et l’environnement innommable des masses indiennes, marqués par leur orgine ont tous en commun d’avoir perdu trop tôt l’âge d’or de leur innocence…
Bonne lecture avec mes p'tits chouchous de la rentrée! Tu sais ce qui te reste à faire Virginie! XO XO Molki pour vous servir


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