Shali et Molki au pays des livres




   Bastien Baltazar Bux avait la chance inouie d'entrer quand il le voulait dans son Histoire sans Fin. Il lui suffisait d'ouvrir le livre et de littéralement se plonger dedans.



    Je connais une autre personne capable de faire la même chose: Thursdey Next, l'héroïne de Jasper Fforde. Bien sûr, pour elle, ça n'a pas été aussi facile que pour Bastien. Elle a du suivre une formation, sous la tutelle de Miss Havisham. Ce nom vous dit quelque chose ? Normal. Miss Havisham est un des personnages des Grandes Espérances de Dickens.




   Thursday Next vit à Swidon, une petite ville Anglaise, et travaille pour les Ospecs, c'est-à-dire la police des livres. Dès le premier tome, elle fait des prouesses en réunisssant Jane Eyre et l'homme qu'elle aime, changeant ainsi la fin du roman de Charlotte Brontë. Mais intervenir dans les livres, inter-agir avec les personnages peut parfois nous emmener très loin et s'avérer dangereux. Surtout quand ce sont les personnages eux-mêmes qui quitte leur roman pour le monde réel.


 


 


   Je suis en train de lire le quatrième tome: Sauvez Hamlet ! et franchement, jamais je ne m'ennuie lorsque j'accompagne Thursdey dans ses aventures. C'est une longue histoire sur le monde des livres; on y entre, on en sort, on croise foule de personnages, on découvre la mécanique secrète de la fabrication de ces livres. Parfois dans un polar, parfois dans un Western, on passe de livres en livres à la recherche d'un Minotaure échappé de son roman d'origine, tandis que dans le monde réel on tente d'empêcher un tyran de s'installer au pouvoir tout en faisant passer du fromage en contre-bande.




   C'est bien écrit, c'est très rythmé, les personnages et les intrigues sont originaux. Je ne peux que vous conseiller la lecture des aventures de Thursdey Next.



Shalimar.

Je rêve

le 22/06/2008 à 23h43




    Je rêve. Je suis allongée sur le sable chaud d'une plage bretonne. Le soleil est haut dans le ciel et me brûle tandis qu'une légère brise me caresse doucement. Je sens l'air iodée de l'Atlantique qui, régulièrement vient s'échouer à mes pieds. Je n'ai aucun souci en tête, rien à faire. Tout à l'heure, je vais me lever et entrer dans l'eau froide. Je vais nager au large et me mettre ensuite sur le dos pour me laisser ramener vers la plage. J'aurai un goût de sel dans la bouche.




    C'est un rêve. Car, pour l'heure, je suis à Lyon. Et malgré tout l'amour que je porte à cette ville, il lui manque une chose essentielle: l'océan. L'été est enfin là avec ses 33°C. Le soleil brille de toute ses forces et met la ville en feu. C'est beau je l'avoue. Mais je suis une Bretonne et je resterai Bretonne toute ma vie. J'ai besoin de voir le grand large, d'escalader les rochers, de ramasser des coquillages et des étoiles de mer.





   Pour moi la mer représente beaucoup. Quand j'étais petite, mon père venait nous chercher, ma soeur, mon frère et moi et on roulait le long de la côte pendant des heures. On a tous l'impression que cette grande étendue bleue nous appartient. Elle est ce qui nous permet d'oublier le gris des villes que je déteste. Si un jour je reviens en Bretagne ce sera pour elle. Et les marchands de glaces qui traversent la plage avec leur glacière. " Beignets, chouchous, boissons fraîches. A la glace, à la glace, c'est Miko qui passe"




    J'ai besoin de faire glisser du sable doux entre mes doigts, d'avoir les cheveux poisseux d'après la baignade, de sentir la crême solaire, de rentrer avec des coups de soleil parce que la crême n'a pas vraiment fonctionné. J'ai envie d'enfoncer ma tête dans ma serviette et de passer des heures à bronzer et savoir que demain, je pourrai recommencer. J'ai envie de partir à la recherche de coquillages, de jouer au ballon dans l'eau, de voir des ptits avec leurs bouées autour des bras trotter fièrement vers le rivage avec le papa qui veille à bonne distance. Mais comme ça ne va pas arriver avant un bon bout de temps, j'écris un article pour me donner l'impresion un instant d'y être allée. Si vous êtes en bord de mer, pensez à moi quand après avoir lu cet article et surtout profitez bien de votre chance.




Shalimar.

Mes dernières lectures

le 05/06/2008 à 19h14




    Voici les trois derniers romans que j'ai lus dernièrement. Les désarrois de l'élève Törless de Robert Musil, Le seau de Charbon de Henris Thomas et Comme avant les mères de Simona Vinci. Lus dans cet ordre.


 


 


   Tout est parti du film L'année de l'éveil  de Gerard Corbiau, qui se déroule dans un pensionnat militaire.




   J'en étais restée à Sodome et Gomorrhe de Proust et je n'avançais pas. Je déteste rester sur un bouquin, lire deux pages par jour. Et puis l'année scolaire s'est terminée. Enfi, je l'ai un peu raccourcie. Je pouvais donc lire ce que je voulais. Oui, mais quoi ? Je sais, ça semble aberrant quand on a une bibliothèque qui contient quelques centaines de livres de se dire "Je ne sais pas quoi lire". Mais, c'est un fait, devant tout le choix qui s'offrait à moi, j'étais indécise. Et puis, j'ai fouillé dans le tirroir de ma commode où j'avais rangé les livres qui me branchaient le plus. Ca restreignait le choix. Ensuite, j'ai plusieurs méthodes pour trouver le bon livre. Je lis les premières pages, ça fait un tri supplémentaire. Reste quelques bouquins. Alors, soit je leur donne un chiffre à chacun et je demande à quelqu'un de choisir pour moi en disant un chiffre au hasard, soit je me laisse entraîner par le thème du moment. Comme j'étais seule le soir de ma grande indécision, je me suis laissée portée par l'agréable sensation que m'avait laissé le film que je venais de regarder, à savoir L'année de l'éveil et c'est comme ça que j'en suis arrivée aux Désarrois de l'élève Törless.




   C'est un livre rude, dur. Il est très difficile de s'attacher au personnage principal, mais c'est précisément le but de l'auteur qui décrit ici l'éveil à l'adolescence dans ce qu'elle a de plus égocentrique et cruelle. Le contexte du pensionnat favorise les expériences des jeunes gens sur eux-mêmes et surtout leurs camarades. Situé dans les années 30, 40, on a dit de ce livre qu'il préfigurait le sadisme et l'horreur du nazisme. C'est vrai qu'il est d'une grande violence et que les plus forts prennent le dessus sur les plus faible sans difficulté par simple amusement, pour faire des "expériences" et prouver leur supériorité.




   Le seau de charbon semblait être une suite logique au roman de Musil. L'histoire se déroule également dans un pensionnat, dans les années 50. Cependant, l'adolescent n'est pas le thème principal. Du "Cheu", vieil alcoolique perdu depuis qu'on a remplacé les poëles par des radiateurs, au pricipal qui vit une vague aventure, en passant par le garçon de cuisine dont la curiosité malsaine est très vite découverte et enfin, l'élève Souvraut qui préfère se prommener en dehors du collège. Ce qui est mis en avant, c'est la faiblesse humaine dans ce qu'elle a de plus touchante. L'écriture, poétique, lyrique, nous entraine vite à la dernière page et c'est avec regret qu'on referme ce livre.




   Et puis on s'en remet et on passe à Simona Vinci et Comme avant les mères. Ce livre possède la qualité de bien mener son suspens et le défaut de se terminer à la va-vite. Je l'ai terminé hier soir. Jusqu'au bout presque, j'ai été tenue en haleine. De découvertes en découvertes, je suivais l'histoire avec passion. Mais le dernier chapitre nous laisse un peu sur notre faim. Un garçon placé dans un pensionnat pendant la Seconde guerre mondiale pendant que sa mère vit cloîtrée dans sa chambre et que son père est toujours absent. Son seul réconfort, penser à Irina la petite fille qui est morte mystérieusement. A vous de découvrire la suite...




   Enfin, je sors de ces trois lectures et je repars pour un nouveau roman dont je viendrai vous parler quand je l'aurai terminé.



Bonne lecture,


Shalimar.


 


 


 

Le palais de glace

le 20/05/2008 à 19h10



"Les poètes, les enfants, les simples d'esprit ont reçu la grâce de voir au-delà des apparences, d'entendre l'inaudible et de se trouver directement au cœur de l'essentiel. Le don de Tarjei Vesaas, peut-être le plus grand écrivain norvégien de ce siècle (1897-1970), aura été de savoir abolir la dérisoire ligne de démarcation entre vie et mort, solitude et présence. Il n'y a pas d'explication toute prête à proposer de ce chef-d'œuvre qu'est Palais de glace, tant la symbolique en est riche et les harmoniques multiples. Peut-être ne s'agit-il que d'une variation intensément poétique sur le grand secret du thème sacré : l'amour plus fort que la mort. Les deux petites filles qui s'aiment à en mourir, qui aiment l'amour plus qu'elles-mêmes réalisent leur rêve fou, l'une dans la fantastique splendeur de la cascade figée par le gel en un sublime château de glace, l'autre dans un immatériel palais du souvenir. Et l'art de Vesaas, fait d'approches timides, d'élans retenus, d'ébauches à demi suggérées édifie en un texte impeccable un mausolée d'images prestigieuses, de phrases chantantes qui atteint une perfection narrative rarement égalée dans son œuvre."


 


 


   L'autre jour, je fouillais dans la bibliothèque de la fac sans but précis et je suis tombée sur ce livre. Je l'ai pris, ouvert à la première page et j'ai commencé à le lire. Le soir même, je le refermais avec l'impression d'avoir fait un voyage dans un pays magique. Ce pays c'est la Norvège. J'ai été subjuguée par toute cette magie qui se dégage de la blancheur de la glace comme les deux petites filles de ce roman: Siss et Unn. La magie de cette blancheur est renforcée par la noirceur de la nuit. La nuit profonde qui apporte la peur.




   C'est une oeuvre très poétique. On se laisse facilement entraîner par la langue de cet auteur que j'ai découvers avec une agréable surprise. Ce livre raconte le monde de l'enfance avec beaucoup de lucidité. Et pourtant, c'est avec un total dépaysement qu'on sort de l'univers de Siss.




   C'est l'un des meilleure roman que j'ai lu cette année et je le recommande vivement à tous ceux qui veulent faire le voyage au pays du froid où la glace transforme tout en beautés mortellement attirantes.




Shalimar.


 

Cécile

le 18/05/2008 à 22h34

Enfin Cécile vint, et mon monde changea du tout au tout.

 




 



Depuis toujours, j’ai vécu seule. Bien sûr j’ai une famille et même une famille nombreuse, mais j’ai toujours été seule parmi tout ce monde. Seule à l’intérieur de ma tête avec une douleur dans la poitrine qui ne s’en allait jamais. Cette douleur a fait des dégâts autours de moi et mes proches ont pâti de ce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre. Je m’en veux un peu. Mais pas tant que ça, parce que certains d’entre eux étaient en partie la cause de cette douleur.

 



            J’ai connu huit mois de répit lorsque j’avais douze ans, mais ce fut pour plonger plus profondément dans l’enfer avec le départ de mon père. Je croyais qu’il allait me sauver, mais la maladie m’a privée de lui. J’étais nouveau seule avec ma douleur.

 



            Le temps a passé, j’ai grandi et ma douleur aussi. J’ai voulu mourir avec autant de force que d’autre mettent à vivre. La mort n’a pas voulu de moi. Elle m’a rejetée comme tout le reste du monde me rejetait. Alors, je me suis enfermée dans la routine des tâches ménagères, de mes études, toujours seule…

 



            Et puis un jour… J’ai cherché un ami parce que ma solitude me pesait et qu’il me semblait que parler avec quelqu’un pourrait peut-être me donner l’illusion que je n’étais pas si seule. J’ai cliqué sur une photo, j’ai jeté un message comme une bouteille à la mer et elle m’a répondu. Elle, c’est Cécile, l’amour de ma vie.

 



            Comme moi, elle était seule avec sa douleur. Dès l’instant où l’on a échangé nos premières paroles j’ai su qu’elle était mon âme sœur. L’amie imaginaire avec qui j’avais souvent parlé seule, c’était elle.

 



            On a tous envie de se sentir aimé sans craindre qu’un jour cela cesse. On a tous envie d’avoir des bras dans lesquels se blottir pour pouvoir oublier le reste du monde. On a tous envie d’une oreille attentive dans laquelle déverser nos peines et nos secrets sachant qu’ils seront bien gardés. On a tous envie de s’éloigner des cyniques, des sceptiques qui disent que l’amour ne dure pas toujours parce qu’on sait que nous deux c’est pour la vie. Il y a des gens autours de moi qui pensent sincèrement que ça ne durera pas toute une vie. Des gens désabusés, qui n’ont jamais vraiment aimé ou qui n’ont pas trouvé la personne qui leur était destinée.

 



            Moi, j’ai trouvé. Peu importe qu’elle soit une fille et moi aussi. C’est avant tout une personne sans laquelle je ne suis plus rien. On dit que le coup de foudre n’existe pas, je dis qu’il existe. Je dis que mon cœur a explosé dans ma poitrine à la seconde même où je l’ai vue. Je dis que quand ses lèvres se sont posées sur les miennes la première fois, j’ai su que ça durerait toujours, qu’elle était venue au monde pour que nous nous rencontrions et que nous  ne soyons plus jamais séparées. Je l’aime plus que tout, plus que n’importe qui. Quand elle n’est pas avec moi, je souffre. Une vraie douleur. L’ancienne s’est envolée le jour où nous nous sommes reconnues.

 



            J’ai l’impression d’avoir été plongée dans un sommeil profond dès ma naissance et de m’être éveillée à son contact. Le monde que je connaissais a disparu pour laisser la place à un autre univers où les odeurs avaient un vrai parfum, la nourriture, un vrai goût, les couleurs, un véritable éclat. Et je me suis enfin sentie vivante. Mon corps, malgré ses blessures est devenu une source de plaisir. Un plaisir qui ne me faisait plus peur. Les quatre murs de ma chambre se sont effacés et j’ai vu qu’il y avait des merveilles derrière. Comme Alice, je suis passée de l’autre côté du miroir. Grâce à toi, ma Cécile. J’ai fui ma prison grise pour partir à l’aventure. Je ne pensais pas qu’un tel bonheur puisse exister dans ce monde où chacun vit replié sur soi. Je ne pensais pas que je serais capable d’éprouver autant d’amour pour une personne, au point que tout le reste n’a pas la moindre importance. La vie, autour de nous, continue de nous faire souffrir. Mais à deux nous sommes plus fortes.

 



            Je sais que pour beaucoup de gens, nous sommes « différentes ». Certains nous haïssent, simplement parce que nous nous aimons. La société essaie de nous séparer, mais que peut-elle contre un si grand amour ? Nous avons le droit au bonheur comme n’importe qui et si on nous en prive alors on le prendra de force. Rien ne doit nous être refusé qui est accepté aux autres. Je pense à la maternité par exemple. Un jour, un médecin est entré dans ma chambre d’hôpital pour m’annoncer, entre autre, que je ne pourrai jamais porter d’enfant. Je ne suis pas la seule dans ce cas, bien sûr. Mais si je n’avais pas sauté d’un pont alors, je pourrai être mère. Comme nous ne pouvons pas retourner en arrière, mon corps restera à jamais privé du bonheur de donner la vie. Malgré tout, nous voulons fonder une famille. Peut-être pour se rapprocher des couples mariés, mais avant tout parce que comme toutes les femmes nous avons envie d’élever un enfant. Nous n’avons pas choisi la facilité, mais c’est ensemble que nous le voulons. Il existe des méthodes bien entendu, mais il semblerait que la société ait décrété que pour nous le rêve, le romantisme nous était interdit. Nous ne pouvons pas nous marier, nous pouvons nous pacser. C’est-à- dire que nous ne pouvons pas faire une belle fête, mettre une belle robe et nous unir avec la bénédiction de tous. Pour avoir un enfant, il faut aller dans un autre pays, payer une fortune pour tenter une insémination artificielle (tout est dit dans ce mot) qui fonctionnera ou pas. C’est-à-dire que nous ne pouvons pas donner la vie en faisant l’amour. Ce moment si précieux où nos deux corps se parlent et se disent qu’ils s’aiment. Tout se fait dans l’impersonnalité d’un bureau ou d’un laboratoire. On piétine allègrement ce qu’il y a de plus beau entre nous : notre amour. Malgré tout, nous ne laissons pas faire. Parce qu’un jour, nous aurons une maison, une famille à nous et nous ferons un pied de nez à tous ceux qui nous haïssent.

 



            Avez-vous déjà croisé un être d’une beauté parfaite, lumineuse, qui éclaire chaque pièce de sa présence. Un être d’une intelligence et d’une gentillesse exceptionnelle. Un être à la fois fort et fragile qui nous donne un sentiment de sécurité dont on ne se défera plus jamais. Avez-vous déjà caressé une peau, si douce, qui exhale un parfum si enivrant que votre cœur ne peut que chavirer lorsqu’elle est sous vos doigts. Moi oui. Son visage est d’une douceur enfantine qui appelle les baisers. Ses cheveux sont un refuge, lorsqu’elle dort et que je suis éveillée près d’elle, à l’observer dans son sommeil. Son corps est chaud, de la chaleur des endormis. Et j’éteins la lumière, je vois encore ses yeux bleus me fixer dans le noir. Je me sens bien comme jamais, je me blottis contre elle et j’oublie tout ce que nous avons dû combattre, le temps d’une nuit dans ses bras.

 



            Nous irons au soleil, respirer l’air de la Corse ou de l’Italie, nous ferons le tour du monde, nous feront l’amour dans des chambres d’hôtel confortables, nous vivrons notre vie à cent à l’heure, nous ne perdrons aucun instant précieux. J’essuierai tes larmes et tu essuieras les miennes et nous serons heureuses, ensemble pour toujours, jusqu’à notre « chambre d’amour » où nous passeront l’éternité à nous aimer comme Merlin et Vivianne.

 



            A toi pour toujours,

 




 



Shalimar.

 




 


Nostalgia

le 09/05/2008 à 11h17



   S'il y a bien une période de ma vie pour laquelle je n'éprouve aucune nostalgie c'est bien le lycée. Et pourtant... Il y a une chose qui reste de ces années de torture: les cours d'italien. Bouffée d'oxygène dans un quotidien infernal. Chaque fois que j'écoute Laura Pausini, j'y associe forcément ces heures passées en classe avec Madame Lanoue (elle s'est mariée en première, mais bon je suis restée au premier nom). Je me suis prise de passion pour l'italien pour plusieurs raisons. D'abord je me suis aperçue que tout ce que j'aimais était italien (cuisine, musique, peinture, pays etc.) ensuite, mon coeur a chaviré pour elle et je suis devenue une élève très assidue et appliquée.




   Je me suis mise à regarder des films en VO, à écouter de la variété italienne et de l'opéra italien. Tout ça dans l'espoir de l'impressionner. En fait, ça m'a permis de découvrir une culture que je me suis mise à aimer autant que celle qui me l'enseignait. J'ai complètement délaissé les cours d'espagnol (faut dire que Cabioche à côté, bon, c'était pas le genre à me mettre la tête à l'envers) pour ne plus faire d'hispanisme. Je me suis concentrée uniquement sur l'italien. J'ai lu des auteurs fantastiques. Il faut lire Calvino, Buzzati, Ammaniti, oh et puis tous en fait. En italien c'est mieux.




   Pendant trois ans, je suis allée au lycée uniquement pour les cours d'italien et comme j'ai jamais eu de bol, elle est tombée deux fois enceinte, deux année de suite, et on a eu des remplaçantes. Autant dire que j'ai beaucoup soupiré, beaucoup souffert, même pleuré. Mon premier vrai amour (soupire).




   Je passais ma vie avec mon walk-man sur les oreilles avec Vivaldi, Verdi, Pausini ecc. J'écrivais son prénom sur tous mes cahiers (Anne), bref, j'étais gravement atteinte. Et cette année, cet été je vais à Firenze youhou !!!!! J'y vais avec le nouvel amour de ma vie. Je ne veux pas qu'elle soit jalouse que je parle ici de ce qui est devenu un beau souvenir que je resors de temps en temps de sa boîte. Même si le temps a passé et qu'une mauvaise histoire nous a séparé, je garde la nostalgia di questi momenti.




   Bien sûr elle n'a jamais rien su, ou alors elle l'a deviné. Ce n'était pas difficile en même temps, je n'étais pas très discrète. J'ai même forcé ma soeur à prendre italien en troisième option quand elle est entrée au lycée pour pouvoir aller la chercher à la fin de ses cours. Je dois dire qu'elle a été beaucoup moins enthousiaste que moi et la prof est toujours resté "ma prof d'italien". J'étais à la fac, c'était ma soeur qui avait cours avec elle et elle disait quand même "ta prof d'italien", à croire que c'était son nom pour toujours alors qu'elle avait cessé d'être ma prof depuis la terminale. Au fait j'ai eu 17 au bac. Un extrait del Gatopardo. Je l'avais lu, alors j'ai fait le bonheur de mon examinateur.



  J'ai une dette envers elle, et je compte bien m'en acquitter. En attendant, je continue à être nostalgique.

Shalimar.

Ecrire

le 27/04/2008 à 07h46




   Il y a longtemps que je n'ai pas écrit d'article sur ce blog et j'imagine que la foule de lecteurs qui vient chaque jour, attend avec impatience quelques mots de ma plume. C'est-à-dire qu'il s'agit d'un blog littéraire et que généralement j'essaie d'écrire sur un livre que je viens de lire pour dire si je l'ai aimé ou pas etc. Sauf que là, je suis bloquée sur Proust. C'est une oeuvre au programme, j'aime beaucoup, mais c'est très long à lire et ça prend du temps, surtout que je ne m'y attelle pas tous les jours. Et je ne lis rien d'autre parce que sinon je culpabilise de ne pas lire ce livre que je devrais avoir terminé depuis longtemps.




   Avant, il a deux ou trois ans, j'avalais les oeuvres au programme comme des petits pains. Je dirais même que je ne lisais que des classiques pour parfaire ma culture littéraire. Mais il y a un truc qui n'est pas juste et sur le quel je voudrais m'arrêter un moment. La déprime. Il y a des gens qui réussissent parfaitement leurs études, en temps et en heures, avec des notes magnifiques. Oui, c'est parce qu'ils aiment ce qu'ils font et qu'ils ont beaucoup de capacités. Mais surtout, ils ne sont pas sujets à ces changements d'humeurs qui font que d'un instant sur l'autre on passe de l'envie de travailler à celle de se mettre une balle. Bon j'exagère un peu. Mais il suffit parfois d'un coup de file, d'une phrase prononcée sur un ton un peu rude et ça y est on abandonne tout. J'interdis à quiquonc de dire que ce sont des excuses pour ne pas bosser.




   Trop de sensibilité tue l'envie de faire quoi que ce soit, sauf écrire. J'écris sur mon blog, j'écris dans mon journal, j'écris des lettres aux gens que j'aime et tout va beaucoup mieux. Ainsi que me l'a suggérer quelqu'un que j'aime beaucoup, il faut créer pour se sortir de la déprime. Forcément, le travail scolaire en prend un coup, parce que ce n'est pas spécialement créatif. Mais il faut savoir se secouer parfois et trouver dans une dissertation le petit truc qui va faire de ce devoir rébarbatif une création personnelle qui nous rendra la confiance suffisante pour se remettre au travail.




   J'écris ça, parce que je suppose ne pas être la seule à aimer ses études mais à se retrouver dans l'incapaciter de travailler parce que la vie autour prend trop de place.




   Enfin, le printemps arrive et comme beaucoup de gens je suis très sensible à la lumière du soleil et je sens revenir en moi l'envie de travailler. Mon professeur de biologie de 3e m'a dit un jour qu'à chaque printemps , nous étions quelqu'un de nouveau. Que la nature avait fait son oeuvre et nous avait fait mûrir. Ce prof là, je l'aimais beaucoup. Il ne se contentais pas de nous apprendre la différence entre la roche calcaire et un autre caillou. Il prenait le temps de nous expliquer, à nous petits adolescents, le fonctionnement de notre corps au file des saisons et ses changements. Il nous rassurait en queqlue sorte en levant le voile sur l'inconnu et nos angoisses.


 


 


   Voilà, c'était tout ce que je voulais dire. Maintenant, si quelqu'un a quelques tuyaux pour m'expliquer la relation entre Albertine et le narrateur de Sodome et Gomorrhe, je suis preneuse.

 

 

Salimar. 

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation